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Le vent s’essouffle dans l’emploi éolien

Manche A Vent Nul

Le vent s’essouffle dans l’emploi éolien

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Éolien : mauvaise nouvelle pour les emplois en France qui vont se concentrer en Allemagne.

La concentration des acteurs du marché de l’éolien offshore et la sortie d’Areva de ce secteur se confirme, comme le prédisaient les opposants, et certains professionnels de la branche. Mauvaise nouvelle pour les emplois en France qui vont se concentrer en Allemagne.

Quand des entreprises sont en avance sur un marché, comme Siemens (plus de 1.000 éoliennes offshore) et le géant danois Vestas, alors ceux qui sont partis trop tard, comme Areva ou Alstom, ne peuvent plus être compétitifs. Il était donc à prévoir que le marché s’adapterait aux règles économiques.

Le rachat d’Adwen/Gamesa par Siemens n’est pas une bonne nouvelle pour les opposants à l’éolien. Siemens aura les moyens financiers de développer la turbine de 8 mégawatts (MW) de puissance promise dans les appels d’offre français. Le prototype Adwen était toujours à l’étude et Areva / Gamesa n’avait pas les moyens financiers de développer à la fois la turbine de 8 MW, dont le coût de développement est d’environ 100 millions d’euros (M€), et de mettre en place son seul projet éolien offshore « Vikinger ».

Malheureusement, l’éolien offshore n’apportera presque pas d’emplois en France. Les habitants de la région qui escomptaient du travail peuvent se faire du souci. Il ne faudra pas compter sur les postes locaux de maintenance : c’est l’entreprise allemande Siemens qui en sera responsable. Les Allemands vont d’abord utiliser leurs effectifs, et ils ne formeront des « locaux » à la marge que pour des tâches subalternes. Il n’est en effet pas économiquement pertinent pour une entreprise de former quelques dizaines de personnes éparpillées ici et là. Le personnel doit être transférable, « mutualisable ».

Par ailleurs, Siemens a déjà ses outils de production et ses fournisseurs pour construire les éoliennes, et ils ne se sentiront pas obligés d’embaucher des Français. Si l’État français demande des garanties d’emplois locaux dans les accords de rachat avec Gamesa / Adwen / Areva, ce sera juste une façade rutilante pour rassurer la population et calmer les esprits.

C’est affligeant mais, en clair, il n’y a aura pas d’emplois locaux. Les élus avaient été prévenus il y a un an, mais ils ne savaient comment allait se dérouler le scénario. Maintenant, ils savent. L’éolien offshore en France sera allemand, danois, mais pas français.

Alstom sortira de l’éolien quand cette entreprise aura mené à terme les trois projets offshore français promis, à contre-cœur, au gouvernement français par General Electric lors du rachat d’Alstom Power… sauf s’ils trouvent une solution de sortie d’ici là.

Les turbines des six projets français d’éoliennes devaient être de fabrication française (trois projets avec Alstom et trois autres avec Areva). Mais maintenant, adieu la filière éolienne française et les emplois locaux avec la sortie de notre fleuron français Areva.

En revanche, les nuisances visuelles, le tourisme sacrifié, les dégâts environnementaux, les prix d’électricité en hausse, les populations divisées, et les élus décrédibilisés sont une réalité.

Et tout ça pour des projets inutiles, ruineux pour les contribuables, et… si peu d’emplois français.

Michel Gay

Illustration : manche à vent nul
  1. Maurice
    Maurice10 février 2016

    l’Eolien c est bien du vent il parait que le prix de revient d une éolienne ;sa durée de vie sa maintenance son installation :seront bien supérieur au prix de l’electricité qu’elle va fornir durant toute savie !

  2. Christophe
    Christophe12 février 2016

    Monsieur Gay,
    Il suffit de lire votre prose prolifique sur internet pour comprendre votre position sur l’éolien.
    Elle ne repose sur aucun argument, aucune réalité, aucune donnée chiffrée…
    Tous vos courriers aux plus hauts élus de la nation n’ont rien changé.
    La Légion d’honneur ne récompense par forcement les esprits.

  3. jonathan
    jonathan16 février 2016

    Je suis assez en phase avec votre article, mais la conclusion est étonnante :

    « En revanche, les nuisances visuelles, le tourisme sacrifié, les dégâts environnementaux, les prix d’électricité en hausse, les populations divisées, et les élus décrédibilisés sont une réalité. »

    Nuisance visuelle : savez-vous combien de centaines de milliers de moulins à vent existaient il y a 200 ans en France ?

    Tourisme sacrifié : d’après qui ?

    Dégâts environnementaux : voulez-vous vraiment comparer quelques mètres cubes de bétons et d’aciers avec des milliers de tonnes de déchets radioactifs pendant des centaines de milliers d’années ?

    Prix de l’électricité en hausse : j’invite les lecteurs à comparer le prix des énergies renouvelables à celui de l’électricité nucléaire. Le nucléaire est bien plus cher. Les investissements sont bien plus chers (voir les 10 milliards d’euros pour la seule centrale de Flamanville) et les couts de maintenance des vieilles centrales explosent. Ne parlons même pas des coûts de démantèlement largement sous-estimés par EDF quand on les compare aux couts estimés par les Suisses ou les Allemands. Nos enfants vont payer le prix de notre consommation actuelle d’électricité.

    Les populations divisées : en effet, il semble assez étrange de voir une opposition systématique, avec de couteux frais de justice, engagé pour les nouveaux projets éoliens. Curieusement, cette opposition est inexistante lorsqu’il s’agit de projets coopératifs, les habitants (et non les multinationales) étant les propriétaires des parcs éoliens.

    Les élus décrédibilisés : par ça … et par tout le reste de leur action politique.

    Un article intéressant, mais une conclusion complètement fausse.

    PS : je suis ingénieur dans l’industrie nucléaire.

  4. Joël
    Joël13 mai 2016

    Quand on vous annoncera qu’il va se construire une ferme de 4 éoliennes, dont la première à 315 mètres de votre maison vous aurez sans doute une autre vision sur le sujet.

    • Stytch
      Stytch21 mai 2016

      La distance minimum légale entre une habitation et une éolienne en France est de 500m.

  5. Stytch
    Stytch21 mai 2016

    Je cite « En revanche, les nuisances visuelles, le tourisme sacrifié, les dégâts environnementaux, les prix d’électricité en hausse, les populations divisées, et les élus décrédibilisés sont une réalité. »

    Vous pouvez appliquer cela au Nucléaire. Au Japon, le tourisme n’est jamais revenu à son niveau d’avant 2011. La France est le pays le plus »touristique » de la planète. Une catastrophe nucléaire aurait des conséquences encore plus dévastatrices sur l’économie française. Et le risque est monté d’un cran puisqu’on a découvert récemment que les pièces fabriquées pour cette industrie ont été vendues pendant des décennies avec des malfaçons cachées derrières des certificats de conformité falsifiés.

    Pour info (et au risque de décrédibiliser M Gay), début mai, le Portugal a tourné pendant quatre jours uniquement avec les énergies vertes. Cela prouve que c’est possible et ce n’est qu’un début.

    Une fois de plus, on constate que la France est à la traine par son refus de sortir de l’impasse nucléaire. Quel boulet !

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