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Arabie Saoudite vs Iran : la guerre des trois islamismes

Arabie Saoudite vs Iran : la guerre des trois islamismes

Arabie Saoudite vs Iran : la guerre des trois islamismes

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Dans le système actuel, les choses les plus évidentes sont souvent difficiles à dire. Le terrorisme qui nous frappe mortellement s’inscrit dans une guerre mondiale que se livrent, au sein de l’islam, les sunnites et les chiites et les radicaux sunnites entre eux.

Cet islam qui est largement allogène en France est devenu incontournable en raison de plusieurs décennies d’immigration non contrôlée et non assimilée. Notre politique arabo-musulmane ayant atteint le degré zéro, nous donne une image de croisée alors que nous sommes le camp des saints.

Notre sécurité passe par une révision radicale de la défense de notre peuple et de notre nation et par une politique étrangère s’intéressant à nos intérêts vitaux et pas à notre idéologie démocrato-humanitaire.

Qui ne voit que 2016 peut être un 2015 en pire

L’année a fort mal commencé pour ce monde arabo musulman qui se croit parfois, et pas tout à fait faussement, chez lui, chez nous.

L’Arabie saoudite, l’un des pires pays au niveau des libertés du monde et pourtant notre partenaire privilégié est dans une stratégie de fuite en avant, la dynastie des Saud étant de plus en plus contestée. Les gardiens des lieux saints de l’islam et d’une de ses version radicales, le wahhabisme se sentent assiégés et menacés par le chiites soutenus par l’Iran et par les radicaux sunnites de Daech, les considérant comme des usurpateurs.

Irak, Syrie, Yémen, l’Arabie en situation économique difficile en raison de la chute des cours du pétrole, est dans une spirale de conflits. Riyad sait que le royaume peut craquer de l’intérieur avec l’agitation de la minorité chiite et les appels au soulèvement des sunnites de Daech. C’ est pourquoi en ce début d’année des têtes sont tombées au risque d’ aggraver la crise avec l’Iran.

L’Arabie saoudite a exécuté samedi le cheikh chiite Nimr Baqer Al-Nimr en même temps que 46 autres personnes, dont au moins trois autres chiites et une quarantaine de militants radicaux sunnites, impliqués dans des attaques menées par Al-Qaida en Arabie saoudite il y a dix ans. Il s’agit de la plus large exécution de masse dans le pays depuis 1980, selon Human Rights Watch.

La mort de ce chef religieux a allumé la mèche entre Ryad et Téhéran, qui s’opposent déjà dans les crises régionales, en Syrie et au Yémen. D’autres pays chiites ont manifesté leur colère mais c’est bien l’Iran qui a réagi le plus violemment, à la suite de quoi le grand royaume sunnite a rompu ses relations diplomatiques avec ce pays.

Nimr Baqer al-Nimr, était un défenseur charismatique de la minorité chiite en Arabie saoudite, et un critique virulent de la dynastie sunnite. Figure de proue du mouvement de contestation qui avait éclaté en 2011, dans la foulée des printemps arabes, il avait été condamné à mort en octobre 2014 pour « terrorisme », « sédition », « désobéissance au souverain » et « port d’armes ». Il était l’oncle d’Ali al-Nimr, jeune Saoudien chiite condamné à mort par décapitation et crucifixion, pour avoir participé aux manifestations en 2012.

L’exécution du dignitaire chiite pourrait cependant être plutôt un gage apporté aux fondamentalistes sunnites, dans un royaume sous le feu des critiques, mené par un nouveau roi depuis à peine un an sur fond de lutte de clans.

L’Arabie saoudite a rompu ses liens diplomatiques avec l’Iran, dimanche 3 janvier, après l’incendie et le sac partiel de son ambassade à Téhéran, et une manifestation violente devant son consulat dans la ville orientale de Machhad, dans la nuit de samedi à dimanche. La brusque escalade amorcée par Riyad, elle, est conforme au style énergique – impulsif, disent ses critiques – du nouveau roi Salman et surtout des deux super-ministres qui l’épaulent, son fils et vice-prince héritier Mohamed Ben Salman, chargé de la défense, et son neveu et dauphin, Mohamed Ben Nayef, affecté à l’intérieur. Dès son arrivée au pouvoir, il y a un an, ce triumvirat a musclé la diplomatie saoudienne dans le but d’endiguer l’influence iranienne au Proche-Orient. Ce raidissement s’est matérialisé par l’entrée en guerre de l’Arabie saoudite au Yémen, en mars dernier.

Riyad a établit une hiérarchie de ses ennemis. Les chiites et leur allié iranien plutôt que Daech et al-Qaida, même si une majorité de suppliciés étaient des djihadistes sunnites. Résultat: la constitution d’un large front commun contre Daech est reportée à plus tard.

Cela fragilise l’alliance occidentale et renforce celle autour de la Russie, la seule cohérente et solide. L’Arabie saoudite, on le sait depuis le 11 septembre est le pire des alliés, la pire des cartes à jouer et pourtant, Paris continue à ne pas voir la réalité d’un régime qui se fragilise tout en se radicalisant…..

Mais peut-il faire autrement ?

Jean Bonnevey

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