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La guerre civile inconcevable

Guerre Civile

La guerre civile inconcevable

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Pendant que l’on amuse le peuple de débats oiseux, l’État recule. De renoncement en renoncement, la libanisation de notre pays semble inexorable.

Le psychodrame national actuel au sujet de la déchéance de nationalité constitue une synthèse pratiquement parfaite des faiblesses de nos institutions et de notre vie politique. Confronté à l’imprévu, le président réagit précipitamment par une combinaison d’astuce tacticienne, d’effets de communication et de récupération politique. Ses frondeurs en profitent pour le mettre dans l’embarras en affichant leurs « valeurs » et leur « conscience de gauche », devant des médias friands de scandales artificiels. Les Français cèdent à leur penchant habituel pour les débats idéologiques, tandis que l’opposition cherche à utiliser la dernière polémique pour faciliter son retour au pouvoir.

Rien donc de nouveau dans l’affaire, et le second élément ne l’est pas davantage ; c’est la peur, celle-là même qui est responsable de la confusion actuelle : peur d’appliquer les lois, peur de nommer les choses, peur d’être accusé de racisme ou d’islamophobie, peur de sanctionner, peur de perdre les élections, peur de la condamnation des instances supranationales, et surtout peur de s’attaquer aux véritables problèmes qui minent le pays.

L’engrenage

C’est précisément cette crainte de sévir, de trancher et d’affirmer l’autorité de l’État qui explique la pérennité et la multiplication des zones de non-droit, le développement des trafics d’armes, de drogues et d’êtres humains, le délitement du système scolaire, l’envolée des « incivilités » et de la délinquance, l’anarchie du système carcéral, l’immigration incontrôlée, la naturalisation bradée, le communautarisme rampant, les prêches de haine dans les mosquées intégristes et la quasi-absence d’expulsions de déboutés du droit d’asile – ou même de terroristes.

Il suffit de suivre l’enchaînement et l’imbrication de tous ces facteurs pour comprendre l’impasse actuelle : l’immigration incontrôlée a provoqué entassement, chômage, déracinement, déscolarisation, haine de la France, phénomènes de bandes et petite délinquance. D’abord non sanctionnée, celle-ci a prospéré dans les zones de non-droit, puis elle a abouti à une criminalité plus dure, débouchant souvent sur la case prison ; que ce soit durant une incarcération mal contrôlée, dans les mosquées ou sur Internet, les délinquants sont tombés sous l’influence des intégristes prêcheurs de haine, qui leur ont donné une raison de vivre – et même de mourir. Ce n’est là que le schéma “standard”, auquel s’ajoutent les “copy cat killings”, crimes d’imitation commis par des esprits faibles ou perturbés. Les autorités étant incapables d’intervenir efficacement à l’une quelconque des étapes de ce processus infernal, il ne pourra que s’amplifier à l’avenir – d’autant que les enfants de ces intégristes, élevés dans une ambiance de haine, risquent d’être encore plus féroces et meurtriers que leurs parents…

Peur de la peur

Ce sombre tableau sera rejeté par bien des lecteurs, non parce qu’il ne correspond pas à la réalité, mais parce que l’admettre obligerait à avoir peur. Or, non seulement nous craignons la peur, mais encore nous craignons d’admettre que nous avons peur. Dès lors, la suite prévisible des événements se verra opposer un déni encore plus catégorique ; cette suite, c’est la conséquence logique de la faiblesse des autorités et de l’expansion du communautarisme dans les zones de non-droit. « La charia s’applique là où nous sommes majoritaires ! » a-t-on entendu en Allemagne et aux Pays-Bas. « Les agents de l’État français ne peuvent pas entrer chez nous ! » entend-on de plus en plus fréquemment dans certaines banlieues françaises. Quel que soit l’avenir de Daech – qui finira par disparaître, victime à la fois de ses ennemis et de ses dissensions internes –, la France connaîtra inévitablement l’accentuation d’un processus de communautarisme et de libanisation.

Des scénarios « inconcevables »

Bien entendu, ce processus ne mènera pas à la guerre civile, car ce serait inacceptable, et dans la pensée magique, l’inacceptable ne saurait se produire. D’autant que la perspective d’une telle guerre alarmerait le peuple, et rien n’est plus dangereux qu’un peuple alarmé – sinon un terroriste fanatisé. C’est d’ailleurs dans l’espoir de « rassurer les populations » que les autorités envoient des militaires en uniforme patrouiller et servir de gardes statiques – tout en sachant parfaitement qu’ils ne peuvent rien prévenir et constituent des cibles idéales pour un tueur bénéficiant de l’effet de surprise.

Bref, cette guerre civile impossible, impensable et inacceptable peut se déclencher de l’une des quatre manières suivantes : le premier scénario, un affrontement entre l’extrême droite et les salafistes, est aussi le moins vraisemblable ; en France, comme partout en Europe, les extrémistes s’en prennent rarement aux extrémistes, préférant les affrontements à moindre risque contre les modérés et l’État désarmé – même si l’on peut craindre des actions de représailles pour remédier à une démission trop ostensible des autorités.

Dans le deuxième cas, certaines banlieues, villes ou conurbations du pays entreront en dissidence, hissant le drapeau noir de Daech, le drapeau blanc et noir d’Al-Qaïda, le drapeau jaune du Hezbollah ou le drapeau vert des nouveaux islamistes qui auront émergé dans l’intervalle ; même un gouvernement faible ne pourra le tolérer, et les opérations de reconquête par l’armée, la gendarmerie et les groupes d’intervention seront longues et sanglantes.

Le troisième scénario est celui d’un effondrement de l’économie française, consécutif aux multiples errements que nous connaissons déjà ; dans un tel cas, les innombrables allocations assurant la paix sociale devront être réduites ou supprimées, ce qui provoquera des émeutes difficilement contrôlables, eu égard à la masse des bénéficiaires de l’assistanat, à l’échauffement des esprits, à l’effervescence religieuse et à la libre circulation des armes de guerre…

Les conflits importés

Le dernier cas est celui d’une dérive fatale des affrontements intercommunautaires, précipitée ou non par des événements extérieurs ; les hostilités déjà familières – et minimisées – entre Roms et Beurs, musulmans et juifs, Corses et Marocains, Kurdes et Turcs, Tamouls et Sri-Lankais, mafias italiennes et tchétchènes peuvent se doubler à l’avenir de conflits ouverts entre chiites et sunnites, Serbes et Kosovars, Érythréens et Somaliens, Indiens et Pakistanais, ajoutés à de possibles règlements de comptes d’ampleur entre Nigérians partisans ou non de Boko Haram, Syriens alaouites et opposants à Assad, Iraniens proches des ayatollahs et activistes des Moujaheddines du Peuple, Libyens affidés à Tripoli ou à Tobrouk, Afghans pro et anti-talibans, Pakistanais de diverses confessions, voire Hutus et Tutsis rwandais si les guerres tribales devaient reprendre en Afrique de l’Est.

À tout cela s’ajoute que les nouvelles vagues d’immigration massives vont sans doute charrier quelques courants de haines mortelles encore inconnues sous nos latitudes. Bien sûr, beaucoup de ces affrontements importés ne se produiront pas, mais qui osera affirmer qu’aucun n’éclatera ? Et que pourra faire dans cette éventualité une armée française épuisée par les gardes statiques, peu sûre de ses effectifs et moins encore de ses matériels ? (Ce qui ne signifie pas qu’elle ignore le danger : dès 2006, elle a ouvert dans l’Aisne le CENZUB, Centre d’Entraînement aux Actions en Zone Urbaine).

Les naïfs diront que ces déchaînements de violence se produisent certes en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, mais qu’ils ne peuvent s’exporter en France, pays du vivre ensemble et des droits de l’Homme ; les craintifs trembleront et se réfugieront dans un silence assourdissant ; les attardés et les indignés hurleront au contraire que le seul fait d’évoquer de telles possibilités pourrait les amener à se produire – tout comme au Moyen-Âge, on s’interdisait de prononcer le mot de peste par crainte de la convoquer… Et comme nous sommes en France, tout cela se terminera par des procès futiles et des joutes verbales stériles à visées électoralistes.

Le salut dans l’improbable

Pourtant, il faut bien ménager une place au hasard, car dans les destinées humaines, c’est souvent le plus imprévu qui est le plus certain. Dans ce cas, les scénarios probables nous seront épargnés, et la France trouvera finalement son salut dans la survenue de l’improbable…

François Kersaudy

Illustration : Le 9 novembre 2005, au quartier de La Reynerie, à Toulouse. Source : Le Point.fr
  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier23 janvier 2016

    Excellent… et le Pr Kersaudy ne fait qu’évoquer la part « pseudo-interne » de nos ennuis : celle liée à l’absurde importation de l’hétérogénéité raciale et de l’islam conquérant, cette dernière composante nous ramenant à la pire époque de l’obscurantisme religieux et à la pire barbarie médiévale… avec des moyens modernes de destruction.
    Or, il existe un second aspect, plus sombre encore, de notre triste actualité : vide sidéral des caisses sociales (regonflées artificiellement par des emprunts), Dette pharaonique, désindustrialisation massive (par arrêt d’activité ou délocalisations), chômage d’une ampleur inédite, et par-dessus tout une démoralisation majeure et un aveulissement de la Nation autochtone… soit une situation bien connue de l’auteur de cet excellent article : celle du Reich de Weimar en 1932.
    La suite est-elle réellement imprévisible? Je n’en suis pas sûr. Étant donné le degré d’avachissement moral de notre Nation, je crois qu’une aide extérieure nous sera nécessaire… c’est peut-être là que gît le hasard.

  2. MARIANNE LE GALL DANTEC
    MARIANNE LE GALL DANTEC24 janvier 2016

    LA PEUR DE NOS DIRIGEANTS ET POLITIQUES , COUPÉS DU MONDE DES VIVANTS FRANÇAIS, N’EMPÊCHERA AUCUNEMENT LE CHOC DES CIVILISATIONS , ET LES CONFLITS LOCAUX SUSCEPTIBLES DE DEVENIR RAPIDEMENT NATIONAUX

  3. Lachenal
    Lachenal24 janvier 2016

    Tous les discours et les actes politiques en faveur de la disparition de l esprit national renforce les groupes communautaires.
    C est une verite universelle historiquement verifiee, je crois.
    Le salut ne viendra que par un renforcement nationaliste constitue en groupe de pression majoritaire dans le pays ou seuls les groupes constitues pesent politiquement.
    Ce contre pouvoir naitra dans la violence des evenements car ce sera une reaction.
    Les scenarii possibles sont infinis dans les faits, mais la lame de fond est bien presente, bien perceptible dans le quotidien et l exil massif de francais, de familles israelites….

  4. Lilou35
    Lilou3527 janvier 2016

    Ces commentaires sont fait par des gens lucide qui n’ont pas peur de dire les causes du problème seul les peureux se drapent encore dans le politiquement correct de peur de réveiller les démons, mais les démons sont réveillés depuis longtemps. Ce sont-ils endormis ? Je ne crois pas, ils jurent d’accomplir une mission dictée par leur Dieu depuis des siècles. La lutte contre les esprits est plus longue et plus difficile que la lutte contre les personnes. Il ne faut plus perdre de temps. Les conditions sont réunis comme en 1939. Collabos, politiques, désarmement, budget super négatif, nous sommes une proie facile. Nous en avons la preuve à Calais qui n’est qu’un galop d’essais. serrons nous les coudes au lieu de nous regarder de travers. Mieux vaut prévenir que guérir, sinon la guérison ne pourra venir que par la guerre.

    • costaz
      costaz29 janvier 2016

      Le Désespoir est une sottise absolue !
      Se montrer à la hauteur des temps et de la tâche , c’est cette entreprise révolutionnaire qu’est en train de réussir notre ami Gabriele Adinolfi …Son audace et son courage méritent qu’on le suivent!
      ga@gabrieleadinolfi.it ou sur son profil : facebook

  5. Dubois
    Dubois30 janvier 2016

    Que de discours et palabres pour expliquer qu’ à suivre un aveugle on court immanquablement à notre perte .
    Suivre un médiateur nous plonge inexhorablement dans une cacophonie tout aussi incompréhensible et perdissieuse .

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