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Affaire Aurier, PSG et Foot Fric : l’obscène prix du silence

Foot Fric

Affaire Aurier, PSG et Foot Fric : l’obscène prix du silence

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Jean Ansar ♦

Le foot fric, hélas, n’émeut pas les chômeurs et les smicards.

En France quand on gagne beaucoup d’argent, on est présumé malhonnête et on est en tout cas détesté. Il y a tout de même une exception notable. Les footeux.

Ceux qui n’arrivent pas ou ont du mal à nourrir leurs familles et qui sont payés le minimum par un système financier impitoyable, ne s’indignent pas de voir des joueurs gagner ,en un an ou parfois un mois quand ce n’est pas un jour, ce que jamais ils ne gagneront dans une vie souvent bien plus utile.

Cette acceptation d’une aberration financière par le peuple des spectateurs et des supporters peut étonner et même indigner. C’est révélateur en tout cas d’une manipulation réussie pour aboutir à une acceptation paradoxale.

Les footballeurs n’ont plus le sens de rien – certains d’entre eux en tout cas. Ils se prennent pour des demi-dieux à qui tout est permis et n’ont plus aucune valeur de l’argent. Quand on n’a pas d’éducation, avoir tout ce qu’on veut, être idolâtré, ça monte au cerveau. Les incivilités, les dérapages, les violences se multiplient donc au cœur de cet état dans l’état, de ce petit monde. C’est bien sur révélateur d’une société dont les valeurs sont polluées par le fric.

L’importance donnée à quelques insultes sur un réseau social par un joueur en apporte une nouvelle illustration. Indignation, surtout que ce joueur a osé toucher au tabou de l’homophobie verbale. Il est cuit. Mais franchement, on s’en fout.

Cette affaire permet de découvrir quelque chose qui frise à l’obscénité médiatico- financière.

On apprend que les joueurs qui n’auraient pas dit de « conneries » pendant une saison touchent une somme pour les récompenser de 160.000 euros. Ce prix du silence est stupéfiant. « C’est pas parce qu’on a rien a dire qu’ il faut fermer sa gueule » sauf lorsque fermer sa gueule rapporte autant.

Ces gens qui gagnent des fortunes dans un système qui consiste à faire du fric en se présentant comme une valeur morale pour la jeunesse sont des exemples de ce que sont devenues la république et les démocraties.

Le pactole reçu pour la fermer montre à quel point la connivence est grande avec le monde médiatique, trésorier payeur du foot. Médias et football sont deux mamelles de l’oligarchie dégénérée qui nous gouverne.

Du pain et des jeux – certes mais avec le fric en plus… et aujourd’hui les jeux font oublier le manque de pain.

Á quand une révolte des populaires dans les gradins ? Jamais sans doute. Et c’est bien inquiétant.

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