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Calais : une ville de siège et de reconquête

Incidents Calais

Calais : une ville de siège et de reconquête

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Ce sera le grand test de la présidence de Xavier Bertrand. Pourra-t-il faire avancer le dossier Calais avant un drame maintenant prévisible? Devant la montée des tensions, Marine Le Pen doit peut-être se dire que sa non élection à la présidence de la région est une chance qui lui évite une rude épreuve.

Calais est le visage même de l’échec du pouvoir face au contrôle d’une immigration illégale. Alors que se mobilisent les associations pro clandestins, qui le plus souvent viennent d’ailleurs, la population  ne cache plus son exaspération et pas seulement les bourgeois. Calais est fière de son histoire et connait sièges et reconquêtes. Elle se méfie à juste titre des anglais … et n’a pas oublié la formule célinienne qui prend aujourd’hui un relief particulier «La Grande-Bretagne, qui a toujours affiché le plus profond mépris pour les populations coloniales qu’elle avait conquises, demeure fidèle à sa conception que les nègres commencent à Calais. » ( Cahiers Céline, n°8, p.236-238)

A Calais, si rien n’est fait, il y aura un drame qui sera exploité bien sûr par les antiracistes des salons parisiens. Samedi, avant la prise d’assaut du ferry « Spirit of Britain » par les migrants, la statue du couple Yvonne et Charles de Gaulle, place d’Armes, a été vandalisée. Mais les migrants n’y sont pour rien- pas leurs alliés objectifs. Deux militants anarchistes, portant un drapeau rouge et noir semblable à ceux de la Confédération nationale des travailleurs (CNT), ont été photographiés alors qu’ils taguaient la statue. L’inscription « Nik la France », peinte à la bombe, a été rapidement nettoyée par les services de la mairie.

L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a déclaré : « Il y a des manipulateurs politiques derrière tout cela. Et l’atteinte faite à l’image du général de Gaulle dans cette statue maculée montre bien le message politique contre la France. Nous sommes en tension majeure, l’État ne peut pas rester spectateur du drame de Calais. » Dans un tweet, Bruno Le Maire, candidat à la primaire pour la présidentielle, inscrivait hier matin : « La statue de de Gaulle vandalisée, et la France avec. Urgence à rétablir l’autorité de l’État. » Le député Éric Ciotti veut proposer une loi à l’Assemblée nationale : « Je veux dénoncer cette grave dégradation qui, au-delà d’une simple incivilité, constitue une attaque outrageante à l’encontre des symboles de la France (…) Je défendrai dès mardi un amendement au projet de loi immigration, actuellement débattu à l’Assemblée nationale, visant à sanctionner ces actes d’une expulsion et d’une interdiction du territoire national lorsqu’ils sont commis par des étrangers, y compris par des demandeurs d’asile

Quelque 2.000 personnes, selon la préfecture, ont défilé dimanche 24 janvier dans les rues de Calais confrontée à la présence de nombreux migrants, à l’appel de commerçants et professionnels du port venus « soutenir les emplois ». Prévue depuis plusieurs jours, cette manifestation a eu lieu au lendemain d’une autre marche ayant réuni 2.000 personnes, qui avait été organisée par des collectifs de soutien aux migrants, et avait été ponctuée par l’intrusion d’une quarantaine de migrants sur un ferry dans le port.

Après des prises de parole place d’Armes, le cortège, dans lequel avait pris place la maire de la ville Natacha Bouchart (Les Républicains), a défilé dans le calme dans le centre-ville pendant près de deux heures. En tête de la manifestation avait été déployée une grande bannière « Mon port est beau, ma ville est belle – soutenir notre ville, notre port, nos commerces et nos emplois« , sans slogan ni signe politique distinctif. La grande peur était bien sûr la présence de slogans racistes ou identitaires.

Mais la vérité est ailleurs, il y a le feu

Preuve de l’exaspération croissante de la part des Calaisiens, une vidéo amateur, tournée samedi 23 janvier, qui montre que la manifestation organisée en soutien aux migrants a dégénéré. Alors que 2 000 personnes défilaient dans les rues pour dénoncer les conditions d’accueil des réfugiés, le face-à-face a en effet failli tourner au drame. À l’approche du cortège vers sa maison, un habitant, excédé, est sorti de chez lui. Fusil factice semble-t- il mais exaspération réelle.

Ces événements ont poussé le président du port de Calais et le président (LR) de la région Xavier Bertrand à demander « une réunion de crise extrêmement rapidement (…) avec les responsables locaux, régionaux, parlementaires et du gouvernement ». Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a fourni une réponse en deux temps : il promet de rappeler à Amsterdam ses homologues européens « l’urgence de la mise en œuvre des décisions prises au niveau européen face à la crise migratoire » et il recevra Xavier Bertrand, Natacha Bouchart et le député PS du Pas-de-Calais Yann Capet le 3 février. Si d’ici là l’irréparable ne s est pas produit.

L’armée pourrait être envoyé à Calais…. Pas l’armée Anglaise tout de même… quoi que. Les tabloïds britanniques appellent jeudi l’armée de leur pays à intervenir à Calais et redoublent de critiques contre la France, accusée de couardise et d’irresponsabilité dans la gestion de la crise des migrants. « Envoyez l’armée », titre en une le Daily Mail avant de consacrer cinq pages à la « catastrophe de Calais ». « Nous avons empêché Hitler d’entrer. Pourquoi nos faibles gouvernants n’arrivent pas à stopper quelques milliers de migrants exténués ? » s’interroge le quotidien populaire en pages intérieures. « Voici pourquoi c’est la faute des Français », titre un autre article du Daily Mail qui reproche notamment à la France son « cynisme ». Le Sun, quotidien le plus lu en Grande-Bretagne, n’est pas en reste. « Coquelles a besoin de plus de muscles », britanniques bien sûr, souligne le tabloïd, qui ajoute que l’« anarchie à Calais est une plaie purulente à la face de l’Europe ». « La France n’y est pas. Ses policiers sont dépassés et ils préfèrent de toute façon nous refiler la responsabilité », ajoute le Sun, qui a fait livrer des pizzas aux routiers et automobilistes bloqués sur les autoroutes du Kent. « Envoyez l’armée pour stopper l’invasion des migrants », titre aussi le Daily Express. Pour le tabloïd, il est « évident que les Français ont échoué à contrôler les migrants en maraude ».

Qui peut dire le contraire !

Raoul Fougax

  1. Lilou35
    Lilou3527 janvier 2016

    C’est malheureux de le dire mais la solution passe par l’armée on ne peut s’introduire impunément et avoir des exigences dans un pays qui n’est pas le sien, le pays c’est sa maison, une maison tout comme une femme ou un pays ne se violent pas

  2. Roban
    Roban27 janvier 2016

    La solution passe d’abord par la fermeture (la vraie) des frontières.

  3. Eric
    Eric29 janvier 2016

    Le drapeau que l’on voit sur la photo n’est pas celui de la CNT. Cette information inexacte a pour origine un article paru le 24 janvier 2016 dans « La Voix du Nord ».

    « La Voix du Nord » a corrigé son erreur dès le 25 janvier (en supprimant toute référence à la CNT dans son article) et, le 26 janvier, elle a même publié le démenti que la CNT lui a envoyé.

    Plus généralement, la CNT – organisation syndicale qui a autre chose à faire que de repeindre les statuts – décline toute responsabilité dans cette dérisoire histoire de graffiti (dérisoire car des choses bien plus graves se passent en ce moment à Calais).

    Enfin, une dernière remarque : les deux personnes que l’on voit sur la photo ne sont pas en train de taguer le général de Gaulle ; elles donnent plutôt l’impression de poser devant la statue avec le drapeau de leur association. Je n’étais pas présent sur place mais cela apparait clairement sur toutes les photos qui ont été publiées dans la presse.

  4. Eric
    Eric29 janvier 2016

    Désolé pour la faute d’orthographe ! S’il arrive à la CNT de modifier ses statuts, les statues – elles – sont hors de son champ d’action syndical (avec ou sans e).

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