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Une quatrième lignée à l’origine des européens

Origine Europeens Squelette Georgie 10000 Ans

Une quatrième lignée à l’origine des européens

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Les généticiens ont identifié une quatrième « tribu » ancestrale qui a contribué à la constitution du génome des populations européennes.

De grands mouvements de population identifiés

Crane de Yamnaya

Crane de Yamnaya

Jusqu’à présent, les scientifiques n’avaient trouvé que 3 grandes populations ancestrales à l’origine des européens : des chasseurs-cueilleurs autochtones déjà implantés en Europe, des agriculteurs en provenance du Moyen-Orient et une population venant de l’est à l’Age du Bronze. Les premiers chasseurs-cueilleurs étaient arrivés il y a 40 000 ans, juste avant l’Age Glaciaire. Il y a eu un premier mélange il y a 7000 ans, avec une population venant du Moyen-Orient, apportant dans ses « bagages » l’agriculture. Enfin, 5000 ans en arrière, à l’Age du bronze, des éleveurs appelés Yamnaya ont pénétré l’Europe occidentale en provenance de la région des steppes de l’Est (actuelle Ukraine et Russie). Les Yamnaya étaient des éleveurs de chevaux et avaient développé des compétences dans la métallurgie.

Ce sont les études des sépultures et des fossiles qui ont permis de travailler sur l’ADN ancien pour reconstruire les apports successifs des différentes populations.  Ces mêmes études avaient permis d’isoler l’ADN de la peste dans les sépultures Yamnaya, en corrélation temporelle avec un déclin de la population en Europe, ce qui a amené certains chercheurs à spéculer sur le fait que leur passage à l’ouest aurait été facilité par la propagation de la maladie.

Le peuple Yamnaya a véritablement eu un impact très important sur les populations préalablement présentes. Certaines populations actuelles du centre et du nord de l’Europe, comme les norvégiens, ont 50 % de leur ascendance directement induite par les pasteurs Yamnaya . L’échantillon d’ADN de ce groupe est présent dans presque toutes les populations du continent.

Étude d’une sépulture retrouvée dans le Caucase

Les généticiens ont donc analysé les génomes de deux chasseurs-cueilleurs trouvés en Géorgie, datés respectivement de – 13 300 et – 9 700 ans. Le corps de la première sépulture a été exhumé de la grotte de grotte Satsurblia et le deuxième, plus récent, des roches de Kotias Klde.  Les études montrent que ces anciens chasseurs Caucasiens ont participé à l’enrichissement du génome des pasteurs du Yamnaya avant que ces derniers ne partent à la conquête de l’Ouest…

Vue de l’intérieur de la grotte de Satsurblia où une sépulture humaine de plus de 13 000 ans a été découverte

Vue de l’intérieur de la grotte de Satsurblia où une sépulture humaine de plus de 13 000 ans a été découverte

« Il y avait une interrogation pour connaître les origines et les ancêtres de cette population Yamnaya » indique le Dr Andrea Manica (Université de Cambridge, département de Zoologie) co-auteur de l’étude publiée dans la revue Nature. « Nous pouvons maintenant y répondre et présenter leur mixage génétique à partir des chasseurs-cueilleurs de l’Europe de l’Est et d’une population du Caucase qui a été apparemment très longtemps isolée pendant la dernière période glaciaire ».

Pour le professeur Daniel Bradley, « C’est un nouvel élément majeur dans le puzzle des ancêtres de l’homme y compris l’influence des populations de l’Eurasie et même au-delà »

« Ceci est la première séquence d’ADN de fossiles georgiens, je suis persuadé que nous allons bientôt obtenir de nouvelles informations plus paléogénétiques de notre riche éventail de fossiles », a indiqué David Lordkipanidze (Directeur du Musée national de Géorgie), co- auteur de l’étude.

L’étude publiée dans la revue Nature Communication a réuni une équipe internationale menée par de scientifiques de l’Université de Cambridge, du Trinity College de Dublin et de l’University College de Dublin.

SourcesNatureBBC
Illustration : Squelette retrouvé dans les roches de Kotias Klde, dans l’ouest de la Géorgie. L’extraction de l’ADN dans une molaire de ce fossile a permis d’identifier la 4ème population…
  1. robur
    robur12 février 2016

    En fait, les hommes de la culture de Yamnaya (les très probables proto-indo-européens, l’article fait l’impasse sur ce point), sont eux-même issus d’un mélange précédant entre les EHG (les anciens chasseurs cueilleurs mésolithiques d’Europe de l’Est, qui étaient différents de ceux de l’Ouest qui sont appelés WHG) et les CHG (les anciens chasseurs-cueilleurs du Caucase, c’est la population nouvellement connue dont il est question ici).

    Ces CHG ont aussi connu une arrivé supplémentaire indépendante dans l’Europe du Sud-Est (Grèce, Italie du Sud), probablement tardivement, indépendamment du taux d’ascendance CHG dans Yamnaya qui est arrivés avec les invasions indo-européennes. Les trait « dinariques » qu’on trouve aussi bien Europe du sud-est que dans la race nordique sous une autres forme, proviennent probablement des CHG selon moi.

    Les Européens d’aujourd’hui sont donc composé de 4 anciennes populations ouest-eurasiennes (toutes europoïdes) actuellement connues (voire 6 si on différencie les WHG, SHG et EHG qui sont tout de même bien différenciés) qui se sont mélangés à des taux divers dans les différentes régions d’Europe.

    Mais pour simplifier, deux grands mouvements principaux sont à retenir:

    – les agriculteurs du Néolithique (les EEF), originaires d’Anatolie ou même du Croissant fertile, ils étaient très différents de la population actuelle du Proche-Orient qui a fortement changé depuis (remplacements de populations et mélanges avec de nouvelles populations très différentes). Cette ancienne population du Proche-Orient a colonisé toute l’Europe au Néolithique, en remplaçant les anciens chasseurs-cueilleurs et en se mélangeant assez peu avec eux. Les populations actuelles qui sont restés les plus proches de ces EEF sont les Européens du sud-ouest (Ibérie, sud de la France, moitié nord de l’Italie, et surtout la Sardaigne qui en est resté un isolat peu modifié depuis le Néolithique car peu impacté par les indo-européens). Les actuels populations du Proche-Orient en sont en revanche très éloignées, on peut donc dire que le Proche-Orient était autrefois peuplé de gens ressemblant aux Européens du sud-ouest dans les temps anciens, mais ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui… Les EEF étaient de type « méditerranéen ibéro-insulaire » dont les représentants qui sont restés les plus typiques sont actuellement les Sardes et une bonne partie des Espagnols.

    – Les Indo-européens, issus de la culture de Yamnaya des steppes d’Europe de l’Est. Il se sont formé à la fin du Néolithique dans la steppe par mélange entre les EHG et les CHG (voir plus haut), leurs premières arrivées importantes en Europe de l’ouest et leur mélange avec les EEF correspond aux culture de la Céramique Cordée et de la Céramique Campaniforme durant le chalcolithique. Ils se sont mélangés aux EEF partout en Europe, mais leur impact génétique est bien plus important en Europe du nord, tandis que l’Europe du sud garde aujourd’hui plus d’affinité avec les EEF. Ils sont probablement à l’origine d’une part importante des traits de la « race nordique » actuelle en Europe du nord (bien qu’en réalité sur ce point c’est beaucoup plus compliqué, car cette race semble s’être formé tardivement par sélection locale et une recombinaison des traits, durant l’age du Bronze, après le mélange des Yamnaya avec les EEF et les WHG, il serait plus judicieux de parler de proto-nordique pour Yamnaya, ils étaient plus épais et moins graciles que les nordiques actuels, et sans doute moins dépigmentés aussi, la race nordique telle qu’on la connais aujourd’hui est donc en fait une néo-race de l’age du Bronze (pas la moindre trace avant), comparé au méditerranéens ibéro-insulaires qui sont bien plus anciens).

  2. penserrendlibre
    penserrendlibre19 février 2016

    Merci pour vos précisions. Les anthropologues, contrairement à vous, ne nous donnent jamais ou très rarement les caractéristiques physiques des populations indo-européennes et des autres qui ont formé l’Europe d’aujourd’hui.
    Il reste encore beaucoup à apprendre.

  3. Minos
    Minos28 février 2016

    Une petite information que les spécialistes comme le premier auteur corrigeront ou infirmeront car je ne suis pas paléo-historien.
    Jusque récemment les Minoens (Crête, Théra, et des colonies sur les côtes ouest-méditerranéennes) étaient présentés comme : provenant d’Asie Mineure (sans plus de précision), parlant une langue apparentée au perse (quand ce n’était pas lié au phénicien).
    Or, tout récemment, il est vrai parmi les scientifiques anglo-saxons, les convictions ont totalement changé. Les Minoens seraient un « peuple européen » (sans doute pas physiquement indo-européen mais à la culture proto-européenne), qui plus est parlant une langue clairement européenne (avec quelques particularités non-indo-européenne). Du reste, le premier alphabet (le suivant étant déjà très influencé par les grec antique) utilise des signes qui s’apparentent à une langue européenne (et non un alphabet venant de la Syrie actuelle).
    Mais l’explosion du méga-volcan de Théra, suivi d’un raz de marée géant, et de l’invasion des Mycéniens (seuls a posséder encore une flotte intacte) a mis à bas cette brillante civilisation européenne. Mis à part les ruines et quelques objets, sa terrible fin a sans doute donné naissance au mythe de l’Atlantide.
    D’ailleurs les mythes grecs proviennent souvent de faits réels réinterprétés dans la mythologie (les cyclopes : les éléphants nains qui vivaient en Sicile ; Jason et les Argonautes :encore aujourd’hui, dans les hautes montagnes de Géorgie, des éleveurs étendent des peaux de mouton dans les torrents car des paillettes d’or emportées par le courant s’accrochent aux poils ; etc).

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