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Les Papous sont bien des originaux !

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Les Papous sont bien des originaux !

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Michel Lhomme, politologue ♦

Les habitants de Papouasie-Nouvelle-Guinée seraient la seule population du monde chez qui on a découvert des gènes de Dénisoviens, un cousin disparu de l’homme moderne, selon une étude publiée dans la revue américaine Science.

papoux_2Dans le passé, il y a eu des croisements entre groupes d’humains modernes, avec notamment l’homme de Néandertal disparu il y a 30.000 ans environ mais, alors que les flots de gènes hérités des Néandertaliens dans le génome des hommes d’aujourd’hui ont été documentés par de nombreuses études, peu était connu sur ce qui persiste de l’ADN de l’homme de Dénisova, une espèce primitive qui se serait éteinte il y a au moins 30.000 ans.

Les chercheurs ont donc analysé le génome de 1.523 personnes représentatives de la population mondiale, dont 35 de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les résultats montrent que toutes les populations non-Africaines de la planète ont hérité de 1,5 à 4% de gènes de Néandertaliens alors que seuls les Mélanésiens, venant des îles au nord de l’Australie, ont en plus une proportion significative de gènes de Dénisoviens (de 1,9 à 3,4%).

«Je suis surpris que des gènes de Néandertaliens et de Dénisoviens aient pu atteindre des endroits aussi isolés», commente un des auteurs, Andrew Merriwether, anthropologue de l’Université de Binghamton (New York). «Nous savons que les Mélanésiens sont dans ces îles depuis au moins 48.000 ans, comme en témoignent les ossements retrouvés mais personne n’a pu établir de lien entre ces populations et d’autres lieux car elles ont été isolées très longtemps», ajoute-t-il.

papoux_3Les chercheurs ont également déterminé que des croisements entre Néandertaliens et des hommes modernes se sont produits au moins à trois reprises, les humains modernes et l’homme de Néandertal ayant co-existé pendant des milliers d’années. Nonobstant, les croisements entre humains et l’homme de Dénisova ne se sont produits qu’une seule fois, selon ces scientifiques.

L’existence des Dénisoviens a été établie grâce à l’analyse génétique d’une phalange et de deux dents découvertes en 2008 dans une caverne dans le nord de la Sibérie. L’homme de Dénisova a ainsi rejoint les rangs de nos anciens cousins dans l’arbre de l’évolution. «Les Dénisoviens sont la seule espèce d’humains archaïques dont on sait plus par des analyses génétiques des hommes modernes que par les fossiles dont peu ont été mis au jour», souligne Joshua Akey. Selon lui, l’hypothèse la plus probable est que les Dénisoviens devaient se déplacer sur de vastes étendues géographiques, allant jusque dans le sud-est de l’Asie où se trouvaient également des premiers humains modernes.

Dès lors, certains de leurs descendants seraient parvenus jusque dans les îles au nord de l’Australie.

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