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France : le ratage industriel

Industrie La Raffinerie De Lavera A Martigues

France : le ratage industriel

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Auran Derien, enseignant ♦

Les rapports sont formels. L’industrie disparaît en France.

Le processus a débuté après l’entrée de la Grande Bretagne dans l’Europe. Les anglo-saxons ont sabordé volontairement et systématiquement la communauté européenne pour la remplacer par une zone de libre-échange dominée par les financiers. Cela ne se percevait pas toujours facilement dans les années 1980, mais désormais la France n’est plus qu’un champ de ruines où paissent pour un temps indéterminé des brebis venant du vaste monde.

La fin de l’industrie, vue par les soit-disant experts du CNRS, s’explique par une avalanche de facteurs entrecroisés, depuis le taux de change et les charges, jusqu’au MEDEF, mais les auteurs n’évoquent surtout pas la responsabilité du politique. Pourtant, la fin de l’industrie a nécessairement des liens avec deux types de facteurs: la disparition des marchés pour les entreprises françaises ; les changements de frontières et les mutations des relations internationales. La situation actuelle pourrait être judicieusement comparée au déclin qu’ont connu avant nous les Pays-Bas aux XVIIème et XVIIIème siècle.

La mutation des relations internationales

Lorsqu’on accepte de dépendre de l’étranger, tant pour les matières premières importées que pour les débouchés des ventes, le pays est susceptible d’être victime des politiques commerciales d’autres puissances, des blocus imposés, de l’instabilité des marchés. Il est impossible de rénover une industrie en s’appuyant sur la théorie schumpétérienne si aucune protection ne favorise le développement des nouvelles technologies et l’émergence d’un groupe de jeunes entrepreneurs. Le plus grave pour les nouveaux industriels sera toujours l’absence de débouchés. Or, entre la paupérisation organisée des classes moyennes, qui fondent à vue d’œil, et la fermeture des marchés par les anglo-américains ainsi que par les nouvelles puissances asiatiques, il n’y a plus de débouchés pour l’industrie française.

Chacun sait que la propagande en faveur du libre-échange en Europe fut systématique à partir du moment où les Etats- uniens en accord avec les Allemands ont investi massivement dans les pays asiatiques. Ils promouvaient en Chine et ailleurs la vieille croyance intellectuelle de la croissance merveilleuse par l’exportation. Mais des pays devaient ouvrir leurs frontières pour recevoir ces produits asiatiques. L’Europe était la victime parfaite de cette manipulation destinée à multiplier les profits des multinationales. Désormais, les pays asiatiques produisent les mêmes biens que les Européens en général. La Chine vient d’annoncer qu’elle allait fabriquer ses propres moteurs d’avions, suivant en cela la logique de l’apprentissage qui lui a déjà réussi dans la fabrication des TGV. Elle a éliminé la France du marché mondial des trains. Elle l’éjectera de l’aéronautique grâce à ceux qui prospèrent désormais en Europe en général et en France en particulier.

Pas de politique industrielle

Depuis 1990 tout est allé de mal en pis. L’obsession n’a cessé de croître en faveur d’une abstraction, le marché, concept creux puisque 18 entités financières contrôlent l’économie mondiale. Les fonctionnaires de la Commission Européenne ont limité la politique industrielle aux normes fixées par Washington, Londres, Tel-aviv, Riyad, Doha, etc…alors que la stratégie est l’essentiel aujourd’hui depuis que le nombre d’acteurs a été démultiplié. Personne ne connaît le modèle concret de concurrence auquel se réfère les membres de la commission de Bruxelles. Ils sont obnibulés par l’ouverture des marchés européens car ils savent que les financiers de Washington veulent tirer un gain d’au moins 25 % d’une activité afin d’engraisser leurs actionnaires-pillards. Il est nécessaire, pour accomplir ce miracle permanent, de voler les européens, tout en faisant passer ce vol pour de la simple concurrence qui, en réalité, n’existe pas. Le résultat concret obtenu est qu’il est possible, à travers les articles 81, 85, 87 et 88 de l’Union Européenne, d’attaquer toute décision qui chagrine, de castrer les Européens qui ne peuvent plus aider aucune entreprise alors qu’eux-mêmes gavent les leurs de dollars émis par la planche à billet.  Il est quasi impossible d’être plus veule, plus infâme, plus traître que ces larves triées sur le vole(r)…quoi qu’il n’existe aucune limite inférieure dans la graduation de l’esclavage.

Dans cette situation s’inscrit l’entretien que J.M.Quatrepoint a accordé récemment à Bruno Bertez. Il remarque que l’intrigue est désormais la norme au niveau de l’État français. Sans remonter jusqu’à Messier et autres  collabos des mafias étrangères, Tchuruk avec Alcatel,  Lauvergeon aussi sinistre que la goule des cimetières, Crouzet à Vallourec,…le récent dossier Alstom est typique du grand « bankstérisme » des factions en possession d’Etat. Les affidés ont touché une gratification pour débarasser les anglo-saxons d’une organisation qui leur faisait ombrage. Ils ont tous été promus après cette mauvaise action: la Gaymard, le Kron, le Poux,… La mentalité des domestiques de l’Empire du néant ne va pas au-delà des obsessions d’un vendeur de voitures d’occasion. Ils ont atteint leur véritable niveau d’incompétence.  J.M. Quatrepoint a parfaitement décripté cette personnalité négative. Citons-le:  «Cette nouvelle génération de hauts fonctionnaires et d’énarques ne s’intéresse pas à la politique industrielle… Ils ont été biberonnés au lait de l’atlantisme. Pourquoi vouloir l’indépendance en matière de haute technologie ? Autant s’en remettre aux Américains…» Surtout lorsque ces petits fonctionnaires de l’horreur touchent en échange un plat de lentilles, selon la formule utilisée dans la bible qui sert de référence à leurs maîtres.

Conclusion : la dérivation

Les petits fonctionnaires installés à la Commission Européenne, ont été choisis d’après le critère de la servilité à l’égard des »mafias globalitaires ». Ils ne luttent pas pour être grands, pour mener au plus haut niveau possible la science et l’industrie en Europe, tant pour ses peuples que pour le reste du monde. Ils disent suivre une politique industrielle mais choisissent en fait un tout autre but, la vente de ce qui ne leur appartient pas, les richesses publiques, pour percevoir une petite commission. Le sordide est leur monde. Ils sont droit dans leurs bottes de marchands des quatre-saisons puisque la vente est ouverte en permanence…..

Illustration : Raffinerie de Lavéra à Martigues

 

 

 

 

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