Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Le danger pour le FN a un nom : Florian Philippot

Florian Phiippot Marinelepen

Le danger pour le FN a un nom : Florian Philippot

Télécharger en PDF et imprimer

Guillaume Faye, essayiste ♦

La raison majeure pour laquelle le FN, en dépit de ses scores électoraux, se heurte à un ”plafond de verre” qui l’empêche d’être majoritaire, c’est son programme économique étatiste, socialisant et rétrograde, ainsi que ses positions irréfléchies sur l’euro. Ce programme est l’œuvre de Florian Philippot.

Il ampute le FN, dans les seconds tours de scrutin, des voix d’un électorat des classes moyennes travaillant dans le secteur marchand, commerçant ou libéral privé. De plus, il crée au sein du FN lui-même un risque de crise et d’explosion qui lui serait fatal.

Marine Le Pen sous influence ?

Au cours d’un récent séminaire interne des cadres du FN qui fut très tendu, on a pu voir une opposition entre la ligne socio-économique défendue par Marine Le Pen et son mentor ”subordonné”, Florian Philippot, et celle d’autres cadres du parti, plutôt majoritaires. Mais ces derniers ont décidé de ne pas créer de conflit, pour éviter le scénario de scission, qui avait été vécu avec le MNR. Néanmoins, tout le monde a saisi que Florian Philippot avait imposé sa ligne.

Avant ce séminaire interne de mise au point, Louis Aliot avait déclaré au Figaro (20/01/2016) qu’il souhaitait « que le Front national [en] sorte avec un changement important, visible de la population », autrement dit qu’il amende son programme socio–économique. Visiblement, il n’a pas été entendu. La ligne ”libérale”, pro–entreprises, pro–emplois, défendue par Louis Aliot et Marion Maréchal–Le Pen, a dû s’incliner devant le programme socialo–étatiste imposé par M. Philippot. Sous sa force apparente, autoritaire et décidée, la présidente du Front national est-elle sous l’influence de son second ? Elle a précisé qu’il n’en était rien, que c’est elle qui décidait du programme. CQFD.

Le syndrome Diafoirus : le dogme d’abord, le réel ensuite

À la suite de l’annonce par le gouvernement du plan – assez timide, très insuffisant et qui sera évidemment édulcoré – de simplification du Code du Travail présenté par la nouvelle ministre Myriam El Komri, Florian Philippot, a déclaré : « on détricote le pacte social français et on demande à une jeune ministre un peu innocente de porter un projet beaucoup moins innocent qui nous ramène, sous certains aspects, au XIXe siècle ». Ces propos auraient parfaitement pu être tenus par Mélenchon, Montebourg, le PC ou l’aile gauche frondeuse du PS. Et d’ailleurs, ils le sont.

Mais ce ”pacte social français”, machine à chômage, à matraquage fiscal, à décompétitivité, à fuite des investisseurs et des forces vives, à déficits abyssaux, catastrophe sociale et économique, c’est précisemment lui qui est inspiré par l’idéologie socialiste issue du XIXe siècle abandonnée dans toute l’Europe. Sauf par la France et le gouvernement grec – dont MLP a fait l’éloge – avec les brillants résultats que l’on sait.

Rappelons que le ”modèle social français” (socialiste, en réalité) a multiplié le chômage par 15 depuis 1974. Record mondial. Mais M. Philippot, adepte des anciens dogmes idéologiques qui ne fonctionnent pas, déteste le ”libéralisme”, sans comprendre et sans savoir ce que ce terme signifie. Sa formation d’énarque n’y est pas pour rien.
Florian Philippot se réclame devant tous les médias du ”gaullisme”, de manière d’ailleurs un peu trop voyante pour être sincère. Il ignore sans doute que le programme économique de De Gaulle, inspiré par Rueff, n’avait rigoureusement rien à voir avec ce qu’il préconise.

Les trois hypothèses concernant M. Philippot

Une première hypothèse est que M. Philippot est un agent du système, en service commandé, téléguidé pour neutraliser le FN, le gauchiser, le normaliser, le neutraliser, l’affadir, de sorte qu’il ne représente plus une puissance de séduction révolutionnaire. En échange de récompenses. C’est l’opinion de plusieurs cadres du FN que j’ai rencontrés.

La seconde hypothèse est que M. Philippot veut faire une carrière en utilisant un FN à sa botte, banalisé, comme une sorte de parti acceptable par le système, à l’étiquette floue, vaguement ”gaulliste”, vaguement ”patriote”, vaguement ”social”.

La troisième hypothèse est que Florian Philippot croit vraiment à ce qu’il raconte, c’est-à-dire à l’idéologie du Ceres, ce cercle de réflexion socialiste créé jadis par Jean–Pierre Chevènement, homme politique dont il fut proche mais qu’il a quitté parce que le mini-parti de ce dernier était sans perspective pour un jeune politicien ambitieux.

De ces trois hypothèses, la première (théorie du complot) semble peu crédible et les deux autres beaucoup plus ; Marine Le Pen serait alors une victime, à la personnalité certes très forte mais manipulée par un machiavélien qui la fascine et a su la convaincre.

Une stratégie perdante

Les thèmes centraux de l’invasion migratoire, de l’islamisation ne sont pas très présents dans les discours de M. Philippot. Pourtant très porteurs électoralement, ils ne correspondent pas nécessairement à ses idées profondes. De même, la communication du FN se porte principalement sur une violente critique de l’Union européenne et de Bruxelles. Fort bien. Les arguments sont souvent très pertinents. Mais des axes, autrement plus porteurs et proches des préoccupations de l’électorat, comme le laxisme judiciaire, la criminalité, la dégradation de l’enseignement public, passent au second plan et sont mis en sourdine. C’est un mauvais calcul.

Alors que la ”dédiabolisation” du FN par Marine Le Pen avait parfaitement réussi en débarrassant ce parti de références inacceptables pour l’électorat, voilà que M. Philippot lui donne une orientation socialo–étatiste au moment même où cette dernière est de plus en plus rejetée par l’opinion.

Le discours actuel du FN, imposé par M. Philippot, sur l’euro, les retraites, les finances publiques, l’étatisme, etc tient à distance les électeurs des Républicains, qui sont la réserve de voix du FN. D’où un affaiblissement stratégique : car il sera facile au candidat des Républicains de muscler son discours sur l’immigration, qui est la ligne de force de communication du FN.

Le problème est que M. Philippot se révèle être à la fois un excellent tacticien d’appareil au sein du FN, qu’il a réussi à contrôler, mais un stratège amateur pour une conquête du pouvoir. Il ne suffit pas de faire le malin pour l’être…La ligne programmatique socialo-étatiste qu’il a choisie, conjuguée avec un discours de sortie de l’euro mal ficelé, risque d’assécher la base électorale du FN.

Sans compter le risque d’une scission au sein de ce parti, (pour ou contre la ligne Philippot) qui n’est pas à écarter et qui lui serait fatal. M. Florian Philippot n’est pas forcément la bonne carte à jouer pour le Front national. La politique, c’est comme le poker : il faut abattre le bon jeu.

Blog de Guillaume Faye
  1. vince
    vince22 février 2016

    Cet article illustre parfaitement ce pourquoi je n’écoute plus les journalistes.. Au contraire, cet article est finalement plutôt flatteur pour Mr Philippot, qui semble gêner la caste politico-médialtique consanguine en place !

  2. Fredal
    Fredal22 février 2016

    Pas d’accord avec cette analyse :
    Faut voir l’élan et le saut qu’a fait le FN depuis l’arrivée de Philippot et MLP est suffisamment finaude pour piocher ce dont elle a envie et trouver le juste équilibre. Je trouve au contraire que ces 2 font un tandem exceptionnel et se complètent parfaitement.

    • GERARD
      GERARD25 avril 2016

      Bien d » accord avec vous , la seule possibilité de crever le plafond en question c’ est justement lui !

  3. SIMON
    SIMON22 février 2016

    cet article respire la haine

    • Jean-Pierre Toni
      Jean-Pierre Toni23 février 2016

      La Rédaction : Nous n’avons trouvé aucune haine dans cet article. Il s’agit d’un article certes critique, avec des éléments d’analyse que nous ne pouvions ignorer et qu’il nous a semblé utile de faire connaitre à l’ensemble de nos lecteurs. Ces critiques sont d’ailleurs partagées par des militants et sympathisants du FN ainsi d’ailleurs, sans doute « mezzo voce » par des responsables nationaux. D’ailleurs, les thèmes abordés lors des dernières campagnes régionales dans le Nord ou dans le Sud-est reflétaient ce problème. Nous précisons que METAMAG est une revue d’esprit critique et non un site de parti. METAMAG a publié de nombreux articles sur l’apport positif du FN au débat politique. Critique n’est pas haine.

      • Julien
        Julien16 mars 2016

        Bien répondu la Rédaction. Ce « SIMON » dit n’importa quoi!!!

  4. kralgral
    kralgral23 février 2016

    Finalement, les thèmes les plus porteurs du F.N. (électoralement parlant), seront peu à peu repris par la classe politique ( « droitisation de la société » ! ) et ne restera au F.N. que les noyaux du fruit, l’Europe et l’économie. On peut appeler ça : siphonnage des idées utiles…
    Tout rentrera alors dans l’ordre, et l’on pourra à nouveaux reprendre le jeu à deux bandes…………à toi, à moi……….

  5. Hauteribes
    Hauteribes24 février 2016

    Faye a tout compris : le plafond de verre, ce n’est pas le barrage UMPS, c’est Philippot !

  6. Eiche
    Eiche24 février 2016

    Si le chomage a explosé depuis, ce n’est pas à cause de ce pacte social ou d’une France étatique mais bien plutôt la conséquence d’un abandon de la France aux thèses libérales (libre échange, loi Pompidou-Giscard-Rothschild, immigration comme armée de réserve du capital, évasion fiscale des multinationales…).

    Je ne dis pas que des aménagements du CT ne seraient pas souhaitables pour les TPE/PME mais en restraignant l’accès du système social aux seuls nationaux, en appliquant une vraie TVA sociale et en faisant vraiment payer leurs impôts aux multinationales le pacte social serait un peu plus supportable.

    On peut être de droite nationale et authentiquement social. Maintenant reste à savoir où sont les réserves de voix…

    Même libéral, je crains que les affairistes apatrides et socialo-umpistes ne metteront jamais un bulletin FN (sauf contre un plus grand mal type PC; et encore).

  7. non-a-l'euro
    non-a-l'euro28 février 2016

    Je suis globalement d’accord avec l »article (avec des nuances)..
    Mais, pour me placer sur un autre plan, je livre quelques faits qui méritent réflexion :
    – l' »horreur du code du travail français » dont n’arrête pas de se lamenter le patronat, à commencer par les mondialistes-CAC 40 du MEDEF (subventionné par vos impôts comme les autres syndicats « représentatifs »). Je suis désolé mais il protège un tant soit peu les salariés du privé (les fonctionaires étant un des nombreux héritages néfastes de Napoléon 1er qui a copié le mandarinat de la Chine impériale … On sait comment cela a fini). Mais il avait déjà été gravement atteint par la « rupture conventionnelle ». Dans l’idéal, le patron et le salarié se quittent d’un commun accord. Dans les faits, je connais une multitude de cas où c’est le patron qui l’impose au salarié dont il souhaite se séparer (après des objectifs inatteignables, des pressions, des mises au placard, etc … pour forcer le salarié à signer).
    Avec la loi préparée par les socialo-mindialistes, ce sera encore plus facile. Je vous renvoie au projet de loi (même un spécialiste a dit qu’il était difficile à lire …) pour ne pas être trop long.
    – deuxième (et dernière idée) : est-ce que à votre avis le Royaume-Uni, le Danemark, et la Suède sont des pays sous-développés ? Réponse : non ces membres de l’Union européenne ne le sont pas. Pourtant, ils ont un point commun : ils n’utilisent pas l’euro et s’en portent fort bien.
    Il y a aussi le cas de la Norvège et de la Suisse. Plus au nord, le gouvernement islandais (après la faillite retentissante des trois grandes banques du pays qui avaient cru être les crapauds devenus boeufs comme dans la fable) a décidé il y a quelques mois (cf. l’article de Métamag sur ce pays) de refuser à la fois l’entrée dans l’UE et son euro.
    Quant à la Finlande, elle l’a adopté à contre-coeur pour une seule raison : s’ancrer le plus possible à un ensemble ouest-européen car le voisinage russe a toujours inquiété les Finlandais depuis leur indépendance en 1917. Enfin, le Royaume-Uni pourrait quitter l’UE dans quatre mois (tiens, je croyais que c’était impossible « car pas prévu par les traités » ….).
    Comme quoi, on peut se passer de l’euro et être à la fois européen et prospère. Evidemment, les « spécialistes » du Système ne veulent surtout pas évoquer cette possibilité pourtant concrète.
    Mr Faye aurait du y réfléchir (une faiblesse de son argumentation, donc de son article) avant de répéter bêtement le mensonge du régime (et ceux de pays voisins).

  8. jerome06
    jerome065 mars 2016

    Je suis d’accord avec l’article de M. FAYE.
    Même si je suis contre l’euro, je trouve simpliste et dangereux de faire de la sortie de l’euro une priorité. Cette sortie annoncée fait peur à bon nombre d’électeurs potentiels du FN. Cela ne peut en effet se faire d’un coup mais doit être pensé et mis en oeuvre dans le temps et en concertation avec ceux qui sont, qu’on le veuille ou non, nos partenaires économiques.
    Si Marion Maréchal Le Pen est pour la sortie de l’euro elle n’en fait pas sa priorité ni entend se précipiter et faire n’importe quoi.
    La ligne de M. Philippot est effectivement néfaste à la croissance du FN et fait une part trop importante au social.
    Hors le social mis en oeuvre par la droite et la gauche depuis toujours ne marche pas. C’est l’économie qui peut sauver le social et non le contraire.
    La réforme proposée du code du travail ne va pas dans le sens d’une atteinte aux droits des travailleurs. Elle va dans le sens de l’entreprise et du travailleur pour que la première n’ait plus peur du second et permettre à celui-ci d’être engagé avec un CDI plutôt qu’un CDD de quelques mois.
    Il faut prendre l’exemple là où cela marche (Angleterre, USA), où le chômage est en dessous de 5% au lieu de s’enfermer dans nos dogmes sociaux. Le monde bouge, nous devons évoluer car sinon avec la perte inéluctable du système social actuel à la française ce sera également la perte de la France et des Français.

    • Claude Berger
      Claude Berger26 mars 2016

      Voilà une bonne analyse qui dénonce le jeu de M. Philippot, à qui Mme Le Pen est très attachée. Il lui permet de se rendre sur tous les plateaux de télé et d’y débiter des fadaises. On voit bien que cette brave fille n’a qu’une petite envergure, loin de celle de son père, qu’elle a chassé. Le FN, non édulcoré par Marine, avait des accents révolutionnaires, qui effraient évidemment les Français, braves gens qui souhaitent un changement de politique, mais pas trop, un chouia de plus par-ci, un chouia de moins par-là, mais surtout pas de bouleversement. La fifille l’a bien compris qui en a fait un parti comme les autres. Et vogue le petit, très petit bateau…

  9. Castelmore
    Castelmore1 avril 2016

    Merci de me servir ma dose quotidienne de catéchisme libéral, metamag.

Répondre