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Laïcité, une arme de combat plus ambiguë qu’on ne le pense

Laicité

Laïcité, une arme de combat plus ambiguë qu’on ne le pense

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Parmi les « Valeurs républicaines » dont on nous rebat les oreilles, il en est une que chacun croit connaître et dont n’importe qui, doté d’un peu de connaissances historiques et d’un minimum de mémoire pour les faits récents, peut douter de son application au quotidien.

Il est exact que, de 1815 à 1830, le clergé catholique de la Restauration avait eu un comportement grotesque, mêlant réaction politique et (déjà) repentance. Mais, sous la Monarchie de Juillet, où s’installa en France le triomphe de la trinité dorée des financiers, négociants et entrepreneurs, les catholiques sociaux avaient défendu les droits des exploités. En 1848, le mouvement révolutionnaire était anticapitaliste, tandis que nombre de « bons prêtres » étaient élus députés. Hélas, sous l’Empire, l’on assista au reniement du catholicisme social, à la collusion de l’épiscopat (mais aussi des consistoires  juifs et luthériens) et du régime de noceurs et d’affairistes.

La leçon fut retenue par les nouveaux maîtres, « opportunistes » et « radicaux », de la IIIe République, qui appartenaient à la nouvelle trinité ou en étaient les obligés. On lança un message, qui semble encore faire florès : « Le gros argent est catholique » ! À peine installé à la Présidence de la République, en 1879,  Jules Grévy, par ailleurs Franc-maçon, donna le mot d’ordre : pour détourner l’attention des ouvriers et des petits employés sous-payés, l’on va « leur faire bouffer du curé ». En 1896, Jules Méline (du Grand-Orient) déclara publiquement que l’anticléricalisme (entendre : anticatholicisme, puisque seuls les prêtres et les moines étaient attaqués) n’avait jamais été « qu’une tactique des radicaux pour tromper la faim de leurs électeurs ».

En 1901, le très sectaire Pierre Waldeck-Rousseau exclut la quasi-totalité des Congrégations catholiques du bénéfice de la Loi de 1901 sur les associations, les fit dissoudre et vendit leurs biens au profit de l’État. De 1902 à 1904, l’État fit fermer 12 900 écoles primaires, secondaires et techniques, toutes catholiques : 1,5 million d’enfants et d’adolescents furent obligés de changer d’établissement en cours de scolarité, pour complaire à l’anticatholicisme de politiciens haineusement sectaires.

En 1905, la Loi de séparation des Églises et de l’État supprima le traitement des prêtes, rabbins et pasteurs, laissés à la charité de leurs ouailles ou de leurs consistoires. Pour l’État, l’économie réalisée chaque année fut de 40 millions de francs (sur un budget de 3 milliards), mais en outre, l’on spolia la seule Église catholique de l’ensemble de ses biens mobiliers et immobiliers : les églises, évêchés, séminaires devinrent propriété de l’État (qui loua quelques bâtiments au clergé)… le piquant de la chose fut que, pour les trois départements algériens, l’on continua d’allouer 200 000 F/an pour rétribuer imams, ulémas et gardiens de mosquées : on tentait déjà de monnayer le calme en zones musulmanes !

Ce petit rappel historique (d’un auteur rigoureusement athée) a paru nécessaire pour faire comprendre que la fameuse séparation était avant tout une machine de guerre à visée électorale et que la collusion de « l’État laïc » avec l’islam – que n’importe quel observateur peut aisément apprécier de nos jours – n’est pas une nouveauté.

Cette « grande valeur républicaine » est, comme bien d’autres – telles les féériques Liberté, Égalité ou Fraternité -, d’abord et avant tout un slogan, adaptable en fonction des vents dominants et surtout des flux d’argent… et, en nos tristes temps, les pétrodollars, indispensables aux emprunts d’État – voire offerts aux caisses électorales des partis bien-pensants -, font tourner la girouette dans le sens d’une quasi-impunité des prêcheurs de haine islamistes.

L’étude de l’histoire sert parfois à comprendre certaines attitudes pérennes, comme la soumission de la « droite-gauche-en passant par le centre marécageux » aux puissances d’argent… un jour peut-être, les membres autochtones de la Nation française comprendront-ils que seuls les populistes sont attentifs au bien-être des non-riches.

Bernard Plouvier

 

 

  1. Robert41
    Robert4121 janvier 2016

    Voilà un billet qui ravive son homme ! J’ai adoré le :  » déjà repentance … Ce mot magique qui vous condamne normalement de fautes personnelles et qui permet à des manipulateurs, de censurer les esprits sur un héritage perpétuel, si on s’y laisse prendre … Les français sont entièrement responsables et victimes de cet idéalisme absolu socialiste. Une sorte de religion civile qui nous a éloigné du réel par de fausses valeurs en s’appuyant sur le graal d’un progrès scientifique incessant et qui nous entraîne dans une force sociale subjective pour des intérêts particuliers eux très objectifs. Ils ont tué le Roi, le curé et maintenant c’est le Peuple d’être à son tour mortellement atteint par le grand changement en cours. Le dernier rempart à cette maladie dégénérative socialiste, c’est la famille ! Pour combien de temps ?

  2. Dubois
    Dubois23 janvier 2016

    Robert a omit de préciser qu’ après le roi et le curé , les français ont tué la finance en lui déclarant la guerre ; avant de se demander pourquoi ils n’ ont plus un copec en poche .

    Que celui prétendant nous expliquer comment partager le pain ; commence par le poser sur la table au lieu de le jeter à la poubelle .

  3. Robert41
    Robert4128 janvier 2016

    @Dubois – Je ne vois pas une finance mise en péril par les français comme vous le supputer. Au contraire les financiers n’ont jamais fait autant de profits que depuis ce concept de la mondialisation avec cette gauche d’embourgeoisement. En gros les français gueulent, la finance passe … Il suffit de constater la posture de l’extrême gauche, elle est favorable aux idées de la finance (immigration en autres etc) – Le kopeck en moins comme vous dites est surtout le fait d’un engraissage des salaires par le haut, du jamais vu, des rapports de 1 à 1000 voir plus. L’exemple d’une présentatrice ou présentateur d’un journal télévisée gagnant plus de 40.000 euros par mois pour nous gaver d’un dégueulis d’informations censurées, est honteux d’autant quand ces mêmes présentateurs font d’incessantes erreurs au propre comme au figuré dans l’expression orale. Sieur Dubois, savez-vous que de jeunes médecins et de jeunes ingénieurs gagnent péniblement 1800 euros par mois pour un travail beaucoup plus responsable. Oui tout le monde n’a pas la chance d’être introduit dans un agenda relationnel ! – La finance internationale c’est du terrorisme du même type que ceux qui nous tuent avec une arme létale.

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