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La Chine achète aussi les terres australiennes…

Australie Elevage Betail Dans Territoire Du Nord

La Chine achète aussi les terres australiennes…

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Lait, viande, et même noix de macadamia, les Chinois ne se contentent plus d’acheter ces produits australiens dont ils raffolent, ils acquièrent des fermes, dont les plus grandes et les plus anciennes de l’île continent.

Créée il y a près de 200 ans en Tasmanie (Sud), la plus grande ferme laitière australienne – 30.000 vaches sur 25 sites –  la Van Diemen’s Land Company (VDL), propriété de Néo-Zélandais, vient d’être rachetée par le Chinois, Lu Xianfeng, pour 280 millions de dollars australiens (189 millions d’euros). Les regards sont désormais tournés vers l’éleveur S. Kidman & Co. Une gigantesque affaire, qui comprend 101.000 kilomètres carrés de terre (plus que la taille du Portugal) et compte environ 185.000 têtes de bétail. Il s’agit de plusieurs ranchs situés au centre et au nord de l’Australie, dont le plus grand du monde, celui d’Anna Creek. Le bœuf est exporté vers le Japon, les Etats-Unis, l’Asie du sud-est.

La Kidman station créée en 1899 par Sir Sidney Kidman, appartient à ses descendants. Elle a été mise en vente en 2015, et devait tomber dans les mains d’un Chinois, le groupe Pengxin, prêt à débourser 350 millions de dollars australiens (236,4 millions d’euros), selon la presse.  Mais en novembre, le gouvernement a opposé son veto à la vente, qualifiée de « contraire à l’intérêt national », car le ranch d’Anna Creek s’étend en partie sur une immense zone militaire. Depuis, Kidman a été remis en vente. Des Australiens ont manifesté leur intérêt, mais Pengxin reste le favori, selon la presse.

Face à la préoccupation des Australiens, surtout inquiets des achats effectués par les Chinois, le gouvernement a renforcé sa législation, en abaissant il y a un an le seuil à partir duquel les investissements doivent être approuvés par l’administration. Auparavant de 252 millions de dollars (170,2 millions d’euros), il est désormais fixé à 15 millions (10 millions d’euros). De plus, le gouvernement a créé un registre des terres agricoles afin de recenser le nombre et le montant des investissements étrangers.

En attendant ce registre, qui devrait aboutir dans l’année, il n’est pas possible de connaître précisément le poids des étrangers dans l’agriculture australienne. D’autant que les ventes de terres s’élevant à plus de 15 millions de dollars ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. Des Chinois investissent plus confidentiellement dans des fermes de taille plus réduite : plusieurs ont, par exemple, manifesté leur intérêt pour la production de noix de macadamia. ML. [28.3.2016]

Illustration : rassemblement de bétail dans le Territoire du nord dont 25% des terres appartiennent à des étrangers

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