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Daesh et la menace nucléaire : les soupçons confirmés

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Daesh et la menace nucléaire : les soupçons confirmés

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Michel Lhomme, politologue ♦

Dans le documentaire sur la dissuasion nucléaire « La France, le Président et la bombe» , diffusé sur France 5, le chef d’état-major des armées a abordé la question du terrorisme.

Interrogé par Jean Guisnel et Bruno Tertrais, le général Pierre de Villiers parle à un moment de Daech, se déclarant« persuadé que nous avons à réfléchir sur l’évolution du terrorisme international qui se transforme en État. Cette réflexion doit être corrélée au concept de dissuasion nucléaire », ajoute-t-il. Dans un domaine où chaque mot est pesé, on peut penser que ces propos ont été validés par l’état-major des armées avant diffusion. Ils méritent donc d’être ici relevés et commentés.

Rappelons que le 19 janvier 2006, lors d’un discours à Brest, le président Chirac avait déjà évoqué la question en ces termes : « La dissuasion nucléaire n’est pas destinée à dissuader des terroristes fanatiques. Pour autant, les dirigeants d’États qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous (…) doivent comprendre qu’ils s’exposent à une réponse ferme et adaptée de notre part. Et cette réponse peut être conventionnelle. Elle peut aussi être d’une autre nature. » Autrement dit : nucléaire.

Ces propos chiraquiens sont à mettre en rapport avec ceux de François Hollande, son fidèle continuateur corrézien, le 19 février 2015 à Istres : « Je réaffirme solennellement que la France n’utilisera pas d’armes nucléaires contre les États non dotés de l’arme nucléaire, qui sont parties au Traité de non-prolifération (TNP) et qui respectent leurs obligations internationales de non-prolifération des armes de destruction massive ». Sous-entendu : les autres ? Cela n’est pas exclu.

La doctrine française actuelle pourrait donc finalement s’exprimer ainsi : un État autoproclamé, qui ne serait donc pas signataire du TNP et qui aurait « recours à des moyens terroristes  contre nous » pourrait relever de la dissuasion nucléaire. A condition évidemment que les « intérêts vitaux » de la France soient en jeu mais que l’on s’entende aussi sur la notion d’État. La position reste peu claire mais elle est tout de même dite et affirmée.

Nous avons révélé ces derniers jours les menaces nucléaires en Belgique. La prise de contrôle d’une centrale nucléaire par des mouvements jihadistes pourra devenir une réalité « avant cinq ans », a d’ailleurs admis samedi dernier le coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, alors que la sécurité des sites nucléaires belges est pointée du doigt.

Comme nous le disions dans une brève,  les services belges de sécurité étaient bien déstabilisés le jour de l’attentat de l’aéroport parce qu’ils avaient reçu une menace forte sur leurs centrales. Gilles de Kerchove, le coordinateur belge de la lutte contre le terrorisme ajouta d’ailleurs dans une interview au quotidien La Libre Belgique. : « Je ne serais pas étonné qu’avant cinq ans, il y ait des tentatives d’utiliser l’internet pour commettre des attentats », notamment en prenant le contrôle du « centre de gestion d’une centrale nucléaire, d’un centre de contrôle aérien ou l’aiguillage des chemins de fer ». « A un moment donné, il y aura bien un gars au sein de l’organisation jihadiste Etat islamique avec un doctorat en technologie de l’information qui sera capable d’entrer dans un système » a-t-il estimé.

La miniaturisation des explosifs mais également la connaissance accrue des combattants de l’État islamique dans les biotechnologies constituent effectivement de réelles menaces pour l’avenir. Des médias belges et internationaux ont rapporté que la cellule terroriste bruxelloise responsable des attentats de Bruxelles avait prévu la fabrication d’une « bombe sale » radioactive après une surveillance vidéo par deux des kamikazes, les frères El Bakraoui, d’un « expert nucléaire » belge.

C’est dans ce contexte de suspicion sur la sécurité des sites nucléaires qu’un agent de sécurité dans le nucléaire a été abattu et son badge volé il y a quelques jours dans la région de Charleroi, dans le sud de la Belgique, selon le journal La Dernière heure. Cette information n’a cependant pas été confirmée par l’AFP, ni par des sources officielles.

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