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Barbarin : curés cathodiques contre curés catholiques

Inquisition By Goya

Barbarin : curés cathodiques contre curés catholiques

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Jean Ansar ♦

Le bûcher médiatique remplace celui de la sainte inquisition.

Au risque de choquer quelques lecteurs, je n’ai jamais confié d’enfants à l’église. Conviction personnelle et principe de précaution. Cependant la chasse aux sorciers dont fait l’objet monseigneur Barbarin montre que la sainte inquisition a changé de fanatiques.

Les pédophiles cherchent la proximité de la jeunesse, cqfd. Ce qui était hier la chasse gardée de l’église s’est largement ouvert à d’autres prédateurs sociaux et sportifs. Les pédophiles se sont multipliés en dehors des confessionnaux et écoles religieuses, le tourisme et la mondialisation aidant largement.

Mais il est vrai que se réclamer de dieu aggrave objectivement la faute. Le prêtre pédophile se livre à une messe noire sexuelle. Il ne mérite aucune complaisance. Cela étant, la chasse aux curés pédophiles est, pour les médias, avant tout un moyen de discréditer l’église et la foi des catholiques. Une église que l’idéologie médiatique exècre car réticente à la stigmatisation des valeurs traditionnelles au profit des tendances sexuelles individuelles.

On voit bien que les propagandistes du mariage gay et de toutes les homosexualités n’acceptent pas celle des curés. Tous les homosexuels sont des créatures à respecter sauf les curés.

La traque à monseigneur Barbarin procède de cette volonté de la religion cathodique de diaboliser pour la supplanter la religion catholique. Il y a indiscutablement une haine des curés dans la presse audiovisuelle.

Un tel acharnement ne serait pas possible vis à vis d’un iman ou d’un rabin et jamais en tout cas on ne mettrait en cause l’institution religieuse elle-même. Le but c’est bien sûr de promouvoir la société des valeurs médiatiques. Tout ce qui est du coté de la tradition révulse.

La députée du Front national Marion Maréchal-Le Pen a dit craindre que la reconnaissance du mariage homosexuel « ouvre la voie à de très nombreuses dérives », dont des demandes de reconnaissance de la polygamie, lors d’une conférence de presse à Milan avec ses alliés de la Ligue du Nord. «Parmi les autres valeurs que nous défendons, il y a la famille traditionnelle et naturelle», a affirmé Marion Maréchal-Le Pen, lors de sa visite de trois jours en Italie.

Cela horrifie presque autant les médias que la pornographie des prêtres.

En ce qui concerne les catholiques, les amalgames ne gênent pas les traqueurs de prétendus dérapages.

On peut vouloir punir le plus sévèrement possible les prêtres pédophiles et considérer que les pourrisseurs cathodiques sont aussi un danger pour la jeunesse.

Illustration : Le tribunal de l’inquisition espagnole par Goya, 1819.
  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard17 mars 2016

    L’anticatholicisme en France ne date pas d’hier. Et l’on se moque des Vallseries, qui ont pour but de faire diversion en une période de turbulences socialistes en phase pré-électorale.

    Parler de haine de l’Église catholique alors qu’il existe une indignation légitime face à la pédophilie (du moins lorsqu’elle est prouvée) est un exercice de style qui ne rime à rien.

    En effet, exercer la profession de membre du clergé de n’importe qu’elle religion est, à l’évidence, une circonstance aggravante et cela vaut pour un rabbin, un pasteur, un pope, un mollah, uléma ou autre imam, un lama ou un chamane etc., autant que pour un prêtre catholique ou anglican.
    Comment être crédible en prêchant une morale censée représenter le Bien si l’on est soi-même débauché & pervers ?

    Pour un chrétien il existe un texte évangélique terrible, où Jésus de Nazareth est censé avoir proféré une condamnation majeure : « Malheur à qui scandalise un enfant », avant de prononcer des mots qui résonnent comme une invitation à la peine de mort… chacun étant libre d’interpréter l’évangile selon sa conscience.
    Le texte évangélique condamne sans appel la pédophilie.
    Si le texte fondamental du christianisme ne suffit pas à calmer les ardeurs détestables des fidèles et a fortiori des membres du clergé, alors à quoi bon prêcher ce texte ? L’argument mille fois entendu : le prêtre n’est qu’un homme, ne vaut rien ! C’est une supercherie que de jouer au prédicateur et d’être incapable de refréner ses penchants pervers.
    Il ne s’agit pas d’anticatholicisme, mais d’un constat affligeant quant à l’échec de la doctrine chez ceux-là mêmes qui sont censés la prêcher et la mettre en pratique.

  2. Bruno de Bussy
    Bruno de Bussy17 mars 2016

    Vous avez raison: la pédophilie est encore beaucoup plus grave pour un prêtre que pour un homme du commun. Mais qui a dit le contraire ? Jusqu’à preuve de l’inverse le Cardinal Barbarin n’est pas un pédophile, un  »débauché et un pervers », comme le laisserait entendre la rédaction de votre intervention. Se scandaliser de manière légitime contre les agissements de quelques brebis galeuses, n’autorise pas à stigmatiser l’ensemble des prêtres et des fidèles dont la plupart œuvrent pour le bien commun. Bien cordialement.

  3. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier18 mars 2016

    À M. de Bussy : où avez-vous lu, dans mon commentaire – qui était une réflexion de fond, d’ordre éthique et nullement de polémique politicienne – la mention d’un prélat dont j’ignorais jusqu’au nom il y a moins d’une semaine ?
    Systématiquement, depuis les années 1930, les accusations de pédophilie ou d’homosexualité portées – preuves à l’appui – contre une Église, qu’elle quelle soit,ont été transformées par les défenseurs en attaques visant l’institution elle-même.
    De la même façon, stigmatiser le comportement d’escrocs ou de spéculateurs juifs devient une « résurgence d’antisémitisme ». Idem à propos des francs-maçons ou de membres de telle ou telle corporation.
    Ce comportement communautaire est amusant à constater pour qui connaît un peu l’éthologie, et peut servir à l’édification de l’observateur des sociétés.
    J’ajoute que – bien qu’athée – c’est avec plaisir que j’ai confié deux de mes enfants et tous mes petits-enfants à l’enseignement catholique – où j’ai fait toutes mes études jusqu’au Bac et avec plaisir -, parce que l’enseignement public est réellement lamentable, sauf heureuse exception.

  4. Robert41
    Robert4121 mars 2016

    Pourquoi ne parle-t-on jamais de certains hommes politiques pédophiles ? Et aussi, de ces riches people parfois impliqués ? On attaque l’Eglise et l’Ecole certes à raison d’une faille dénonciatrice de malades déclarés et mutés alors qu’ils auraient du être écartés de leur Corpus enseignant. Voilà la faute primordiale, on ne peut être Juge et Parti. – A savoir quand-même que la majorité de ces crimes se passent le plus souvent dans les familles. – Une société aussi policée soit-elle, ne peut se garantir de ces crimes abjects. En tout cas, Il faut éviter dans la mesure du possible, l’isolement de l’enfant et l’accaparement tactile de certains adultes, car c’est par ces techniques sournoises que ces prédateurs opèrent. Combien d’enfants ont été violés dans leur proximité par un père, un voisin de confiance, un ami de toujours, et cela touche toutes les classes sociales sans exception.. C’est le crime de la lâcheté, d’une pulsion perverse et narcissique sur le faible, On pourrait presque même y inclure la maltraitance à des personnes âgées dont le « gardien » s’autorise des actes dégradants. Les maillons faibles de l’enfance et de la vieillesse seront toujours les premières victimes. Il nous appartient d’être vigilent, d’être curieux car ces crimes se nourrissent aussi d’une grande indifférence.

  5. Nicolas
    Nicolas22 mars 2016

    Je viens de lire votre article et j’y relève un argumentaire qui me paraît spécieux.
    En effet vous rapprochez la condamnation d’un curé pédophile de celle d’un curé homosexuel. Hors, sans même parler d’un prêtre, la pédophilie relève d’un acte de prédateur vis-à-vis d’une personne non consentante et faible alors que l’homosexualité est une relation entre personnes consentantes. Il est vrai que les religions monothéistes, le christianisme en particulier, rejettent ces deux pratiques comme immorales. Il me semble alors que l’on peut reprendre dans les deux cas votre formule : ’’ Mais il est vrai que se réclamer de dieu aggrave objectivement la faute. ‘’ Encore que l’homosexualité ne me semble pas être une faute, mais c’est un autre débat.
    Par ailleurs l’attaque que subit l’église me semble être une pâle réplique (même si cela n’est pas glorieux) d’une attitude de cette même institution. Nous ne pouvons pas oublier sa pratique séculaire des tortures, mise au bûcher et exactions diverses à l’encontre des personnes qui n’adhéraient pas à la lettre aux règles de la sainte église. Ces dernières me rappelant d’ailleurs étrangement certains comportements islamistes que nous critiquons (et à raison) actuellement.
    Enfin lorsque vous affirmez que cette attaque de l’église vise à détruire des valeurs traditionnelles, il faudrait peut-être préciser ce que vous entendez par ces termes. Si vous parlez des valeurs imposées par l’institution catholique alors je suis pleinement d’accord pour les remettre en question. Il faudrait beaucoup plus de lignes que celles que je vous adresse aujourd’hui pour en discuter. Mais j’ai l’impression dans ce regret des valeurs traditionnelles de voir un rejet de l’analyse objective de la situation actuelle, un peu le geste de l’enfant qui se précipite dans les bras de sa mère quand il a peur plutôt que de chercher un remède à la cause de sa peur. Mais d’un enfant cela peu se comprendre, d’un adulte cela me gène. J’ai aussi beaucoup de difficulté à considérer des valeurs qui se veulent généralement intemporelles et universelles comme une solution à une problématique de vie. A moins bien sur de penser que la vie réelle n’est ni de ce monde ni de ce temps. Je suggère qu’au lieu de parler de valeurs passéistes, nous parlions de méthodes de pensée. Plutôt que vers la morale judéo-chrétienne, tournons nous vers le mode de pensée indo-européen. Plutôt que d’attendre une consolation ou le salut d’une divinité quelconque et répéter à satiété les mêmes comportements, soyons responsables de notre avenir, imaginatifs en tenant compte des circonstances spécifiques du moment, des lieux et des personnes en cause. Essayons d’être non plus infantile mais prométhéen.

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