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Antisionisme et antisémitisme : l’amalgame qui ne gène pas Manuel Valls

Valls Au Crif

Antisionisme et antisémitisme : l’amalgame qui ne gène pas Manuel Valls

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Raoul Fougax ♦

Le premier ministre, peut- être sur le départ, fait dans la surenchère communautaire

Le dîner annuel du Crif ( Conseil représentatif des Institutions juives de France) participe-t-il à la montée en France de l’antisémitisme ? C’est possible dans certaines couches de la population. La médiatisation institutionnalisée de ce dîner annuel qui est présenté comme un passage obligé pour la classe dirigeante française ne peut renforcer, chez certains, le sentiment d’une influence excessive de cette communauté auprès du pouvoir par rapport à d’autres.

Cela étant les associations juives de France ont le droit d’organiser un dîner et d’y inviter qui elles veulent. C’est aux invités, qui ont le droit de venir ou pas, observés de très près qu’il convient de surveiller leurs paroles. Ce n’est apparemment pas le cas de Manuel Valls.

Tout d’abord sur la forme, remplaçant le président absent, il est tout de même incroyable qu’il soit sorti du texte pour donner son sentiment, prenant en quelque sorte par ses propos, le président en otage.

Mais le plus grave est la confirmation d’une surenchère communautariste du premier ministre qui a assimilé antisioniste et antisémitisme. Cela ne pouvait que ravir les partisans d Israël. Mais c’est une contre-vérité, en tout cas pas une vérité absolue.

Il y a certes des antisémites de la vieille école qui se servent de l’antisionisme pour se camoufler.
Il y a des antisémites qui sont sionistes et qui veulent que les juifs partent pour la terre promise.
Il ya des antisionistes qui ne sont pas antisémites et qui distinguent, eux, le temps des victimes de l’antisémitisme et les comportements de l’État sioniste.
Il y a même des antisionistes juifs qui peuvent difficilement être qualifiés d’antisémites
Mais Manuel Valls, l’homme qui dénonce les amalgames n’hésite pas a en faire quand cela l’arrange.

Sortant de son texte, qui était aussi celui du président de la République, le chef du gouvernement a répondu à une préoccupation développée par Roger Cukierman, à savoir « la grille de lecture déformante et injuste » appliquée, selon lui, à Israël, pour faire de ce pays « le juif des nations, l’unique cible au monde d’un processus de délégitimation ». Manuel Valls a critiqué à son tour « la haine d’Israël ». « Nous savons qu’il y a un antisémitisme ancien et un antisémitisme nouveau», a affirmé le premier ministre. «Un antisémitisme d’extrême droite mais aussi un antisémitisme d’extrême gauche. Il y a l’antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l’antisémitisme dans les quartiers populaires d’une jeunesse radicalisée. Et puis (…), il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël. »

Voila qui va relancer une polémique et faire ressortir des propos qui ont fait passer, à l’époque, Roland Dumas pour un vieux gâteux antisémite ou presque. Il disait : «Sous le prétexte que je défendais les Arabes contre Israël, il m’a agressé, alors que je le connais à peine.» C’est à ce moment que l’ancien ministre se lance tout seul dans un rapprochement étrange : «Mais il a des alliances personnelles qui font que chacun sait qu’il est marié avec quelqu’un, quelqu’un de très bien d’ailleurs, qui a une influence sur lui.»

Puis il estime que «tout le monde est influencé», ce qu’il répétera. Sentant que le moment est venu, Jean-Jacques Bourdin, au micro de BFMTV peut poser sa question : «Manuel Valls est-il sous influence juive ?» On connaît la réponse de Roland Dumas qui a déclenché un tollé médiatique.

Le discours de Manuel Valls au dîner du Crif  fait sans doute partie d’une stratégie personnelle.

Selon le Figaro, le Premier ministre a reçu discrètement, il y a dix jours, plusieurs ministres pour évoquer la loi El Khomri. Durant ce dîner, il aurait brandi la menace de la démission avant la fin du quinquennat si François Hollande ne s’impliquait pas un peu plus dans les réformes portées par le gouvernement. Ces rumeurs «sont totalement fausses. Le Premier ministre est à son poste, est au travail au service des Français et des Françaises sous l’autorité du président de la République», a déclaré sur BFMTV Carlos Da Silva, député socialiste de l’Essonne et proche de Manuel Valls.

Les médias dominants oseront-ils parler pour Manuel Valls, comme ils le font sans arrêt pour d’autres de … dérapage  ?

Illustration : Manuel Valls au repas du CRIF
  1. Robert41
    Robert4110 mars 2016

    C’était nécessaire de faire le point sur ce personnage excessif et opportuniste. N’oublions pas qu’il a été aussi, un fervent partisan des Palestiniens. Que sera-t-il demain ?

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