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Le Pape François à Mexico : de nouveaux ennuis pour le peuple ?

Le Pape à Mexico 1

Le Pape François à Mexico : de nouveaux ennuis pour le peuple ?

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Auran Derien, universitaire ♦

L’Église catholique n’a pas de patrie. Ceux qui en doutaient en France l’ont compris en 1926, avec l’excommunication de l’Action Française, qui constitua le tournant de l’entre-deux-guerres et sonna le glas de la paix en Europe ; par la faute des gens d’Église.

Comme l’Action Française remportait des victoires, en mai 1925 le gouvernement interdit le cortège de Jeanne d’Arc. Cependant, cinquante mille personnes défilèrent pendant trois heures. Devant les crimes commis à l’époque par les ministres de l’État français, il fallut que Charles Maurras intervienne en menaçant Abraham Schrameck d’être “tué comme un chien” si un autre de ses militants était massacré. Mais, parallèlement, le Pape Leon XIII avait fait une obligation morale aux catholiques de devenir républicains et Pie XI sanctionna ceux qui participaient au mouvement patriote et monarchiste.

Les agitateurs salués

Le Pape actuel, visitant Mexico, a prévu de se rendre à San Cristobal de las Casas pour fleurir la tombe de l’Evêque Samuel Ruiz García, dont le rôle dans la théologie de la libération, le zapatisme et les efforts séparatistes ont tant affecté le pays. La décision obéit à une politique vaticane bien précise puisque, dès son intronisation,  le Pape a réhabilité l’agitateur théologien brésilien Leonardo Boff que ses prédécesseurs (Juan Pablo II, Ratzinger) avaient condamné pour non-conformité avec la doctrine chrétienne. Boff était accusé de ramener la doctrine de l’Eglise à un vulgaire discours marxiste. Depuis, il semble que le Pape Bergoglio pousse à la reviviscence de cette propagande de luttes de classes, destructrice des États, quoiqu’elle soit de sinistre mémoire. La justice sociale, ou la doctrine sociale de l’Eglise n’ont pourtant rien à voir avec le modèle socialiste de Marx.

Lorsque l’Eglise s’est occupée de protéger et propager la théologie de la libération, des puissances étrangères mêlèrent leurs agents aux agitateurs. Chaque fois, le séparatisme était à l’ordre du jour, notamment au Chiapas en 1994. Cet État du Mexique dispose d’un potentiel minier attrayant que les mafias globalitaires habituelles aimeraient coiffer. Les efforts de quelques cardinaux pour endiguer la dérive vers la lutte de classes marxistes furent à l’origine d’assassinats peu clairs. Par exemple, le cardinal Posadas Ocampo, hostile à Samuel Ruiz, fut assassiné en 1993 à l’aéroport de Guadalajara (Etat de Jalisco).

Ainsi, la visite du Pape dans l’Etat du Chiapas, ses bénédictions aux théologiens de la libération sexuelle (l’agenda LGTB) ont peu de chance d’apporter une contribution positive à l’harmonie sociale du pays.

Et le financement ?

Du voyage, il en restera quelque argent. La conférence des Évêques de Mexico a organisé une collecte auprès des fidèles, durant le mois de février, au motif de la visite papale. La justification officielle affirme qu’il convient de payer les frais de séjour du Souverain Pontife. Or, chacun sait que le Pape a été invité, de sorte que le gouvernement mexicain finance le déplacement et assure la protection. L’hébergement, la nourriture sont couverts par la structure ecclésiastique (l’Ambassade du Vatican à Mexico). Son entourage (escorte, secrétaires, fonctionnaires du Vatican) voit ses frais payés par les différents droits de transmission que versent les médias. De plus, le fournisseur de téléphones portables aux envahisseurs de l’Europe, le trafiquant Carlos Slim, financera une partie de la visite à travers le conglomérat qu’il contrôle officiellement. Le coordinateur de l’Episcopat Mexicain a précisé que les entreprises Aéromexico, Chrysler et la banque Banorte offraient aussi divers services : transport (Aéromexico et Chrysler) ; sons, lumières et écrans pour Banorte. Finalement, à quoi bon organiser cette collecte ? Il semble que la parole du Pape, demandant une Eglise pauvre pour les pauvres ne soit pas très écoutée.

Des attitudes qui se répètent

De la trahison des catholiques français avec la condamnation de l’Action française, à la trahison de Cristeros mexicains par des négociations avec Plutarque Calles en 1929, la stratégie de la pince se maintient. Sus aux patriotes de tous les pays! Vive l’internationale du capital d’un côté (les criminels en col blanc de l’oligarchie globalitaire) et l’internationale du prolétariat de l’autre, avec appui aux agitateurs de la théologie de la libération qui, en réalité ne libèrent de rien mais enchaînent à l’internationale du capital.

On ne se méfie jamais assez des sectes monothéistes….

Illustration : une banderole pour l’accueil du Pape François à Mexico
  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier17 février 2016

    Féroce, mais excellent sur tous les points… et pendant qu’Auran Derien y était, il aurait pu signaler les connexions très bizarres des finances pontificales sous Paul VI et Jean-Paul II avec les puissances de Mammon
    La très curieuse démission de Benoît XVI n’aurait-elle pas une relation très étroite avec la guerre qu’il a menée & perdue contre les financiers en soutane de toutes les couleurs ?.Le pape-jésuite actuel, si prompt à reprocher aux Européens de ne pas se tiers-mondiser davantage, ne fut pas le dernier à s’opposer au pape germanique.
    Excellent, on en redemande

  2. Firmin Bellovaque
    Firmin Bellovaque18 février 2016

    Très bonne analyse,…sauf les mots de la fin: malheureux , inutiles, .

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