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L’orthographe considérée comme un fascisme d’exclusion

Ortographe

L’orthographe considérée comme un fascisme d’exclusion

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Jean Ansar ♦

Les antiracistes du ridicule continuent à frapper. Il nous manque, il faut le dire et le répéter, un Molière pour tuer par le ridicule les nouvelles précieuses de l’antiracisme.
Une chronique des antiracistes ridicules serait possible presque au quotidien. Nous ne nous en priverons pas.

Le dernier avatar de la lutte contre l’exclusion concerne notre orthographe. On peut penser ce qu’on veut des difficultés de la langue française et juger même parfois qu’on se complique la vie pour rien. Ce n’est pas le problème.  Le problème, c’est ce que sous-tend cette tentative de nivellement par le bas, qui bien sûr n’en est qu’à son début. Le ph de ce pauvre nénuphar a bon dos.

En fait il s’agit de justifier par le sms et le texto entre autres, le droit de modifier pour être de son temps. La vérité c’est qu’on veut adapter une langue liée à une culture et une civilisation à l’inculture du métissage mondialiste.  Comme notre éducation nationale est incapable d’amener des masses de jeunes au niveau de l’écrit français, on va adapter cet écrit à leurs possibilités. On préfère un mauvais français à l’existence de bons élèves en français qui risqueraient de stigmatiser les autres. Tout va dans le même sens :  haine de l’effort et de la difficulté considérés comme fascisants.

On ne peut que souscrire aux indignations sur le web comme celle de Bruno Guigue : « Ne nous leurrons pas : cette ahurissante « réforme de l’orthographe » n’est pas une bévue socialiste de plus, mais la dernière étape d’un vaste chantier de démolition. Car, depuis des années, le gouvernement s’acharne contre ce qui fonde la transmission même du savoir scolaire : l’acquisition des connaissances par l’apprentissage de règles communes. Relâchement de la discipline et banalisation de l’incivisme, tyrannie des parents d’élèves (désormais indemnisés pour siéger aux conseils de classe), dissolution des savoirs disciplinaires au profit d’une « interdisciplinarité » vaseuse, suppression des classes bilingues, des langues anciennes et des bourses à caractère méritoire jugées « élitistes », mise en cause de la notation chiffrée au motif qu’elle serait « blessante » ….

Croyant atténuer les indignations de cette réforme, nos dirigeants, de plus en plus incultes d’ailleurs eux aussi, ont cru bon d’ajouter qu’en fait, désormais, « plusieurs orthographes seraient possibles pour un même mot . Ponce Pilate du français crucifié! il signifie que c’est sans importance, que c’est la même chose, d’écrire « oignon » ou « ognon ».

On peut voire une photo de manifestants, des profs sans doute, brandissant une pancarte « tous égaux, tous incultes ». On ne saurait mieux résumer une évolution à la quelle depuis mai 68 en tout cas participent des hordes de profs de gauche.

On s aperçoit de la régression, on la condamne mais on ne va pas au fond des choses. Pourquoi faire du français une langue simplifiée dans le but de devenir simpliste ? La réponse est simple et évidente par idéologie antiraciste, par haine de la chère petite tête blonde qui dépasserait encore du lot de la diversité souhaitée.

  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier8 février 2016

    Adapter la langue d’Arouet- »Voltaire » et de Chateaubriand à nos nouveaux débiles, c’est faire oeuvre exaltante pour les résidus soixante-huitards et leurs rejetons.
    Bientôt, la fraction globalisée des peuples sera nivelée par le basic English… puis viendra l’inévitable réaction et l’on pourra réintroduire la langue de nos pères, enrichie de termes techniques évidemment.
    D’ici-là, les parents et grands-parents ni idiots, ni incultes, ni « globalo-mondialisés » ont le devoir d’entretenir la flamme du vrai langage de France… qui ne peut être l’arabe !
    Bravo pour cet article

  2. Jean Amar
    Jean Amar9 février 2016

    On peut penser que s’occuper d’orthographe en ces heures graves est bien futile. Que la destruction de notre économie à force d’impôts et de chômage (sans accent circonflexe serait-ce plus léger) est un sujet autrement digne d’intérêt. C’est que là encore il ne faut pas s’arrêter aux apparences. Tout est lié. Abêtissons (désolée encore un) le peuple pour mieux le diriger.
    « Ce n’est pas grave » ; cette antienne que l’on entend de la cours de récréation au campus de la faculté devrait pourtant donner à réfléchir.
    « Il ‘y a pas mort d’homme » répondrez-vous. Certes, mais il y a assassinat d’une culture, d’une civilisation, d’un peuple !
    Quand tout sera égal à rien, notre civilisation aura disparue sous le regard bienveillant du « Mammouth » de l’éducation nationale qui sape les fondements de nos valeurs depuis des décennies avec l’assentiment de nos gouvernements successifs. Si les profs étaient plus attentifs à leurs élèves qu’à leur nombril, ils seraient déjà dans la rue, et je pense que nous serions encore nombreux à les accompagner, en dépit de la main mise des syndicats gauchisants et de la décérébration organisée de la population ? Demain il sera trop tard.
    « Panem et circenses » on y arrive à grands pas.

  3. Damien
    Damien10 février 2016

    Merci, Jean Ansar. Votre article est excellent. .

  4. Robert41
    Robert4110 février 2016

    Ne soyons pas pessimiste, ce paravent de la réforme de l’orthographe, est une énième provocation de cette idéologie magique. Nous sommes bien, avec cette nouvelle avancée sociale, dans la réclame politicienne, un contre-feu qui permet d’occuper les esprits … En quelque sorte, comparable à une nouvelle formule de lessive où les nouveaux additifs sont gages d’un meilleur lavage. – Rappelons-nous du sketch de Coluche, sur la lessive « OMO » qui déjà, promettait un résultat aussi étonnant que : Plus blanc que blanc, voir anti redéposition … En tout cas, c’est ce que l’on nous assure avec ce bouillon de la gôche libérale. – On pourrait même leur proposer, une autre méthode imparable , celle du yaka et du faukon des grands jours, entendre par-là : – Que pour éviter de faire des fautes d’orthographe, il suffit de ne pas écrire. Il en est de même, pour éviter de dire des conneries, il suffit de fermer sa gueule. Décidément ces magiciens politiques sont des comiques. Ne voit-on pas leur pratique mensongère de l’évitement, leur recto-verso dans la communication ou de leur parade nomadique onéreuse, lorsque les conséquences à leurs errements, arrivent … Ils ont compris eux : – Que pour s’éviter des problèmes, il suffit tout simplement de ne pas les voir. C’est tellement pratique … Donc, Français si vous avez des problèmes, regardez ailleurs … On aura compris que ce petit monde de cupides est intolérant. Il veut des sujets muets et myopes, une caserne à bidasses … Quoi ! Laissons ces désœuvrés périr de leurs maux; par contre, le plus inquiétant dans son emprise et visiblement déjà bien installé dans les têtes de nos héritiers, c’est le langage de la technologie moderne. Celui du texto, cette réduction ludique qui conduit sournoisement les jeunes cerveaux à des comportements instinctifs et des réflexes binaires. Voilà un danger bien récurrent qui doit mobiliser parents et éducateurs de cette addiction à la mode. On le sait depuis longtemps, la machine remplacera l’homme, des tâches néfastes à bon escient mais aussi de sa nécessité à mauvais escient. Les sciences comme les banques doivent être surveillées et contrôlées sans faiblesse, elles sont des facteurs de désastre pour le genre humain. Perdre ou minorer l’Histoire et la Langue de son pays, c’est perdre son droit d’être différent et utile à la communauté humaine. Ne devenons pas ces plantes hors-sol qui s’épanouissent dans des serres aseptisées. L’orthographe est une école d’humilité et d’exigences qui se mérite et se respecte.

  5. Alain
    Alain10 février 2016

    Le français d’aujourd’hui n’est plus celui du passé (quand on disait et écrivait françois), est-il pour autant inculte? La fossilisation pour garder la culture est une solution mais pourquoi aujourd’hui et pas hier? Soyons de bon compte, le ph de nénuphar et le i de oignon ne sont pas des monuments de culture et de rayonnement. Il y a même d’autres choses à faire, en quoi mettre un X au pluriel de 7 mots est un monument du génie français?

    Il faut aussi regarder par l’autre bout de la lorgnette, le temps que passent les enfants francophones à apprendre des exceptions sans aucun intérêt culturel ou autre, il ne le passe pas à apprendre d’autres matières, certains estiment que c’est une des raisons des mauvaises performances de l’école. Quand au rayonnement, comment s’étonner que les étrangers ne sont guère enclin à apprendre une langue trop compliquée et que le français ne fait que reculer dans les échanges internationaux?

    Il ne faut pas en venir à l’orthographe des textos, mais l’élimination d’un certain nombre d’exceptions n’est point une forfaiture et l’alignement sur certaines graphies utilisées couramment est le mode d’évolution normal de toute langue

  6. Robert41
    Robert4111 février 2016

    @ Alain
    Pourquoi nos enfants de notre époque, seraient-ils plus en difficulté, pour apprendre les rudiments de notre langue ? Que je sache il y a quelques décennies en arrière, c’était la même difficulté, ces exceptions, ces particularités, cela rebutait certes mais cela se gagnait par le travail et l’exigence des maîtres. On les appelait à l’origine : Les Hussards noirs de la République. Je pense à ces vieux instituteurs en blouse grise de mon époque, coiffés pour certains d’un béret noir, qui s’arrêtaient derrière-nous, lors de la diction d’un texte; l’effet était magique sur les fautes impardonnables … Charles Péguy les décrit : « Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs. Sveltes, sévères, sanglés, sérieux et un peu tremblants de leur précoce, de leur soudaine omnipotence ». Hussards noirs ! Et, en effet, leur uniforme était bien noir, jusqu’à la casquette, un uniforme civique. Et Péguy d’ajouter qu’ils « étaient vraiment les enfants de République, ces nourrissons de la République, ces hussards noirs de la sévérité ». Les hussards noirs, cet escadron de cavalerie constitué en 1793 par la jeune République française, des soldats de l’an II ! » » – C’était une époque et les suivantes où les élèves portaient une blouse identique, attendaient que le maître leur demande de s’asseoir et qui se levaient lors d’une intrusion dans la classe par respect. C’était l’époque où un simple certificat d’études, vous rendait citoyen avisé et surtout homme libre et responsable. Savoir lire, savoir écrire et savoir compter, c’était merveilleux. Une obligation républicaine instruite d’une base nécessaire et suffisante pour nourrir le citoyen d’une liberté de penser, d’une liberté de l’expression et d’une liberté d’entreprendre. Combien de Chefs d’entreprise, de patrons, d’artisans, d’ouvriers talentueux, avaient pour simple bagage, un simple certificat d’études ! L’époque n’était pas facile, on ne pardonnait rien, il fallait se battre pour avoir, il n’y avait pas d’assistanat, de compassions, de remise en cause de difficultés orthographiques, il fallait faire face et pour cela l’école nous avait appris une qualité qui s’est perdue dans notre modernité, le respect du savoir et l’exigence avec soi-même. Des amis artisans me parlent justement de ces accommodements qui défont la personnalité de nos enfants. Tout simplement le respect d’un horaire de travail, une majorité des jeunes ne tiennent pas cette exigence. Même un professeur de sports me parlait qu’il avait du mal à constituer une équipe d’athlétisme ou de Hand-ball pour les rencontres inter-lycées pourquoi ? – Parce qu’une majorité de ces jeunes préfèrent jouaient avec leur console que de partager un lien social par le sport pour représenter leur lycée. Alors cher Alain, pas d’accommodement avec cette merveilleuse langue de Molière et des Ambassadeurs. On ne brade pas la langue française, c’est une oeuvre qui a porté les idéaux les plus hauts que l’être humain a pu produire.

    • Italo VERNAZZA
      Italo VERNAZZA2 avril 2016

      Objectivement, vous n’avez pas tort. Dans la pratique, cependant, attendez-vous, au train auquel cette « simplification-(r-)évolution » chemine, à vous trouver prochainement en présence de deux langues françaises: le français « littéraire » et le français « courant » (« populaire »?). Pensez-vous qu’il s’agira-là d’un « progrès »?

      • Italo VERNAZZA
        Italo VERNAZZA2 avril 2016

        Merci de tenir compte de ce que la réponse précédente portait sur l’argumentation d' »Alain »… en priant « Robert41 » de n’en pas tenir compte.

    • Pierre
      Pierre4 avril 2016

      ces jeunes préfèrent « jouaient »….

  7. yvan
    yvan12 février 2016

    Tous égo ! Ni lieux, ni lettres!

    • Italo VERNAZZA
      Italo VERNAZZA2 avril 2016

      Tro drol! G fayi mi lécé prendr!

  8. Berger Claude
    Berger Claude13 février 2016

    Où prend-t-on maintenant les « chères petites têtes blondes ? », Elles sont noyées au milieu d’un océan de têtes noires.

  9. bourdil
    bourdil16 février 2016

    Je pense à La Curme de Sainte Palaye, Godefroy ou à du Cange qui sont les historiens de notre langue dont l’érudition a fait d’eux les notaires de la France, quel désastre !

  10. Italo VERNAZZA
    Italo VERNAZZA2 avril 2016

    Puisque nous en somes à la langue et à en défendre la cohérence, puis-je hasarder un voeu?

    L’expression « nivellement par le bas » est une incohérence susceptible de générer de fausses représentations.

    Lorsque l’on veut niveler, c’est par le haut qu’on commence; on arase. Il convient donc de parler de nivellement par le haut. Car l’on supprime progressivement l’excellence pour niveler la masse à « rien du tout » (d’aucuns, un peu méprisants, disent: « le plus médiocre dénominateur commun »).
    Commençons donc par là, voulez-vous?

    • Italo VERNAZZA
      Italo VERNAZZA2 avril 2016

      Erratum

      Première ligne: pour « somes » merci de lire « sommes »… le clavier vous réserve parfois de ces surprises…

  11. couilo
    couilo8 juin 2016

    Un fascisme d’exclusion ? ça c’est vrai, c’est comme les diplômes. Supprimez-moi tout ça, et vite !

  12. ourla
    ourla9 juin 2016

    Les diplômes sont la principale expression du fascisme d’exclusion, à laquelle il faut mettre un terme le plus tôt possible.

  13. Dewandeler Eric
    Dewandeler Eric17 juin 2016

    Article très intéressant à lire; juste dommage pour les deux ou trois fautes d’orthographe…

  14. Lilou35
    Lilou3512 juillet 2016

    Notre planche de salut est de transformer la devise de la France « Liberté, Égalité, Fraternité en : Liberté, Fraternité, Justice. L’égalité n’est qu’un leurre, trop loin de la nature, la chasser elle revient au galop, l’inégalité est une richesse, il faut la maitriser et l’exploiter équitablement. Voila un programme de travail pour l’éducation Nationale. Cette devise est le symbole de l’exception Française qui nous fait être la risée du monde, entre autre.

  15. LE GALL
    LE GALL26 août 2016

    Vous savez d’où cela vient ? d’une salope de linguiste dont j’ai connu le neveu, Nina Catach !

  16. Rastignac
    Rastignac11 octobre 2016

    L’orthographe est liée au sens ; le sens.Une jeune pRéparatrice en pharmacie avait écrit sur le sachet qui contenait les produits commandés par un client « a payé » au lieu d »écrire « à payer ».

    Il a ainsi pu repartir… sans payer.

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