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Louisa, Israé : héroïnes médiatiques du week-end

Louisa Israé

Louisa, Israé : héroïnes médiatiques du week-end

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Jean Ansar ♦

Comme ils étaient inquiets pour leurs fugueuses islamiques

Pendant près de 3 jours, on n’a entendu parler que d’elles, Louisa et Israé, deux petites musulmanes présumées radicalisées ayant fugué pour rejoindre peut-être la Syrie. Finalement, elles sont rentrées  après sans doute une fugue de jeunes perturbées de l’adolescence et du milieu familial comme tant d’autres. Une révolte banale mais avec un soupçon d’islamisation.

Tout le weekend, les télévisions et radios se sont mobilisées pour savoir où elles étaient , ce qu’elles faisaient , ce qu’elles pensaient. On eut droit aux envoyés spéciaux, aux spécialistes, aux experts et à la compassion générale. Les médias étaient inquiets et les deux très jeunes filles étaient présentées comme l’information essentielle du week-end.

Franchement, n’est ce pas un peu exagéré, chers confrères ? A-t-on le droit de dire que le comportement de deux petites filles à l’âge où l’on se croit le centre du monde… on s’en moque un peu tout de même. Mal dans leur peau, mal dans la famille et allant vers la mode de la radicalisation islamique, plus banal tu meurs. Il est sûr que des esprits fragiles et la sensibilité exacerbée de jeunes filles sont des proies faciles pour toutes les sectes ou toutes les bandes organisées cherchant des recrues ou des victimes.

La fascination des médias, l’importance donnée à ces fugues sans grandes importances montrent à quel point la presse est obsédée par tout ce qui concerne la jeunesse immigrée ou d’origine arabo-musulmane. Il faut absolument qu’on s’ intéresse et qu’on compatisse.

On les présente comme des victimes, on veut les sauver d’elles mêmes, on fait d’un itinéraire un exemple.

Combien a couté aux médias et aux pouvoirs publics la mobilisation pour Luisa et Israé ?

Elles sont rentrées  et on va encore les interroger, elles et leurs familles pour connaitre les motivations réelles de la fugue. Mais cela intéresse surtout les journalistes militants qui font feu de tous bois pour nous culpabiliser et sans doute beaucoup moins le public.

Ils prennent le risque, en en faisant de petites vedettes, de provoquer des vocations parmi des hordes de jeunes filles nombrilistes cherchant à justifier leur mal être. On n’est pas encore débarrassé de Louisa et Israé, les petites chéries médiatiques qui finalement, pour le moment en tout cas, n’iront pas en Syrie. On va les valoriser les interviewer, elles vont être le centre de leur petit monde. Ce n’est certes pas leur rendre service.

A-t-on le droit de dire qu’elles peuvent finalement aller où elles veulent sans que cela devienne le sujet d’actualité le plus important du week-end.

  1. Tonton Cristobal
    Tonton Cristobal7 mars 2016

    Tout ce remugle-ménage merdiatique pour un fait d’ hiver dû au réchauffement du crétinisme! 🙂 des enfants et ado disparaissent sans tambour ni trompette, proies rêvées des criminels en tout genre sans que cela n’ émeuve autant les marchands d’ émotionnel .. Après tout il reste bien une quarantaines de pays musulmans où ces jeunes (et moins jeunes) peuvent aller vivre leur foi et son cortège de maniaqueries. On ne retient personne ! bon vent… bons voiles !

  2. Robert41
    Robert418 mars 2016

    Bravo Monsieur Jean, Ansar, il fallait le dire. J’ajouterai quand-même … ! Comme aurait dit, notre First Ministre, dans son courroux d’appartenance à une nouvelle communauté ; que ce harcèlement médiatique, est en infraction avec la loi. En effet, on ne divulgue pas le patronyme des fugueuses, ainsi que leur date et lieu de naissance. Les médias ne peuvent se substituer à un fichier de Police. Cela est préjudiciable pour ces deux gamines. Cette comptine médiatique nous rappelle le cas de la collégienne Rom, Léonarda, Dibrani, qui dans son expulsion administrative avait soulevé un pataquès politique et médiatique. Au faites qu’est-elle devenue ? Sinon, dans la même veine, tout le monde se rappelle aussi de l’enfant de la plage … Une icône médiatique mondialisée, annonçant quelques mois après, une monstruosité invasive toujours en cours. A chaque fois, cela concerne une race, une nationalité, une religion, n’est-ce pas cela le racisme ? Faire d’une différence raciale, une préférence discriminatoire dans le traitement de l’information ; car pendant ce week-end, il y a eu une multitude de fugues en France, dont parmi ces fugueurs des candidats possible pour la Syrie ?

  3. Laurent MASBOU
    Laurent MASBOU9 mars 2016

    En effet, on peut s’inquiéter …de ce gigantesque « selfi » médiatique ! Les « jeunes » vont pouvoir s’offrir du temps d’antenne en laissant un mot sur le portable: cap sur Alep !
    On ne peut que s’étonner de la flambée des rédactions sur une fugue en si-rie (j’ai pas pu résister).
    Donc on voit les « radicalisées » en clair, mais la mère de l’une d’elles est floutée à l’interview ! Puis la première est floutée à son retour…après 48 heures de unes ? Finalement, la plus coriace au prénom inoubliable ne sera plus en poster. Compliqué l’image des mineures.
    On aimerait savoir ce que le coût d’un tel déploiement médiatique.

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