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France : pour un réveil des régions

Charte Des Langues Regio

France : pour un réveil des régions

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Pascal Pottier ♦

L’état central prétend décentraliser. Vaste galéjade. Inutile d’expliquer le ridicule de cette pseudo-décentralisation pour qui s’intéresse un peu au sujet et jette un œil même furtif chez nos voisins.

En France la décentralisation n’est qu’un mot. Jamais un acte. Les régions fonctionnent comme un leurre qui n’a pour but que de décharger l’État.
Dire que notre pays est centralisé n’est pas exact, sinon faux. La France est « le » pays hyper centralisé. Que cela ait pu être une force après la révolution pour unifier notre peuple, chacun peut être en droit de le penser. Aujourd’hui c’est une faiblesse. Paris est un point qui se trouve être la capitale et qui prétend que tout autour est un désert qu’il est concevable de nommer «province ».

Paris nous écrase. Paris nous phagocyte. Paris nous empêche de respirer. Tout en France est à Paris, l’État y a tout installé et continue de le faire alors qu’il prétend le contraire. Les experts qui fréquentent nos bons et loyaux médias sont toujours prompts à taper sur les réalités françaises en nous comparant allègrement aux pays censés représenter des modèles.,

Ils l’ont fait pendant des décennies en se référant aux anglo-saxons. Et puis selon les besoins, on passait au « modèle scandinave ». Plus récemment la sujétion s’est déplacée pour aller souvent renifler de l’autre côté du Rhin.

D’un modèle l’autre et puis quoi ensuite ?

Il se trouve que ces modèles où nous allons chercher des solutions sont tous et sans exception issus d’un même ensemble, d’une même zone culturelle, de nations appartenant à l’ensemble culturel et linguistique germanique.

Nos experts, parisianistes cela va de soi, aimeraient nous tirer vers ce qu’ils estiment probablement être le haut mais ces pays du nord ont des sociétés et des systèmes différents parce qu’ils ont des identités différentes. Il est peut-être temps de nous rendre compte que le peuple français est en grande partie un peuple latin. Disons que la culture majoritaire est romane, ce qui n’exclut en rien nos cultures et langues régionales celte, basque et germanique, cela veut simplement dire que nous appartenons à un ensemble de cultures et de langues romanes, nous n’appartenons pas à un ensemble de pays de cultures et de langues germaniques.

Tous ces experts aux ordres de l’idéologie « mainstream » ne nous comparent cependant jamais à nos voisins pour y trouver des exemples de régions véritablement décentralisées. Car ici réside une partie du problème. Ces experts idéologues ,opposés avant tout au débat, nient l’aspect identitaire. Ils nient même que le peuple français ait une identité. Pour eux le Français ne peut être autre chose que citoyen d’un pays universaliste. Ces idéologues décident que les identités c’est sympa, c’est tout mignon mais quand ce sont surtout celles des autres. Elles sont alors aussi fabuleuses qu’exotiques.
Si le Français n’a pas d’identité celle-ci ne peut pas plus être nationale que régionale (charnelle).

C’est bien là la matrice de ces régions qui se décide sur un coup de dé. Elles portent des noms qui ne sont pas des noms, qui sont parfois des acronymes dont une partie ne désigne rien d’autre que des illusions touristiques.  Ces régions nouvelles, conglomérats d’inventions déjà anciennes, servent les intérêts de l’Union européenne et détricotent un peu plus l’identité française à travers sa sujétion à une Europe succursale étatsunienne.

Elles détricotent aussi l’identité française en tricotant un nouveau patchwork où territoires de langue et de culture d’Oc et territoires de langue et de culture d’Oïl comme territoires de langue et de culture arpitane (Franco-Provençal) et territoires de langue et de culture germanique ( Alsacien, Francique, Flamand) et territoires de langue et de culture catalane et de langue et de culture basque ne seront pas pris en compte.

La défense de l’identité et le patriotisme ne se renforcent pas de l’élimination des patries charnelles et régionales. Se lever contre ces affabulations géopolitiques , c’est se lever contre ceux qui ne voient qu’une république mais surtout sans peuple légitime. Le peuple français, légitime sur sa terre se renforcera en retrouvant son identité locale. Sa langue régionale, sa patrie charnelle font de lui un Français. C’est le peuple français qui est fait ainsi.
De la Provence à la Bretagne, de la Gascogne à l’Alsace, du Pays basque à l’île de France et du Pays niçois au Nord-Pas de Calais, nous pouvons, être une république mais nous sommes surtout un pays, un peuple.

Ceux qui veulent remplacer nos régions, nos langues sont ceux qui veulent remplacer notre peuple.

Ceux qui s’opposent à ce crime mondialiste, ceux qui s’opposent à cette mort annoncée veulent garder leur identité.

  1. Firmin Bellovaque
    Firmin Bellovaque29 janvier 2016

    Très bonne analyse, dommage que son auteur parle de « Nord-Pas-de-Calais » , appellation désincarnée et strictement administrative , au lieu d’utiliser pour cet ensemble régional les noms des vieilles provinces ou « pays » historiques qui la composent : FLANDRE, HAINAUT, ARTOIS, et BOULONNAIS…
    Désormais unie administrativement à la région Picardie, souhaitons que le nouvel ensemble régional ainsi formé, plutot que les noms alambiqués ou farfelus proposés, se nommera de manière « synthétique », plus « identitaire » et enracinée dans l’espace et dans le temps, la région « PICARDIE – FLANDRE ».

    Pour revenir sur l’aspect plus politique, je m’étonne toujours de ne jamais entendre parler de la subsidiarité, de la distinction entre de justes autonomies et d’ hasardeuses « indépendances », et aussi de la distinctions entre la judicieuse et innovante (re)création d’ « euro-régions » transfrontalières telles la Flandre, la Catalogne, l’Euzkadi, etc…, ou les états nationaux historiques conserveraient toutes leurs attributions régaliennes ( armée, affaires étrangères, monnaie…) dans les parties de ses régions relevant actuellement de leur administration, et ou tout le reste relèverait de ces régions réunifiée tout en conservant sur leur territoire une double souveraineté étatique. Les habitants pourraient jouir d’une double nationalité-citoyenneté. Par exemple : la Catalogne. Etat-région qui pourrait bénéficier d’une autonomie la plus large possible sans constituer un état pleinement souverain et indépendant; la partie espagnole continuant à dépendre de la souveraineté de l’ état espagnol pour tout ce qui relève de ses prérogatives régaliennes ( habitants seraient Catalans et Espagnols ), et la partie française, le Roussillon, relevant de l’état Français ( les habitants seraient Catalans et Français ). De meme pour le Pays Basque ou Euzkadi.
    Meme dans « nos milieux » je trouve que nous manquons d’imagination, d’audace, et de « flexibilité » ou de souplesse idéologique….C’est juste une question de bon sens, d’ équilibre, de sens du réel et de la justice, sans à priori idéologique ni raideur ou aveuglement « doctrinaire » ou supposé « dogmatique », du genre « république une et indivisible »; finissons en !
    Meme constat pur les détails et tous les aspects de la question des identités régionales. Par exemple les langues; qu’est-ce-qui empècherait une région d’etre officiellement bilingue, voire trilingue? Prenons exemple sur le Luxembourg ( Francique luxembourgeois, Allemand, Français ) ou sur Andorre ( Catalan, Espagnol, Français )…
    Si ces pistes étaient explorées et mises en oeuvre bien des conflits, fussent-ils potentiels, pourraient ainsi etre évités ou bien amoindris, que se soient des revendications d’indépendance-souveraineté, des séparatismes, des conflits frontaliers inter-étatiques, ou des frustrations identitaires, culturelles, et linguistiques, sans parler du réel appauvrissement culturel et civilisationnel que constituerait la disparition de l’usage et de la transmission des langues et cultures locales et régionales.

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