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Contre la Corée du Nord, l’Amérique se positionne dans le Pacifique Nord

Pacifique Nord  1

Contre la Corée du Nord, l’Amérique se positionne dans le Pacifique Nord

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Michel Lhomme, politologue ♦

Après l’adoption à l’unanimité, le 2 mars, d’une résolution alourdissant les sanctions contre la Corée du nord par le conseil de sécurité, les manœuvres sud-coréano-américaines ont commencées ce 7 mars.

Il s’agit de ” Key Resolve “, une simulation par ordinateur qui s’achèvera le 18 mars, et de ” Foal Eagle “, une opération de terrain qui durera, quant à elle, jusqu’au 30 avril prochain. Cet événement militaire régulier se tient juste après l’entrée en vigueur des sanctions les plus lourdes que le Conseil de sécurité de l’Onu a prises contre la Corée du Nord pour ses récents essais nucléaire et balistique.

Avec la participation de 290 000 soldats sud-coréens et de 15 000 GIs américains, l’ampleur de cette édition 2016 est la plus importante depuis les débuts de cet entrainement conjoint. Ces opérations mobilisent de nombreuses armes stratégiques américaines dont le bombardier Stealth B-2 et l’avion de combat Stealth F-22, ainsi qu’un porte-avion et un sous-marin à propulsion nucléaire. L’exercice sera accompagné par une autre manœuvre conjointe régulière baptisée ” Ssangyong ” qui consiste, en général, à simuler un débarquement sur les côtes nord-coréennes.

Durant tous ces exercices, les forces combinées Corée-USA renforceront la surveillance des mouvements des troupes militaires nord-coréennes, via une importante batterie de satellites militaires et d’avions de reconnaissance. Du coup, le leader nord-coréen Kim-jong-Un s’est mis dans une colère noire. Feinte ou réelle, Pyongyang a menacé de procéder à des frappes nucléaires ” à l’aveugle ” contre la Corée du Sud et les États-Unis, si ces pays maintenaient leurs manœuvres militaires communes. La menace d’une « attaque nucléaire préventive au nom de la justice » figure dans une déclaration du Commandement suprême de l’Armée populaire coréenne, a indiqué lundi l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

La réplique verbale de Pyongyang n’est pas une surprise. La rhétorique belliqueuse est une constante de la part du régime le plus isolé au monde lorsque les tensions augmentent avec Séoul. Si Pyongyang dispose vraisemblablement d’un petit arsenal de têtes nucléaires, les spécialistes sont divisés quant à sa capacité réelle à les monter sur des missiles.

Même si Washington semble prendre au sérieux les menaces nord-coréennes de frappes nucléaires, c’est surtout un moyen pour elle de se disposer de manière incomparable dans le Pacifique Nord ce que les Chinois comme les Russes ont parfaitement compris. D’ailleurs, le département d’Etat américain et le Pentagone ont confirmé que les États-Unis et la Corée du Sud avaient commencé à discuter du déploiement d’un bouclier antimissile américain en Corée du Sud pour faire face à la menace nord-coréenne. Ce système THAAD (Terminal High Altitude Area Defence System) est censé tirer des missiles conçus pour intercepter et détruire des missiles balistiques alors qu’ils sont encore juste à l’extérieur de l’atmosphère ou bien qu’ils viennent d’y entrer, durant leur dernière phase de vol.

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