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Palmyre libéré et sauvegardé : merci Poutine et Assad

Temple Of Baal Shamin Palmyra 1

Palmyre libéré et sauvegardé : merci Poutine et Assad

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Jean Bonnevey ♦

La communauté des démocraties avait-elle abandonné le patrimoine mondial à la sauvagerie islamiste ?

Il n’y a pas eu beaucoup de messages de félicitations et de remerciements venant des démocraties pour la libération de Palmyre. Pourtant les gardiens auto-proclamés de la civilisation auraient dû s’enthousiasmer. Nous le ferons donc à leur place.

Car, qu’importe qui libère Palmyre. Ce qui compte, c’est que ce trésor antique même gravement dégradé est globalement sauvé. Si Palmyre avait compté sur les Usa et leurs alliés, les obscurantistes d’Allah auraient pu continuer leurs destructions et leurs trafics. Cela confirme que pour vraiment gagner, il faut être au sol et combattre face à face les djihadistes du califat.

Le journal 20 minutes pose une question en guise de commentaire. Doit-on se réjouir ? Et l’Obs qui avait salué la libération de Phnom Penh par les khmers rouges de s’inquiéter du succès médiatique et militaire de Poutine et Assad. Ils ne changeront jamais.
Palmyre a été libéré à temps semble-t-il et sans que les djihadistes ne se livrent, dans leur retraite, à des destructions massives de représailles. Une annonce saluée par le secrétaire générale des Nations unies, Ban Ki-moon, dimanche soir.

Selon Maamoun Abdulkarim, directeur des Antiquités et musées de Syrie (DGAM), joint par téléphone, « 80 % de l’architecture du site archéologique n’ont pas été touchés, la colonnade, l’agora, le théâtre, les ruines des bains [de Dioclétien], les temples de Nébo et d’Allat », comme le montre d’ailleurs une vue aérienne prise par un drone russe.

Outre la citadelle arabe qui a été endommagée dans les combats, le Musée archéologique a été saccagé. Quatre cents sculptures avaient pu être évacuées avant l’arrivée de l’État Islamiste. Intransportables car trop lourds, les statues et hauts-reliefs ont été renversés, les têtes coupées, les visages martelés, à la manière du massacre perpétré au Musée de Mossoul, en Irak, il y a un an. « C’est dramatique, le musée est dans un état lamentable », se désole Michel Al-Maqdissi, responsable des fouilles et des études archéologiques de Syrie de 2000 à 2012, qui fouillait encore dans l’enceinte du temple Bêl en 2011. Après les destructions, les pillages ont continué, reconnaît-il : « Il y a eu beaucoup de fouilles clandestines, les tombeaux ont été pillés, mais nous n’avons pas de détails. »

Dans un communiqué lu à la télévision, l’état-major syrien dit avoir porté « un coup mortel aux terroristes » et parle de « début de la fin » pour les islamistes. Palmyre sera « une base de départ pour de nouvelles opérations militaires » dans les provinces de Rakka et de Deir ez-Zor, bastions des islamistes plus à l’est, vers la frontière irakienne, dit l’armée. Elle annonce vouloir poursuivre son offensive contre l’EI, le Front Al-Nostra et « d’autres groupes terroristes ».

Devant cinq députés français du parti Les Républicains en visite à Damas, le président Bachar Al-Assad a qualifié « d’exploit important » la reprise de Palmyre. Il s’agit d’une « nouvelle preuve de l’efficacité de la stratégie de l’armée syrienne et de ses alliés dans la guerre contre le terrorisme, en comparaison avec le manque de sérieux de la coalition menée par les États-Unis » contre l’EI, a-t-il ajouté. Son homologue russe, Vladimir Poutine, l’a félicité pour cette reconquête.

La reconstruction de «la perle du désert» sera longue. Maamoun Abdelkarim, le chef des Antiquités et des Musées de Syrie a déclaré au lendemain de la reprise de la ville par les forces armées syriennes: «si nous avons l’approbation de l’Unesco, il nous faudra au moins cinq ans pour restaurer les bâtiments détruits et endommagés dans la cité antique de Palmyre».  Annie Sartre-Fauriat, membre du groupe d’experts de l’Unesco, très hostile à Assad reçoit heure par heure des photos et vidéos transmises du terrain à différents sites spécialisés en archéologie. Pour elle, «beaucoup de vestiges devront être passés par perte et profits». Elle a notamment reçu une vidéo, lundi 28 mars, montrant pour la première fois l’intérieur du Musée de Palmyre, qui avait été transformé par l’État islamique en tribunal. C’est un vrai saccage.

Contrairement à ce qu’on pensait, le musée n’avait pas été vidé des pièces qu’il contenait, car le service des antiquités n’a eu que 48 heures pour es emballer, et les pièces monumentales n’ont pas pu être emportées.  Selon les photos prises sur place, «les personnages sur les couvercles des sarcophages ont été martelés, toutes les statues ont été renversées, décapitées, brisées». Les plaques funéraires, qui sont typiques de Palmyre, «ont été arrachées sauvagement des murs, probablement pour être vendues par Daech sur le marché de l’art», déplore Annie Sartre-Fauriat.

Maintenant, il faut sécuriser le site et tout faire pour que, dans 5 ans, Palmyre retrouve sa splendeur et contemple de loin les cadavres des armées défaites de ses profanateurs.

Illustration : temple de baal-shamin à Palmyre
  1. Robert41
    Robert4131 mars 2016

    Non ce n’est pas Superman, ni Batman, ni Hulk, et encore moins ces héros de guerre de films américains qui ont gagné en Syrie … C’est bien Vladimir, Poutine, l’Homme fort, qui a fait basculer radicalement l’emprise de Daech en Syrie. Le Président Poutine parle peu mais quand il parle, il prévient toujours et écrase ensuite les persistants. C’est l’Homme qui assume sa parole et les délais impartis. Critiqué par le camp atlantiste et la fanfare occidentale médiatique, il a assumé son objectif. Un grand pas vers la victoire. Certes ce n’est pas fini totalement mais une immense région vient d’être délivrée et surtout, Poutine a redonné de l’espoir aux forces syriennes, kurdes et irakiennes d’achever ce serpent. Autant la France s’est comportée admirablement au Mali, autant cet engagement syrien est devenu un déshonneur; c’est du même acabit que l’intervention en Libye. Hollande aurait du parler au Président Poutine, avant de s’engager comme un tayot au service d’Obama. Notre politique est responsable de ce suivisme partial, nous avons oublié la souveraineté du leader Syrien qui est du même niveau que les monarchies du Golf. – Bachar El Assad aurait pu rétorquer à Hollande, sa légitimité fragilisée dans l’exercice de sa fonction dont le bon sens démocratique, était de dissoudre l’Assemblée nationale afin de remettre une légitimité nationale. C’est cela aussi le droit d’ingérence, c’est dans les deux sens car l’incompétence tue aussi. En attendant saluons d’un grand Hourra le grand Chef de l’Est.

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