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Intronisation du président de la région PACA

Intronisation du président de la région PACA

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Une séance pénible pour Christian Estrosi.

Il revenait, ce vendredi 18, au doyen de l’Assemblée régionale PACA d’ouvrir la première séance de la mandature et de la présider. METAMAG reproduit ici l’allocution prononcée à cette occasion par le doyen Jean-Pierre Daugreilh… élu sur la liste de Marion Maréchal-Le Pen. Peu d’organes de presse l’ont reproduite dans son intégralité. J.P.

« C’est en tant que doyen de notre assemblée que me revient l’infime honneur d’ouvrir cette première séance de notre mandature et d’en présider la première partie, nous menant à l’élection du nouveau président ou de la nouvelle présidente.

En tout premier lieu, je tiens à vous féliciter tous et toutes pour votre élection, et à féliciter par avance celui ou celle à qui il reviendra de présider notre institution pour les six années à venir. Je tiens à vous féliciter tous et toutes, quelles que puissent être nos divergences passées… et à venir.

Vous féliciter par esprit républicain, un terme dont beaucoup se targuent, le confisquant presque, mais dont ils apportent bien peu de démonstrations dans la pratique, se plaisant à excommunier hors du champ démocratique au nom d’une République qui ne serait manifestement destinée qu’à servir leurs propres intérêts partisans.

Je tiens à vous féliciter, aussi, simplement par courtoisie. Une courtoisie qui a cédé la place à l’hystérie dans la courte semaine de l’entre-deux tours des élections, une semaine ou le débat politique et la saine polémique, ont été remplacés par un délire quasi-millénariste.

L’avantage de mon âge, outre qu’il me permette de prendre la parole devant vous, est qu’il m’a aussi permis d’être un observateur et un acteur de la vie politique de Provence-Alpes-Côte d’Azur, de mon département des Alpes-Maritimes, et même de la ville de Nice, depuis plusieurs décennies.

Ainsi, j’ai pu œuvrer, c’était il y a quelques années, au rapprochement entre deux hommes de caractère et d’envergure : Jean-Marie Le Pen, qui est bien connu dans ces murs et au-delà, et celui qui fut le plus mémorable maire de Nice, Jacques Médecin. J’évoluais alors dans son entourage, mon ex-épouse était même député, au RPR alors, de Nice.

Dans ce même entourage, on retrouvait alors un certain Christian Estrosi, il était il est vrai bien plus jeune et bien plus timide qu’aujourd’hui. Bien plus gauche aussi, au sens de maladroit s’entend. Car il était en revanche, politiquement, bien plus à droite que le Christian Estrosi de décembre 2015.

Le Christian Estrosi d’alors signait un livre intitulé « La décadence du socialisme », violent plaidoyer anti-Mitterrand. Le Christian Estrosi d’alors ne sourcillait pas lorsque Jacques Médecin déclarait «Je suis d’accord à 99% avec le Front national» et recevait Jean-Marie Le Pen dans sa mairie. Il est vrai que Christian Estrosi lui-même n’était pas défavorable aux accords avec le Front National, à l’échelle locale ou régionale. L’histoire est connue, mais il me revenait de la rappeler en tant que témoin privilégié.

Christian Estrosi promettait dans cette campagne « ça va changer », au final c’est manifestement surtout lui qui a changé, à plusieurs reprises d’ailleurs.

Je tiens à rappeler à celui ou celle qui prendra la tête de notre Région que ce sont 45% des électeurs qui ont porté leurs suffrages sur la liste du Front National sur laquelle j’ai l’honneur d’avoir été élu, aux côtés de 41 autres colistiers.

Un tiers des électeurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur ayant déjà été privés de représentation à l’issue du premier tour de scrutin, au nom de calculs politiciens et de discussions de couloirs dont nous commençons à percevoir les premiers effets, il me semble important et primordial que les droits de l’opposition soient renforcés, et les moyens techniques de celle-ci sanctuarisés. Il apparaîtrait par ailleurs pour le moins déconcertant que les listes n’ayant pas atteint le score nécessaire à leur maintien ou s’étant – plus ou moins volontairement – sabordées bénéficient de davantage d’attention, à travers les conseils territoriaux et autres observatoires que certains souhaitent mettre en place, que ceux ayant rassemblé 45% des électeurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Christian Estrosi, vous aviez présenté voici quelques mois une charte éthique « pour une gestion politique rénovée » qui énonçait notamment comme idée forte le respect des droits de l’opposition. Chacun sera attentif à cela.

Mes chers collègues, nous allons pendant six années travailler ensemble suivant les règles de cette institution et, je l’espère, un respect mutuel .

J’ose croire que nous saurons trouver des solutions pour le développement harmonieux de notre Région et les départements dont nous sommes issus. Je n’oublie pas que c’est dans ce monde grec auquel notre région doit tant qu’est née la démocratie, que c’est de la Rome antique dont notre région est aussi le fruit que nous avons hérité nos codes, et c’est aussi au nom de cet héritage civilisationnel que j’espère de tout cœur que cet agora sera toujours guidé par le souci du bien commun et de l’intérêt général.

Nous serons attentifs au respect l’équité des territoires ruraux et périphériques, attentifs à ce que la région ne devienne pas la bourse des projets pharaoniques de la métropole Nice Côte d’Azur, attentifs aux changements annoncés en matière de simplification pour les entreprises, »attentifs à ce que les subventions aux associations ne soient pas des leviers clientélistes ou communautaires.»

Crédit photo : UMP photos via Flickr (cc)

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