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Hollande : le péril jeune

Manifestation Jeunes

Hollande : le péril jeune

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Raoul Fougax ♦

La gauche de pouvoir face aux gauchistes des facs et lycées

La présidence Hollande a commencé avec deux engagements forts : lutter contre la finance internationale : c’est raté,  faire de la jeunesse la priorité du quinquennat : encore raté.

En ce qui concerne le vote, il y a longtemps que les jeunes ne votent plus à gauche, même plus les jeunes issus de l’immigration, c’est dire. Mais au- delà du vote front national, il restait à la gauche les organisations politisées de la jeunesse de gauche. Avec la loi El Khomri, les socialistes ont perdu les jeunesses de leur parti (mais si ça existe) et leur courroie universitaire de l’UNEF. Il faut le faire.

A dire vrai, seuls 1 à 2 % des étudiants serait syndiqué. Moins de 8 % de participation aux élections étudiantes, l’échec est patent. Et pourtant l’UNEF qui ne représente rien va être reçue, consultée et écoutée. Le gouvernement ne fait pas de jeunisme exacerbé, mais face à la mobilisation des jeunes dans la rue, il est tétanisé comme un vulgaire pouvoir de droite.

Même s’ils ne savent pas toujours pourquoi, les produits de notre calamiteuse éducation, un peu perdus dans l’enseignement trop supérieur pour un grand nombre, ont besoin d’exister. Ils savent qu’on leur ment, mais ils ne sont pas lucides face aux mensonges. Unef ou pas Unef, ils peuvent facilement descendre dans la rue plutôt que d’aller à la fac ou au bahut. Ils sont faciles à instrumentaliser et se sentent du jour au lendemain l’avenir du pays. Ce qui change, c’est que d’habitude la jeunesse universitaire est mobilisée contre la droite, ce qui pour l’Unef est tout de même plus facile.
Cette fois-ci les futurs cadres de la gauche se mobilisent contre la gauche. Mais du coté de  Manuel Valls on craint un CPE bis sans évoquer une sorte de mai 68 iconoclaste.

La loi El Khomri va en prendre un coup surtout que Valls n’entend pas jouer son avenir, qui se précise, dans la rue avec la possibilité d’une bavure.
Il y a 20 ans, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986 à Paris, en plein conflit gouvernement-étudiants, Malik Oussekine, 22 ans, était matraqué à mort dans le hall d’un immeuble parisien, au 20 rue Monsieur-le-Prince, où il s’était refugié, par deux « voltigeurs motoportés ». Français d’origine algérienne, étudiant sans histoire à l’Ecole supérieure des professions immobilières (ESPI), il était d’une santé fragile à cause de déficiences rénales, devant être dialysé trois fois par semaine. Le syndrome est toujours présent.

Valls, après une première mobilisation, reçoit en urgence les étudiants de l’Unef. Minimisée par Jean-Marie Le Guen (Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement), la contestation a été suffisante pour que Manuel Valls fasse un pas vers les jeunes, en acceptant de les consulter dés vendredi. Selon les représentants étudiants et lycéens, qui font un parallèle avec le CPE de 2006, le projet de loi El Khomri est une «offensive sans précédent contre les jeunes et les salariés», de nature à les rendre «précaires à vie». Pour l’Unef, 100 000 jeunes étaient dans les cortèges mercredi.
Le vrai danger ce sont les lycéens toujours prêts à se mobiliser et à se faire entendre pour se prouver qu’ils existent avant même de voter. Le nombre de lycéens cependant en âge de voter à la terminale grâce a notre efficace système éducatif est de plus en plus important.

On entendra bientôt « hollande t’es foutu la jeunesse est dans la rue. » Mais lui était foutu sans doute bien avant. C’ est pourquoi le plus inquiet, c’est Valls qui voit ses futurs électeurs et soutiens de campagne le traiter comme un Villepin du contrat première embauche. Depuis 20 ans tout c’est aggravé- l’emploi des jeunes, le niveau des étudiants… et l’Unef n’a servi à rien pas plus que la Fidel aujourd’hui si infidèle à ses parrains de gauche.

La jeunesse aussi est foutue. Elle ne devrait pas se tromper de coupables et ne pas suivre une fois de plus les complices de son «  no futur ».

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