Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Pétrole : destination finale Israël

Petrole Daesh

Pétrole : destination finale Israël

Télécharger en PDF et imprimer

Le 23 août 2015, le Financial Times rapportait qu’Israël achète les trois-quarts de son pétrole au Kurdistan irakien, avant de le revendre partiellement à l’Union Européenne, en particulier à l’Italie. Curieux et si ce pétrole ne serait pas justement celui provenant des puits contrôlés par Daech ?

Serions-nous de mauvaise foi. Raisonnons.

L’EI vend du pétrole irakien et syrien — en moyenne 30 000 barils par jour au prix de 15 à 18 dollars l’unité — à des réseaux de contrebande et à des mafias kurdes et turcs. En Syrie, les camions citernes sont  acheminés à Zakho, ville kurde irakienne située à 88 km au nord de Mossoul et jouxtant la frontière turque. Vendu là au mieux disant pour 10 à 25 % de sa valeur, le pétrole subit une transformation rudimentaire : il est chauffé afin d’en faire un sous-produit acquérant un droit de passage administratif à la frontière turque d’Ibrahim Khalil. À ce stade, il ne peut plus être alors distingué du pétrole vendu par le Gouvernement Régional du Kurdistan. Puis le pétrole délictueux poursuit sa route jusqu’au port de Ceyhan, et de là en Israël qui le revend au prix de 30 à 35 dollars le baril.

Ce pays est donc bien d’une manière ou d’une autre le distributeur de pétrole pour le compte de l’EI car sans les Israéliens, la plus grande partie du brut produit par l’ÉI ne sortirait pas d’Irak, de Syrie ni de Turquie. Maintenant il est toujours loisible de dire que ce pétrole est acheminé de Turquie en Israël par des intermédiaires ignorant sa provenance réelle. C’est évidemment ce que nous pensons : le recel par inadvertance est en effet tout à fait concevable et les affaires étant ce qu’elles sont, nous n’oserions pas un instant douter de la probité d’Israël. D’ailleurs l’État islamique a tenu à faire savoir « qu’il ne vendait pas intentionnellement son pétrole à Israël, les responsables étant les intermédiaires qui en font le courtage sur les marchés internationaux ». ML.

  1. Alain
    Alain20 janvier 2016

    L’auteur oublie que le Kurdistan irakien vend aussi directement son pétrole en contrebande puisque la loi irakienne – acceptée par les Kurdes – impose que toutes les ventes passent par le gouvernement central.

    Le pétrole « blanchi » par les Turcs et les Israéliens a donc deux provenances, même si c’est dans la même région

Répondre