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Taubira : de quoi sa démission est-elle le nom ?

Taubira

Taubira : de quoi sa démission est-elle le nom ?

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Raoul Fougax ♦ La gauche idéologique incapable de s’adapter aux réalités.

Elle est partie à bicyclette. La mise en scène frôle le ridicule, mais les médias sont en admiration. Ils sont d’ailleurs en admiration devant elle car ils sont largement sur sa ligne.

Femme et noire, pour l’idéologie antiraciste et anti-sexiste, elle était intouchable. Comme les médias, elle est sur une ligne de compréhension des délinquants et de défense de libertés idéalisées au dépend des nouvelles réalités. Elle est la preuve vivante qu’une certaine gauche est incapable de s’adapter et continue à vouloir imposer ses utopies à la volonté même de ses électeurs.

Elle part et c’est une bonne nouvelle pour la priorité qui est, notre sécurité.  C’est ainsi qu’analyse Le Figaro : «Il était donc temps qu’elle s’en aille. La guerre contre les djihadistes sera sans merci. Elle réclame au sommet de l’État des hommes et des femmes sans états d’âme ni préventions. Un besoin d’autant plus impérieux que la majorité elle-même éprouve des doutes sur l’arsenal répressif proposé par François Hollande et Manuel Valls. Débarrassés de Christiane Taubira, les réalistes du PS doivent définitivement prendre le pas sur les angéliques. Qu’ils n’aient pas la main qui tremble ! Certes, de là où elle est désormais, l’ex-garde des Sceaux les accablera. Ils pourront en déduire qu’ils sont sur la bonne voie.. ».

Politiquement, c’est une bonne nouvelle pour la droite et surtout pour le gouvernement. Mais c’est un souci de plus pour François Hollande. On voit bien se dessiner une opération Taubira que nous avons déjà évoqué ici à plusieurs reprises. On sent bien le désir d’une certaine gauche de jouer la carte d’une Obama en bicyclette.

Une candidate porteuse du mariage homosexuel, figure de l’anticolonialisme, de l’antiracisme et du féminisme de diversité a de quoi séduire une partie des socialistes et de la gauche de la gauche dans la perspective de la présidentielle. Cela ne veut pas dire que ça séduira les électeurs.
Hollande la voit maintenant récidiver et il va être hanté par le syndrome Jospin… la gauche écartée du deuxième tour de la présidentielle par une candidature Taubira. Ce n’est plus impossible, c’est sinon probable du moins envisageable.

Le journal L’humanité est dans cette logique d’une alternative de gauche à une trahison. « La droite et l’extrême droite s’unissaient dans une même détestation de Christiane Taubira, coupable d’incarner des valeurs de gauche qu’elles exècrent. Leur satisfaction, hier, à l’annonce de la démission de la garde des Sceaux disait tout. Elle acte non seulement l’impossibilité de faire avancer des mesures progressistes dans ce gouvernement mais même de freiner l’évolution vers la droite du tandem gouvernant. (…) Le départ de Christiane Taubira enterre les dernières illusions de nombreux partisans de la gauche, qui trouvaient encore en elle un port d’attache au gouvernement. Avec elle, le pouvoir se prive du symbole qu’elle incarnait, la seule mesure à mettre au crédit de ce quinquennat, le mariage pour tous. (…)».

Le gouvernement, lui, est maintenant sur une ligne de centre gauche, certains diraient même de centre droit sur les dossiers de l’économie et de la sécurité. François Hollande est de plus en plus éloignée des thématiques qui ont assuré son élection, il l’assume avec les risques que cela représente.
La gauche du Ps faute de Martine Aubry peut se satisfaire d’une Taubira, elle y pense et va tâter le terrain.

C’est de ça que sa démission est le nom : le sectarisme  de la bonne conscience.

 

  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier28 janvier 2016

    Cette politicienne sectaire (et son sectarisme est fort bien décrit dans cet article) a contribué, plus puissamment que ses prédécesseurs, à détruire le système répressif judiciaire.
    Il est logique et naturel que tous ceux qui avaient peur d’une Justice se rapprochant peu ou prou de l’équité en fassent leur idole, comme les anarchistes l’ont fait avec la sanguinaire (seulement en paroles) Louise Michel à la fin du XIXe siècle ou avec son avatar espagnol de 1936-39 la Dolores Ibarruri, beaucoup plus agressive.
    Les honnêtes gens et les victimes des canailles et des crapules (et leurs familles) ne peuvent que mépriser cette politicienne de bas étage qui a fait beaucoup de tort à la France… mais il est vrai qu’elle ne sera jamais qu’une indépendantiste guyanaise. On lui souhaite bon vent, surtout si elle doit rentrer en Guyane à la voile… après tout, une vélocipédiste se doit de ne pas polluer l’air de l’Atlantique en utilisant un bateau à moteur.

  2. Rémy Valat
    Rémy Valat29 janvier 2016

    Taubira, sayonara!

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