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USA : le grand cirque des primaires commence

Primaires Americaines

USA : le grand cirque des primaires commence

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Jean Bonnevey,  journaliste ♦ L’oligarchie démocratique vécue comme un spectacle.

C’est bien aux Usa que la politique spectacle est née. C’est le degré zéro de la démocratie.

Mais il faut reconnaître que c’est divertissant. Il faut tout de même bien voir que ce système écarte de toute possibilité d’être élu un candidat sans moyens financiers énormes. Si tout le monde peut voter, tout le monde ne peut pas se présenter.

Puisque c’est un cirque il y a forcement des acrobates des messieurs loyal, des femmes funambules et un certain nombre de clowns. Il est certain qu’en France le jubilatoire Donald Trump serait sans doute en prison. Là, il y a une leçon de démocratie et de liberté de pensée et de parole. On peut estimer qu’il dit des énormités et des horreurs mais enfin, contrairement à notre pays la bas,  il a le droit de les dire. Et parce qu’il dit des choses anti système, il se retrouve favori des sondages.

Il y a une leçon à en tirer, quand on ne pense pas comme l’idéologie dominante, la limitation de la liberté d’expression empêche de se faire entendre. Et quand on peut dire ce qu’on pense ça change tout. Ainsi, aux Usa, ces présidentielles sont marquées par un rejet d’une sorte de dynasties héréditaires ou matrimoniales. Un rejet très net de l’État et du système incapable de limiter l’immigration mais limitant les libertés.

Des primaires qui s’annoncent atypiques, ce qui fait du test de l’Iowa, une élection fiévreuse

Si les trois millions d’habitants de l’Iowa sont aussi courtisés, ce n’est pas parce que leur voix compte : qu’ils votent démocrate ou républicain, ils n’enverront à la convention de leur parti, en juillet, que 6 grands électeurs sur 538. Ce n’est pas non plus parce qu’ils sont représentatifs : l’Iowa est blanc à 92 %, et seulement 16 % du corps électoral participe au caucus, c’est-à-dire à la primaire. En clair, un candidat peut être déclaré vainqueur avec seulement 3 % des voix des électeurs de l’État. Ce qui rend l’Iowa si symbolique dans la course à la présidence, c’est le fait qu’il est le premier à s’exprimer. « L’impact médiatique du caucus est énorme, explique Brad Anderson, l’ancien directeur de campagne de Barack Obama dans l’Iowa, aujourd’hui au service d’Hillary Clinton. En remportant l’Iowa en 2008, Obama est soudain apparu comme un candidat crédible, et il a pu émerger».

Pour Hilary Clinton c’est l’état indispensable à gagner pour oublier son échec face à Obama. Elle est, cette année, la grande favorite et ne peut tout simplement pas perdre contre Bernie Sanders, autre populiste ayant le vent en poupe. Le sénateur du Vermont (74 ans) suscite un enthousiasme chez les jeunes que l’on ne retrouve pas dans les meetings d’Hillary Clinton.

Du coté républicain Donald Trump, leader dans les sondages, attire des foules de déçus de la politique. S’il est un candidat qui a fait mentir tous les spécialistes, analystes et politologues, c’est bien lui. Décrit comme une comète qui ne devait pas passer l’été, le milliardaire a capitalisé sur des formules volontairement provocatrices. Il rassemble les déçus de la politique, les petites gens persuadés que Washington les a abandonnées, ceux qui ne parviennent pas à boucler leurs fins de mois. Et ça fait du monde.

La femme du président et le grand imprécateur jouent gros dans un petit État devenu le centre de l’Amérique électorale.

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