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2017 : Marine Le Pen à l’Élysée [1/2]

Marine Le Pen Est Elue

2017 : Marine Le Pen à l’Élysée [1/2]

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Guillaume Faye, essayiste ♦

1ère hypothèse : la catastrophe

Voici la première partie d’un scénario de politique–fiction possible : Marine Le Pen est élue première femme présidente de la République française au printemps 2017 et les choses se passent mal, très mal. Dans la seconde partie, à suivre, sera imaginée la seconde hypothèse, le redressement, où le Front national, parvenu au pouvoir, réussit son pari. Commençons par la premier scénario, celui de l’échec.

Marine Le Pen bat de justesse Alain Juppé

Pendant toute l’année 2016 et le début de 2017, la situation n’a fait qu’empirer. La ”crise des migrants” tourne au cauchemar, de nouveaux attentats islamiques ont eu lieu, ainsi que plusieurs émeutes gravissimes impliquant les jeunes des banlieues d’origine immigrée et majoritairement musulmane. La guerre civile ethnique, glisse de la basse à la moyenne intensité. L’idéologie officielle du ”vivre ensemble” s’effondre, comme jadis celle du ”paradis soviétique”. Pas crédible.

De plus, le gouvernement socialiste, paralysé par ses dogmes et sa faiblesse, n’a pu faire aucune réforme. Le chômage, la dette et les déficits sociaux s’accroissent. La situation est hors contrôle. Un basculement de l’opinion se produit avec un glissement de 15% des intentions de vote en faveur du FN La droite classique (LR et centristes) divisée, perd en puissance. Ce qui suffit au FN pour percer le ”plafond de verre”, réputé infranchissable. Et le choc traumatise les médias du monde entier : Marine Le Pen remporte le second tour et entre à l’Élysée. Le quotidien Libération titre : « L’horreur ».
Au premier tour ,en effet, elle était arrivée en tête de tous les candidats avec 30% des suffrages ; au second tour, elle a battu d’un cheveu (50,03%) le candidat de la droite qui a gagné la primaire, un certain Alain Juppé. Elle est donc la première présidente de la République française. C’est là que les ennuis et les problèmes commencent. Elle est en territoire inconnu, le piège se referme.

À l’Assemblée, pas une vraie majorité

Tout d’abord, des manifestations monstres, suivies d’émeutes, éclatent dès le lendemain de l’élection de Marine Le Pen. La rue contre la démocratie, un classique en France. Beaucoup de dégâts, des morts. Les médias internationaux s’enflamment. Les élections législatives ont lieu dans un climat de tension insupportable. Les députés FN ou apparentés n’obtiennent pas la majorité absolue en dépit de l’effet d’entraînement escompté. Néanmoins, beaucoup de droitistes et de centristes classiques, attirés par la course aux places, se rallient sous condition, au parti de la présidente. C’est une majorité improbable, floue, fragile qui se dessine à l’Assemblée, sans unité programmatique ni idéologique autour de là nouvelle présidente Le Pen.

Dans le système semi–présidentiel français, il faut une majorité claire pour gouverner. Autrement c’est la cohabitation, donc, la paralysie. La présidente Marine a beaucoup de mal à constituer un gouvernement. Elle ne trouve pas dans le vivier FN ou chez les ralliés suffisamment de professionnels pour constituer un bloc de ministres et de membres de cabinets vraiment compétents. Elle se heurte à un boycott des élites. Ceux qui la rallient sont souvent des torpilleurs ; beaucoup sont des incapables ou, du moins, des amateurs.

Marine Le Pen commet une erreur fatale : elle nomme Premier ministre Florian Philippot, son mentor, N°2 du FN, qui en appelle au mânes de Charles de Gaulle, Mais ce néo-gaullisme, ou pseudo gaullisme est un moteur sans carburant.

Le gouvernement Philippot patauge

Le gouvernement Philippot suit une politique économique antiréformiste et étatiste, très proche des idées d’Arnaud Montebourg et de Chevènement. Il applique à la lettre le programme économique du FN qui est en fait d’inspiration socialiste : la préservation du ”modèle social français”, baudruche dégonflée, financièrement ingérable.

Les chiffres du chômage continuent d’augmenter, la pression fiscale ne diminue pas, les dettes – d’État, des régimes sociaux et des collectivités locales et territoriales– croissent. La situation économique de l’homme malade de l’Europe – la France – empire. Le FN au pouvoir ne change rien.
Plutôt que de lutter contre l’immigration invasive, contre le laxisme judiciaire, l’insécurité, la dégradation de l’Éducation nationale, le fiscalisme, le gouvernement Philippot s’acharne sur son obsession : sortir de l’euro, rétablir le franc, dégager la France de l’Union européenne.

La réponse de Bruxelles est très simple : « OK, faites ce que vous voulez, on va voir et on va bien rigoler. Allez-y ». Marine Le Pen, depuis l’Élysée, redevenue lucide, qui a consulté des économistes, essaie de faire machine arrière. Elle entre en conflit avec son Premier ministre, qui s’acharne. Au sein du FN, une rupture se dessine entre les partisans et les adversaires du Premier ministre. Marion Maréchal–Le Pen prend la tête de la rébellion. Mais c’est trop tard.

Dans les sondages, la versatile opinion publique française a basculé. L’impopularité de la présidente et de son Premier ministre atteignent des sommets. Chez les électeurs du FN, plus de 50% disent ”regretter leur vote”. Le Figaro du 5 septembre 2016 titre « La grande déception ». Effectivement : il n’y a pas de résultats visibles de la politique du gouvernement FN. C’est le cafouillage. En avant comme avant.

Mission accomplie

À l ‘Assemblée nationale, le gouvernement n’a plus de majorité. Du fait de l’impréparation des programmes du FN, du manque de cadres compétents, des sabotages de la haute administration, le château de cartes ou de sable s’est effondré en quelques mois.
Le 7 novembre 2016, Marine Le Pen dissout l’Assemblée nationale. Elle n’obtient pas de majorité ”bleu Marine” aux élections législatives qui suivent. Humiliée, elle démissionne, en larmes. Le New York Times titre : The End of a Dream. L’expérience est terminée. Son Premier ministre, M. Philippot, énarque souriant, rejoint son corps de fonctionnaire d’origine. Il a accompli sa mission : neutraliser le FN.

Dans un prochain article, une autre hypothèse sera examinée : Marine Le Pen est élue et réussit son pari. À suivre….

Source : le blog de Guillaume Faye
  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier14 mars 2016

    Joli essai de politique-fiction… avec toutefois un bémol à envisager : que nos bons maîtres tiennent suffisamment en mains les djihadistes et les imams des cités de non-droit pour éviter les attentats et les émeutes qui, seuls, parviendraient à mener MLP à un succès en 2017.
    Hormis ce bémol initial, le scénario de la suite est archi-probable ! Félicitations.

  2. Tane
    Tane16 mars 2016

    Yes exact
    Analyse probabiliste 100%

    • Sobieski
      Sobieski17 mars 2016

      Pas spécialement,(…) vous sauriez que des les autres pays d’Europe qui ont été gouverné par des partis du type FN(Hongrie, Autriche,Danemark) ce ne fut pas la débandade. Bien au contraire les électeurs en ont été content, mais hélas les coalition du système ont fini par reprendre le pouvoir grâce à la lassitude des électeurs toujours favorable aux alternance…

      Pourtant ce n’est que partie remise, Orban a reprit le pouvoir et est parti pour faire un troisième mandat de suite, la coalition de droite soutenu par le Dansk Volkpartei est de retour au Danemark, quant à l’Autriche est compte voter en masse pour le FPO aux prochaines élections.

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