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La décadence et le suicide d’une civilisation

Civilisation Mortelle

La décadence et le suicide d’une civilisation

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Dr Bernard Plouvier, auteur, essayiste ♦

Le sens de l’honneur s’accommode mal des périodes de décadence, durant lesquelles il s’évanouit chez les médiocres qui, partout et toujours, forment la majorité des populations. Cet affadissement moral fait entrer la vie publique et privée en état de pourrissement. L’on perçoit alors les stigmates de décomposition sociale : encouragement au parasitisme social, prime électorale aux plats démagogues, impunité offerte aux canailles (escrocs, voleurs et vandales), aux crapules (violeurs, assassins et débauchés) et aux fous furieux (fanatiques criminels, religieux ou politiques, sociopathes et psychopathes dangereux).

Un enrichissement progressif des travailleurs, permettant une consommation en biens et en services inconnue des générations précédentes, joint à une longue paix, ne peut qu’amollir les populations et provoquer cette dégénérescence morale. On l’a constaté du IIe au IVe siècles dans l’Empire romain, en France durant les années 1760-1788 juste après l’apogée du très court et très factice Siècle des Lumières, ou encore en Europe occidentale et en Amérique du Nord, des Golden sixties (les années 1960) à nos jours.

En outre, une philosophie dominante optimiste, douce, généreuse et délicieusement hypocrite (comme ce fut le cas pour ces trois périodes), c’est-à-dire une façon typiquement féminine d’envisager la vie sociale, ne peut – sous prétexte de diminuer la brutalité des mœurs – que déviriliser la société.

C’est très exactement ce que les nations d’Occident vivent de nos jours. Et cela permet, naturellement, l’expansion des options inverses, conquérantes, mâles par essence, dont la musulmane est la plus nocive, puisqu’entachée de fanatisme religieux et d’obscurantisme. Ce n’est certes pas la première fois, dans l’histoire humaine, qu’une collectivité sous-douée, retardataire et misonéiste, menace ses concurrentes, infiniment plus évoluées, mais en pleine déliquescence morale. À chaque épisode de ce type, l’on voit une partie de l’humanité plonger pour plusieurs décennies dans le chaos : après l’ignominie marxiste, l’abêtissement islamique serait le pire choix possible pour la race européenne.

L’histoire le démontre abondamment, à ces périodes molles et corrompues de décadence progressivement accélérée, succède un ébranlement majeur : révolution, guerre civile ou étrangère. Les millésimes 1792 et 1914 ont permis de révéler au monde, et d’abord à elle-même, une génération de Français héroïques. En Allemagne, l’épopée militaire des années 1939-1945 – la plus grandiose démonstration d’art guerrier de tous les temps – a suivi l’époque veule, minable, corrompue et débauchée du Reich de Weimar.

L’ère actuelle, associant des bouleversements sociaux inédits – chômage de masse de très longue durée, invasion musulmane en Occident, l’un et l’autre étant planifiés par les nouveaux maîtres – et un rythme accéléré en matière d’innovations morales et techniques, est favorable à l’éclosion d’états dépressifs ou à l’expression des sujets délirants chroniques. Tout individu qui se sent dépassé par les événements, dans son activité professionnelle et/ou dans sa vie de famille, souffre d’une grave altération de son narcissisme, comme disent les savants « psy ». En clair, le sujet ne parvient plus à conserver l’estime de soi, sauf à s’emmurer dans le déni de la réalité ou à s’abîmer dans l’angoisse.

Ainsi exposé à l’isolement émotionnel, l’individu réagit de façon programmée par sa personnalité : caractérielle ou dépressive. Dans le premier cas, sa rage explose et provoque quelques dégâts d’intensité et de réversibilité variables, et la vox populi, depuis la domestication de l’électricité, emploie le verbe « disjoncter » ou l’expression « péter les plombs », assez bien adaptés à la situation. Dans le second cas, la dévalorisation intense provoque une anxiété majeure et une inhibition (soit une considérable diminution de l’initiative et de l’élan vital), et l’on parle, cette fois-ci à tort, de « stress », alors que la seule expression juste est celle de « dépression psychique ».

La grande différence entre l’époque actuelle et les siècles précédents tient au mécanisme de la névrose liée à l’environnement. Il ne s’agit plus de la transgression de tabous sexuels, dont la Grande Guerre assura le début de l’anéantissement, mais d’un sentiment d’impuissance personnelle face à une évolution trop rapide, moins des techniques d’ailleurs, que des mentalités.

L’innovation technique est facilement maîtrisable et domesticable par n’importe quel être moyennement doué, au prix d’un apprentissage plus ou moins long. Le bouleversement des valeurs publiquement honorées, la désaffection pour certaines d’entre elles autrefois jugées fondamentales, et la promotion d’autres, auparavant méprisées, créent une désorientation morale, une sensation de vide, bien plus redoutables que la banale angoisse existentielle qu’éprouve n’importe qui, sauf le crétin congénital ou le dément profond.

Les pitres des medias insistent sur les « cadences de travail » et on les comprend. C’est une façon commode pour eux de s’exonérer de toute responsabilité. Jamais, dans toute l’histoire humaine, l’on n’a aussi rapidement tenté de détruire l’impact sur le public d’autant de valeurs morales et promu autant de non-valeurs que depuis la farce alcoolo-sexuelle de 1968 et des quatre décennies suivantes, en cet Occident, autrefois civilisateur et devenu écœurant de veulerie et de bassesse. Il était pourtant inévitable, et hautement prévisible, que la destruction systématique des fondements de la société occidentale ferait des ravages chez les sujets enracinés dans l’observance obsessionnelle des valeurs enseignées par des parents ou des éducateurs profondément respectés.

C’est en ce sens que les crétins amoraux des années 1960 auraient dû être exterminés avant de pouvoir nuire à grande échelle, mais ces immondes personnages étaient les rejetons pourris de « l’élite » des milieux, sots, avides et corrompus, des affaires, de la politique et des medias. La société occidentale a démontré son aveulissement par le fait même qu’elle n’a opposé qu’une résistance symbolique à la racaille cosmopolite, riche et superficiellement cultivée. On comprend qu’après ce premier renoncement à ses valeurs, elle ait capitulé, de façon suicidaire, lorsqu’elle fut submergée par une autre racaille, cette fois-ci inculte, pauvre et agressive, d’origine extra-européenne.

On s’est toujours suicidé pour des histoires de sexe (dites « d’amour »), d’échéances financières impossibles à honorer, plus rarement par l’effet du point d’honneur ou par dégoût de la vie (le tædium vitae des antiques Romains). Désormais, on se suicide également par sentiment d’incapacité grandissante, d’inadaptation à un environnement trop instable. C’est en cela que réside le dérangement du monde actuel et l’on comprend que nombre de nos contemporains se détournent des réalités quotidiennes pour se plonger dans la fiction ou dans la contemplation du (presque) immuable : la nature.

Une société devient décadente quand elle est tentée par le suicide collectif, soit l’abandon par mollesse et veulerie de ses propres valeurs et l’expression d’une lâcheté fondamentale, impardonnable : celle de laisser ses enfants exposés aux turpitudes et à la profonde amoralité de nouveaux maîtres et d’envahisseurs venus d’un autre monde. C’est ce que l’on a observé en Russie impériale, dès avant la Grande Guerre, et c’est ce que l’on vit en Occident, de nos jours.

  1. Robert41
    Robert418 mars 2016

    Merci docteur Bernard, Plouvier, votre analyse me touche, c’est une thérapie pour moi. Ces suicides qui nous échappent …

  2. MBM
    MBM9 mars 2016

    Je partage dans sa totalité l’amertume que vous éructez en fin analyste sur la décadence. Dommage que votre chute ne contienne guère de lueur de redressement moral et d’honneur même si elle est clairement énoncée entre les lignes, cela eut été revigorant de la voir explicitée; parce que cela peut donner l’impression que vous êtes victime de cet abattement généralisé et en souffriez trop pour tentez d’échapper à cette fatalité qui nous paralyse. Dans ce contexte, cela n’a plus d’importance. Et si j’avais pu faire mieux, et bien… je n’avais qu’à le pondre votre article.

  3. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier9 mars 2016

    Pour MBM : la réponse à votre remarque – soit le manque de solution d’avenir – a été développée ailleurs (mais je ne suis pas là pour vanter la qualité d’une quelconque marchandise, fût-ce un livre commenté dans cette revue), mais aussi dans la conclusion de la 2e partie de Scénario pour un cauchemar à double entrée, facilement consultable sur le nouveau site METAMAG.
    En outre, il suffit de reprendre l’un après l’autre les paragraphes pour trouver, en inversant les propositions, la solution à notre déclin.
    De toute façon, l’évolution à, bref délai de notre monde minable nous donnera très vite les moyens d’exprimer notre Weltanschauung… ce qui ne se fera pas avec un bulletin de vote.
    Très cordialement

    • Julien VENU
      Julien VENU13 mars 2016

      ça ne fonctionnera pas. On ne reconstruit pas une civilisation de bas en haut mais de haut en bas. En gros il faut retourner à l’église

  4. Julien VENU
    Julien VENU13 mars 2016

    Votre article est intéressant mais évidemment il adopte un point de vue binaire totalement faussé. L’islam n’est pas une sous civilisation misogyne, il souffre juste du même phénomène de décadnce que vous n’avez pas très bien analysé. En fait l’islam n’est qu’au début de la chute, il en est à votre guerre de religion entre catholiques et protestants (les wahhabites sont ni plus ni moins des protestants: lecture rigoriste des textes, négation de la sainteté, négation du fait spirituel, rapport à l’argent). Ils n’ont donc pas encore été castrés comme vous en revanche ils vivent les mêmes attaques au niveau spirituel et peut être bien plus chargées encore (Satan investit plus dans celui qui lui résiste). L’occident quant à lui a atteint le niveau « suicide » et encore une fois vous ne comprenez pas pourquoi. Ce n’est pas relatif à une richesse qui l’aurait empatté, c’est une excuse ça, la vrai raison c’est la même que pour l’islam, la rupture entre Dieu et les saints, la prise de pouvoir d’abord par les ordres militaires, puis par les marchands, puis par les peuples, puis par les sous castes (les banquiers, assureurs, journalistes, cinéastes et autres professions n’existant même pas dans une société traditionnelle). Non l’islam n’est pas une sous-civilisation de barbu attardés, non la cause de votre déchéance n’est pas extérieure. Vous êtes responsables de votre déchéance et pointer du doigt les musulmans c’est bien mais il ne faut pas non plus les accuser à tord de vous avoir dit de chier sur Dieu. Vous avez chié sur Dieu tous seuls, payez en le prix! Les musulmans restent dans le grand combat planétaire des hommes contre satan les seuls debout même si comme vous le disiez ils sont également attaqué de l’intérieur.

    • Julien VENU
      Julien VENU13 mars 2016

      Mais après vous avoir un peu engueulé pour la haine facile que vous déployez pour vous dédoinner, je me propose de donner le remède (remède qui pourrait vous éviter une substitution ethnique et donc une disparition non pas voulu par les « méchants » mais par Dieu lui même et conséquence logique de son abandon puisqu’il est la source de toute vie organisée). Et c’est un musulman qui donne ce conseille.
      – 1) tenter un retour au catholicisme authentique: C’est à dire pas à un catholicisme qui naîtrait de la haine du musulman puisqu’il serait antinomique par nature au message du Christ. C’est une voie difficile parce que pour que ça marche, il ne suffit pas d’aller à l’église et de lire des bouquins, il faut trouver des saints vivants que vous méprisait actuellement. Donc forcément un type qui vous paraît détestable. Il y en a forcément encore sinon il n’y aurait déjà plus un blanc.
      – 2) Aller chercher un souffle nouveau dans la spiritualité musulmane pour relancer la tradition catholique de l’intérieur. Encore une fois… pas facile.
      – 3) Vous convertir à l’islam: C’est de loin la voix la plus difficile et je vous la déconseille, elle ne doit être adoptée qu’en dernier recours puisque la religion catholique a déjà au prix de grand efforts réalisé l’effort d’adaptation d’une tradition orientale pour un peuple occidental. C’est ça la France, c’est un peuple occidental (mélange de goths, saxons, celtes et latins) avec un coeur oriental. Je vous déconseille cette voix là, il est trop violent pour l’âme.

  5. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier14 mars 2016

    Mr Venu, la solution aux malheurs de l’Europe et au risque de métissage universel n’est sûrement pas le recours à la foi. Celle-ci n’est qu’une affaire individuelle.
    Je parle de raison et non de sentiment.
    Votre grossièreté dans l’expression autant que dans les idées n’est guère une réclame pour l’Agapè chrétien.
    Après tout, j’ai beaucoup fréquenté les Évangiles canoniques et ceux dits apocryphes, et plus encore la vie et les écrits de François d’Assise, je n’y ai jamais trouvé de grossièreté… en revanche, j’y ai trouvé une naïveté, sans commune mesure avec ce que nous apprennent les études d’éthologie comparée.
    Foi, espérance et charité sont des vertus théologales, strictement dépourvues d’efficacité dans le monde tel qu’il est : Akhenaton, le grand précurseur, a fini assassiné, comme Zoroastre, Jésus de Nazareth (sans conteste le plus beau fils des hommes au plan moral), Mani ou le père Charles de Foucauld.
    Leur mort est un échec objectif, même si elle fut et reste un exemple exaltant pour les fidèles.
    L’avenir de l’Europe ne passe surtout pas par un retour en force de religiosité monothéiste qui n’est jamais parvenue qu’à diviser les êtres plutôt qu’à les rassembler (contrairement à ce que faisaient les cultes familiaux et tribaux, bien moins fanatiques).
    Au vu de l’histoire, les cultes monothéistes traînent de tels boulets de fanatisme, d’iconoclasie et de tueries, qu’il vaut mieux bâtir une Europe nouvelle sans faire la :moindre référence à une foi qui doit rester du strict domaine privé.
    Ce n’est bien sûr qu’un avis d’athée.

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