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Un grand petit livre sur la stratégie

Bréviaire Stratégique Ed Du Rocher

Un grand petit livre sur la stratégie

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Pierre Le Vigan, urbaniste, écrivain, essayiste ♦

Pierre Le Vigan est un historien des idées. Ses réflexions portent sur une critique radicale du capitalisme. Il est l’auteur de nombreux écrits sur l’histoire des idées et la philosophie. Il a notamment publié , Inventaire de la modernité avant liquidation (2007), Le Malaise est dans l’homme, La Banlieue contre la Ville (2011), L’effacement du politique. Philosophie politique et genèse de l’impuissance politique de l’Europe (2014) et Soudain la postmodernité (2015) aux éditions La barque d’or.

La guerre prend, dans notre temps, des formes différentes de celles du passé. Mais elle ne perd pas pour autant ses spécificités.

Bréviaire stratégique-couv-Ed du RocherN’importe quelle violence n’est pas la guerre, même si on connait peu de guerre non violente. Le terrorisme tue comme la guerre mais n’est pas la même chose. Le regretté Hervé Coutau-Bégarie, trop tôt disparu, qui fut notamment enseignant à l’École de guerre a regroupé dans un petit livre en 555 points et 10 chapitres un certain nombre d’observations nourries bien sûr de l’histoire militaire, diplomatique et stratégique. La guerre vise à vaincre, contenir ou rallier un adversaire.

La préface, elle aussi remarquable – alors que tant de préface sont de complaisance – d’Olivier Zajec le dit : Coutau-Bégarie était « inspiré » au sens de Simone Weil. Du niveau d’un Lucien Poirer, HCB aimait à citer plutôt que de se mettre en avant. D’une rigueur stylistique à la Schopenhauer, HCB n’aimait pas les concepts flous. Exemple : la stratégie pure ne concerne que le conflit violent. Parler de stratégie économique n’est pas illégitime mais c’est un sens faible du terme stratégie. HCB était l’homme des grandes clarifications intellectuelles. Comparatiste des stratégies il savait que le kairos (l’opportunité, l’occasion, le hasard) ne perd jamais ses droits. Si l’avenir se prépare, il n’est écrit nulle part.

« Les mots sont comme les hommes, ils ne valent qu’autant qu’ils sont à leur juste place » disait Rivarol. Dans le livre de Coutau-Bégarie, tout est à sa juste place.

Hervé Coutau-Bégarie, Bréviaire stratégique, éditions du Rocher, 136 pages, 12 €

 

  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier25 février 2016

    Navré d’apporter la contradiction à Mr Le Vigan que j’apprécie fort, mais le terrorisme est une forme – très efficace – de guerre. Il a pour but de rallier par la contrainte des populations entières… et cela marche si on offre en contrepartie une foi
    – l’exemple du communisme est trop connu pour être repris
    – au XIVe Siècle, Tamerlan – grand stratège, puisqu’il fut invaincu en plus de 30 années de guerres – usait du génocide de terreur. Lorsqu’il partait conquérir un royaume, il prenait d’assaut une grande cité, exterminait tous ses habitants, sauf une poignée d’épargnés envoyés raconter ce qu’ils avaient vu aux bonnes gens des cités voisines. Les caravaniers -, touristes et journalistes de l’époque -, racontaient également l’effet que leur avait procuré les pyramides de têtes coupées que ce bon Ouzbek sunnite faisait édifier… et, à bas coût pour ses troupes, il devenait roi du territoire.

    De nos jours, il est probable que la recrudescence de l’islam, dans des zones intellectuellement sinistrées, soit liée à la frousse, la peur, bref la terreur exercée par les fous d’Allah, les djihadistes.
    Bref, il est – pour moi, du moins – évident que la Terreur peut être un moyen super-efficace de guerre civile ou étrangère… avec des résultats non-permanents (mais aucun régime n’est très durable s’il n’utilise la force… on va encore me raconter que les Romains, adorant Vénus, étaient de délicats poètes, alors que du 2e siècle avant JC au IIIe siècle après JC ils dominèrent parce que leurs armées étaient les meilleures et que leur justice au criminel ou en matière d’insurrection était expéditive)
    La Terreur, ça marche… et infiniment mieux que la douceur ! La Terreur et la guerre, c’est tout un et c’est surtout inscrit à notre menu quasi-annuel.
    Très cordialement

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