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Quand la gauche se meurt doucement…

Manifestations Loi Travail

Quand la gauche se meurt doucement…

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Michel Lhomme, politologue ♦

Ce dimanche 13 mars, le PS a été éliminé dès le premier tour dans l’Aisne et le Nord au profit du Front national. Il reste en course dans les Yvelines. A la suite des dernières élections régionales de décembre, il y avait en effet ce week-end des législatives partielles.

Le PS est éliminé dans deux circonscriptions. Dans le Nord, Vincent Ledoux, maire de Roncq et vice-président de la Métropole Européenne de Lille, a obtenu 46,84% des suffrages. Il se trouve en ballottage favorable face à la candidate frontiste (25,22%) Virginie Rosez. Le candidat socialiste n’a obtenu que 11,24 % des voix.

Dans l’Aisne, où les électeurs doivent élire le successeur de Xavier Bertrand qui a démissionné de son mandat pour se consacrer à la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie, Julien Dive (LR) est arrivé en tête avec 36,28% des suffrages. Il devance la frontiste Sylvie Saillard (28,79%) et la socialiste Anne Ferreira (15,69%).

Enfin, dans la 2e circonscription des Yvelines, le candidat LR Pascal Thévenot est arrivé largement en tête avec 46,05 % des voix, et affrontera au second tour le candidat socialiste Tristan Jacques (12,98%), le FN étant éliminé.

Comme on le voit dans les trois cas de figure, le Front national, premier parti de France, est en embuscade et le parti frontiste confirme encore ce dimanche sa montée en puissance. En gros, la droite est favorite par défaut, le FN en pleine expansion et la gauche en totale perdition.

De toute évidence, il y aura donc un duel au second tour des Présidentielles avec le Front National. Les médias sortiront l’artillerie lourde de l’idéologie antiraciste mais on peut se demander si la sauce prendra encore.  Pour le Parti socialiste, plus dure sera la chute car ce sera aussi la chute des idées. En coulisses, les Républicains se frottent les mains mais savent-ils vraiment quelle France ravagée et ruinée, ils vont devoir gouverner ? Et, sont-ils vraiment prêts ?

La Gauche a, en tout cas, tenté cette semaine de sauver l’honneur et de mobiliser la jeunesse mais ce fut un gros flop. La jeunesse s’ennuie peut-être à l’école de l’antiracisme obligatoire mais elle sait bien aussi quand on la manipule. Les socialos ont fait grise mine : la jeunesse n’est plus vraiment dans leurs rangs.

Les organisateurs des manifestations lycéennes et étudiantes même s’ils ont dit sur les antennes le contraire, s’attendaient en réalité à une plus grande mobilisation. Or, elle a été terne et comme parachutée. C’est que les jeunes ne sont plus naïfs : ils ne veulent plus servir de chair à canons d’eau pour les CRS du régime, bras armé du pouvoir de l’état d’urgence permanent. Comment faire en effet la révolution, drogué au 2.0 ? Les médias ont donc bien été frustrés de ne pas avoir de scènes d’émeutes à filmer. Il leur restait à espérer la victoire si éclatante du PSG mais là encore, il n’y a rien eu, il n’y a plus de skins. Alors ?

Ne nous voilons pas la face. La manifestation de la semaine dernière était avant tout impulsée par des membres du Parti Socialiste, incapables d’influencer au sein même de leur propre camp et agissant en sous-main pour instrumentaliser la critique de la loi Khomri. En réalité, on a donc assisté à une grève interne, on pourrait presque dire intergouvernementale, une contestation du PS contre la politique du Chef de l’État et de son Premier Ministre hystérique. En somme, c’était l’aveu public que le Président de la République n’a à ce jour plus aucune majorité. Qui osera le renverser avant l’heure ? N’est-ce pas le travail de l’opposition ?

Pour le reste, comme le disait Nicolas Doze sur BFM Business, ces jeunes médiatisés, qui aujourd’hui sont dans la rue, vont surtout défiler pour se faire un cv citoyen, trouver un job demain, se créer des opportunités, un statut, se faire un nom comme l’a si bien fait Emmanuelle Cosse notre nouvelle Ministre du Logement dans l’activisme gay des années 90.

Nonobstant, il y avait dans les premiers rangs de ces manifs, l »’élite » politique de demain c’est-à-dire les agitateurs professionnels de la drauche qui sont toujours absents aux partiels, tel l’actuel  Président de l’UNEF, William Martinet, 27 ans, tout juste titulaire d’une licence 3 de biologie, licence qui d’ordinaire se décroche à 21 ans !

En fait, les étudiants et les lycéens de Navarre n’ont pas suivi ces cancrelats car ils se préparent tous à s’expatrier.

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