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Manuel Valls : notre premier ministre est-il dangereux ? L’autoritarisme compatible avec l’alarmisme ?

Manuel Valls Munich

Manuel Valls : notre premier ministre est-il dangereux ? L’autoritarisme compatible avec l’alarmisme ?

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Raoul Fougax ♦

Mais quelle mouche pique Manuel Valls ?

Le premier , pour un homme de gauche et d’ordre, donne de plus en plus une curieuse impression. Tout d’ abord, pour le parti socialiste, il devient un problème idéologique. L a gauche du parti l’a toujours détesté et dénoncé ses coups de menton mussolinien permanents. Ce qui le caractérise, c’est une indiscutable tentation d autoritarisme permanent. Manuel Valls est psychorigide et supporte mal les contradictions. Ses derniers propos à Munich vis-à-vis des migrants ne font que confirmer, pour le courant immigrationiste, que le loup est dans la bergerie. Comme si Valls s’était lancé dans une course en avant mais à droite toute.

Pour certains, depuis qu’il a eu la peau de Taubira, il laisse parler sa vraie nature et se présentera en Europe comme une sorte d’anti-Merkel. A la gauche de la gauche on le verrait bien participer à une manifestation de Pegida. C’est tout juste si on ne le compare pas à Doriot.

Ce qui est sûr,  c’est que la compassion migratoire, ce n’est pas son truc. En marge de son déplacement au sommet de Munich sur la sécurité, Manuel Valls a visité samedi 13 février, dans l’après-midi, un centre d’accueil temporaire pour réfugiés, installé dans la banlieue de la capitale bavaroise. Durant vingt-cinq petites minutes à peine, le premier ministre français a remonté les allées de cette ancienne caserne militaire reconvertie, sans s’entretenir avec un seul réfugié accueilli sur place, ni afficher la moindre empathie sur la question des migrants alors que ce dossier divise toujours les pays européens.

Au contraire, Manuel Valls a voulu envoyer sur place un signal très clair de fermeté, voire de fermeture. « Je suis venu faire passer un message d’efficacité et de fermeté », a-t-il déclaré. Un message qui peut se résumer d’une phrase selon le chef du gouvernement : « L’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».

A Munich, Manuel Valls a aussi  rappelé que Paris n’est « pas favorable » à la mise en place d’un mécanisme de répartition des migrants dans l’Union européenne, comme le propose la chancelière allemande Angela Merkel. S’il salue « la mobilisation et la capacité d’accueil des Allemands », il a également ironisé sur la position très libérale de la chancelière Merkel. « Il y a quelques mois, les médias français demandaient “où est la Merkel française?’’ ou voulaient donner le prix Nobel à la chancelière. Aujourd’hui, je constate les résultats… », a-t-il glissé vendredi soir lors d’une rencontre avec la presse française.

Pour le premier ministre, les solutions ne peuvent être qu’extra- européennes : « Les solutions sont au Levant, en Turquie, en Jordanie, en Méditerranée. » Sarkozy n’en ferait sans doute pas autant, Marine Le Pen ne pourrait en dire la moitié et une partie de la droite est séduite par ce réalisme.

Mais il y a le revers de la médaille. Notre premier ministre parait tout de même très fébrile et de façon permanente au bord de la crise de nerf. Il ne cesse d’agiter l’hypothèse du pire. Il est atteint du syndrome Aznar, emporté par un attentat non prévu et mal assumé. Il annonce donc régulièrement des attaques terroristes meurtrières et inévitables, avec perspective d utilisation d armes chimiques.

On ne peut pas dire qu’il soit rassurant, cet homme là est anxiogène. S’il est lucide il exprime ses certitudes dans un vocabulaire qui attise les craintes. Peut-on rassurer quand on est alarmiste… le parapluie politique n’est pas une stratégie, même si le réalisme, sans sensiblerie, en est une. Valls est un paradoxe.

Manuel Valls est-il dangereux ? Au Ps on est nombreux à le penser et à droite aussi, mais pas bien sûr pour les mêmes raisons.

Raoul Fougax

  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier15 février 2016

    Mais, votre (excellent) article est de nature à faire remonter Valls – colérique, certes, mais Napoléon Ier, Clemenceau et de Gaulle l’était autant ! – dans l’estime des patriotes européens !

    Soit, ceux qui pensent que l’unique problème préoccupant, avant même le chômage – dont on n’inversera le cours qu’en sortant du carcan libre-échangiste -, est l’immigration-invasion africaine, proche- et moyen-orientales, musulmane ou non, de notre continent avec son double risque : de substitution de population dominante (accessoirement de métissage qui, s’il donne parfois de bons spécimens isolés, demeure un risque supplémentaire) et de conversions de paumés européens à la barbarie musulmane, qui nous ramènerait à la pire époque du fanatisme médiéval et des guerres de religion.
    Valls a raison : pourquoi importer des populations entières en une époque de chômage massif ? Pourquoi importer l’islam ? Pourquoi importer le racisme exotique… nous avons déjà assez à faire pour gérer le nôtre !

    Effectivement, c’est un homme dépourvu de compassion… il fait une moyenne avec un pape démagogue qui estime que nous devons accueillir toujours plus d’extra-européens !
    Ceci n’est qu’une opinion toute personnelle.

  2. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier15 février 2016

    Commentaire incomplet, pardon !
    Valls anxiogène, certes, mais il a PLEINEMENT RAISON !
    – le risque d’attentats aux produits chimiques (faciles à préparer pour les produits chlorés ou les dérivés du parathion ; faciles à transporter, moins faciles à manipuler dans la 1ère phase de l’attentat… mais, après tout, un Djihadiste c’est fait pour mourir pour sa foi) ne saurait être minimisé
    – pourquoi serait-il rassurant : des milliers d’endormeurs le sont (les clowns des media conformistes, les immigrationnistes de tous poils – des évêques à Mélanchon !). Étant premier ministre – et n’ayant pas fait grand chose jusqu’ici -, peut-être est-il conscient de ses écrasantes responsabilités
    – car, enfin, il est mieux placé que quiconque pour savoir que « l’état d’urgence » n’en est pas un, que notre aéronavale s’est ridiculisée en Méditerranée orientale, que nos services de renseignements n’ont guère brillé dans la prévention des attentats, que notre service action a été plutôt nul dans la traque des auteurs (l’analyse balistique de la célèbre action du Raid en région parisienne est risible, hélas !), que nos frontières sont des passoires et que nos voisins allemands et belges sont devenus des collaborateurs de l’invasion etc… la liste n’est pas exhaustive.
    Alors, si Valls n’est pas une andouille, s’il n’est pas un veau, s’il a un minimum de conscience, je comprends qu’il soit fébrile et agité.
    Je préfère cette agitation à la mollesse actuelle du FN, où l’on parle de stratégie politique alors que la « baraque France « est en flammes.
    « Réalisme et pas de sensiblerie », mais c’est ce que l’on attend d’un chef quand tout va très mal.
    En fait, votre article est excellent si on le lit sur un mode positif et non en critiquant le sujet !

  3. zabloo
    zabloo16 février 2016

    Valls dit tout haut ce qu ‘une proportion grandissantede la population pense tout bas. C est une réalité.
    La politique » idéaliste » d un monde multiculturel imposé cette vision nous conduit tout droit à la catastrophe.

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