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Pourquoi les terroristes ont-ils attaqué Bruxelles ?

Bruxelles Metro

Pourquoi les terroristes ont-ils attaqué Bruxelles ?

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Maxim Yousin ♦

Les attentats de Bruxelles vus de Russie

Une série d’attentats à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et dans le métro bruxellois ont fait mardi 22 mars au moins 26 morts et une centaine de blessés, selon différentes sources. Maxim Yousin, journaliste politique du quotidien Kommersant, commente les explosions survenues dans l’aéroport de la capitale belge.

En déclenchant des explosions dans l’aéroport et le métro bruxellois, les terroristes islamiques envoient simultanément plusieurs messages à la communauté internationale.

Premier message. Vous n’êtes pas en mesure de nous vaincre ni de nous décapiter.
Il y a quelques jours à peine, les services spéciaux belges ont réussi à arrêter Salah Abdeslam, l’organisateur des attentats qui ont touché Paris en novembre dernier – l’homme en qui l’Europe voit le symbole de la nouvelle vague terroriste. On pensait les djihadistes neutralisés pour quelque temps, on pensait qu’ils ne se relèveraient pas aussitôt d’une telle frappe. Hélas, il n’en est rien. Un attentat provocateur vient d’être organisé justement à Bruxelles. Autrement dit, la cellule terroriste démantelée est loin d’être la seule existante. Autrement dit, d’autres sont actives. Autrement dit, de nouvelles attaques auront lieu.

Deuxième message. Les terroristes veulent montrer aux Européens que toutes les mesures de sécurité prises par les autorités sont inefficaces, que les « soldats du djihad » sont plus forts, qu’ils maîtrisent complètement la situation et qu’ils ont toujours au moins un coup d’avance sur les services spéciaux.
Après l’arrestation de Salah Abdeslam à Molenbeek, il est devenu évident que le pays applique des mesures de sécurité renforcées. Mais celles-ci n’ont servi à rien. Autrement dit, rien ni personne ne servira à quoi que ce soit. On peut vous tuer à tout moment – à l’aéroport, à la gare, au café, au théâtre, à un match de foot, etc. Vous vous êtes lancés dans une guerre dont vous ne pouvez pas sortir vainqueurs. Nous vous battrons de toute façon. Parce que, contrairement à nous, vous avez peur de la mort. Voilà ce que les terroristes veulent faire comprendre aux Européens.

Troisième message. Les victoires remportées ces derniers mois en Syrie et en Irak par les forces internationales dans la guerre contre l’État islamique ne nuisent aucunement à l’attrait du djihad mondial ni à l’état des groupements actifs en Europe. Ces derniers ont suffisamment de forces, de ressources, d’argent et de détermination pour poursuivre leur combat.

Plus tard dans la matinée, une autre explosion a eu lieu dans la station de métro Maelbeek, proche du Parlement européen, faisant 15 morts et 55 blessés, selon un premier bilan.

Face à cela, quelle peut être la réaction de l’Europe et de l’ensemble du monde civilisé, y compris la Russie ?

La seule réaction possible est de vivre comme avant, de ne pas se laisser abattre, de continuer à prendre l’avion, d’aller au restaurant et d’assister aux matchs de football. Parce que l’unique alternative serait une capitulation sans condition devant ces fanatiques moyenâgeux qui ne feront qu’imposer de nouvelles exigences et ne s’arrêteront jamais.

Nous ne pouvons pas capituler et nous ne le ferons pas. Nous nous habituerons à ce nouveau monde – un monde où le terrorisme est une réalité quotidienne. Non seulement dans les points chauds mais partout. Même dans les pays qui, comme la Belgique, semblaient être des coins tranquilles où, par définition, rien de grave ne pouvait arriver. Il n’y a plus de coins tranquilles dans le monde.

Pour autant, ce n’est pas une raison pour céder à la panique ni pour déposer les armes.

Notre ennemi est puissant, impitoyable et dénué de principes. Mais il ne remportera pas cette guerre.

Source
  1. Bernard Plouvier
    Bernard Plouvier23 mars 2016

    Cher monsieur, vous êtes manifestement un homme de conviction et cela force le respect.
    Vos arguments, hélas, rappellent curieusement ceux de la propagande de Jean Giraudoux en 1939-40 et de Paul Reynaud : nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts et parce que nous représentons le Droit, la Démocratie bla, bla.
    Notre ennemi n’est nullement dénué de principes, bien au contraire :
    1 – il sait que la force prime toujours
    2 – il sait que l’hystérie est contagieuse : chaque attentat réussi ne peut qu’accroître le nombre de moudjahidin, mâles et femelles (puisque le nouveau calife a autorisé les femmes à tuer pour allah)

    Votre courageuse détermination à ne rien changer à votre existence ressemble à la résilience des pays occupés de la Seconde Guerre mondiale. Elle est dangereuse : on peut vivre sans fréquenter bars et restaurants en période de guerre civile et en évitant gares et aéroports, car ce sont les cibles préférées des terroristes !

    Nous ne sommes pas les premiers à être confrontés au terrorisme crapuleux et djihadiste (l’un fait le lit de l’autre) : la Russie a été attaquée il y a dix ans par la mafia tchétchène, couplée à un djihadisme au moins de façade. Poutine a gagné la guerre grâce à une action très violente (qui a soulevé la réprobation des crétins occidentaux).

    Quel est l’ennemi ? L’islam.
    Y-a-t-il un islam sans Djihad ? Non ! Lisez le coran : 9 sourates coraniques exigent la pratique du djihad par tout fidèle en bonne santé.
    Donc : il faut refouler impitoyablement tous les islamiques en terres d’islam ; il faut interroger par tous les moyens les djihadistes capturés pour obtenir les noms de leurs commanditaires et complices, tous gens à interroger puis à éliminer discrètement, par décapitation (vidéo envoyée à leurs familles et amis), le cadavre étant enfermé dans une peau de porc (vidéo idem).
    Nous ne gagnerons pas avec des mots (si jolis soient-ils), ni avec des mesures « démocratiques », mais en appliquant la Terreur aux terroristes, à leurs familles, à leurs amis
    Programme peu exaltant, mais une guerre civile est toujours abominable.

  2. Robert41
    Robert4124 mars 2016

    Ces attentats ont peut être réveillé l’Europe, qu’il fallait qu’elle prenne conscience sérieusement de sa sécurité intérieure. Oui peut être, parce que les mauvaises habitudes reviennent aussi vites quelles sont parties … Nous avons tous étaient témoins de ces blablas de politiques de de spécialistes qui nous promettaient après boucherie, une riposte armée impitoyable … Riposte armée qui s’effectue plus facilement en OpEx qu’en OpIn. Cela semble plus facile de mettre en ordre de marche un porte-avions et d’employer un rafale pour larguer une bombe sur une baraque que d’user d’un tireur d’élite sur le sol national pour éclater un crâne de malfaisant à 500 m. D’un côté on peut et de l’ordre c’est sacrément interdit. On en est là ! Quoique les voyous ne se gênent pas eux, pour régler le compte efficacement de l’adversaire comme cela se pratique dans la région marseillaise. Alors, on attend et on se contente d’un harcèlement médiatique le plus souvent ignoble dans le traitement de l’information sur ces rhizomes djihadistes solitaires et de fratrie. Pour lutter efficacement contre cette guérilla urbaine, il faudrait changer la classe politique dirigeante et représentative qui siège dans les Chambres. Le constat est simple, ces représentations ont toutes faillies du premier ordre régalien qui s’impose, c’est à dire le droit à la sécurité intérieure des citoyens. Cela fait trop longtemps qu’un entrisme communautaire électoral agit sur la masse nationale, en employant des cris d’orfraie pour dénoncer un racisme à sens unique lorsque leurs aménagements partiaux sont écartés et reste le plus souvent précautionneux et indifférents lorsque le tueur est l’un des leurs. On attend les condamnations du Qatar, de l’Arabie, du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie ? En France, il y a deux choses à changer rapidement c’est la politique et le judiciaire. On ne punie pas efficacement, on admoneste, on libère sous contrôle bref on n’applique pas une réponse judiciaire ferme. Les retours de combattants de Syrie ne font pas l’objet d’un Guantánamo français. Les îles Kerguelen pourraient être un lieu de villégiature idoine pour ses esprits échauffés. Tant qu’à la politique française, elle est désastreuse par corruptions, par dévoiement et par complicité silencieuse.

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