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Sommet international sur la sécurité nucléaire : entre terrorisme et Corée du nord

Sommet Securité Nuclaire

Sommet international sur la sécurité nucléaire : entre terrorisme et Corée du nord

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Michel Lhomme, politologue ♦

Le scénario catastrophe d’une « bombe sale » entre les mains de jihadistes de l’État islamique (EI) a pesé sur les travaux du sommet international sur la sécurité nucléaire organisé ce week-end dernier à Washington par le président Barack Obama. C’est le locataire de la Maison Blanche qui avait lui-même lancé en avril 2010 ce rendez-vous d’une cinquantaine de pays réunis dans la capitale fédérale américaine.

Dans un discours resté fameux donné à Prague en avril 2009 sur « un monde sans armes nucléaires », M. Obama avertissait que le risque d’une attaque nucléaire représentait « la menace la plus immédiate et la plus extrême pour la sécurité mondiale ». Le contexte est d’autant plus dramatique pour la quatrième édition de ce sommet qu’il se tient après les attentats de Bruxelles revendiqués par le groupe EI, dans le sillage d’informations sur un hypothétique attentat « terroriste nucléaire » mais aussi dans la fuite orchestrée (?) d’un général saoudien sur le fait que l’Arabie Saoudite posséderait la bombe  et avec les menaces persistantes de la Corée du Nord.

Deux jours après le carnage dans la capitale de l’europe, le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano prévenait dans un entretien à l’AFP: « Le terrorisme se répand et la possibilité que des matériaux nucléaires soient employés ne peut pas être exclue ».

Signe de l’inquiétude de Washington, la Maison Blanche a proposé à la Belgique l’assistance des États-Unis « pour protéger les infrastructures nucléaires » du pays. L’État Belge a d’ailleurs déployé des militaires autour de ses centrales. Bien que le sommet sur la sûreté nucléaire ne soit pas exclusivement consacré au risque terroriste, il a été décidé à la dernière minute que des pays de la coalition militaire internationale anti-jihadiste se réuniront en marge de la conférence plénière.

Pour justifier cette réunion à huis clos, le porte-parole du Pentagone Peter Cook a souligné que les États-Unis s’ « inquiètent que des armes de destruction massive puissent tomber dans les mains de terroristes » et à la Maison Blanche, le conseiller adjoint à la Sécurité nationale Benjamin Rhodes a reconnu que « des organisations terroristes ambitionnaient depuis des années d’acquérir des matériaux nucléaires ». En fait, très peu d’experts pensent que le groupe EI puisse un jour se doter d’une arme atomique mais beaucoup craignent qu’il ne s’empare d’uranium ou de plutonium pour tenter d’assembler une « bombe sale ». Un tel engin ne provoquerait pas d’explosion nucléaire mais la diffusion de radioactivité aurait de terribles conséquences sanitaires, psychologiques et économiques.

Mais pourquoi mettre la Russie sur la touche ?

Á ce sommet international sur la sécurité nucléaire, le président Obama a accueilli une cinquantaine de dignitaires étrangers, parmi lesquels ses homologues chinois Xi Jinping, sud-coréenne Park Geun-Hye et le turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Mais le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine, dont le pays reste une puissance militaire nucléaire majeure, et les dirigeants d’Iran et de Corée du Nord, aux programmes nucléaires controversés, seront absents.

Pourquoi donc mettre la Russie sur la touche ? Pour faire plaisir à François Hollande et à la France ? Selon Fabien Penone, le conseiller de François Hollande à la cellule Russie, Balkans, Europe orientale hors Union Européenne, le président français aurait proposé aux États-Unis de préparer, par précaution, les plans d’une guerre contre la Russie. Lors d’une conférence de presse à Séoul sur l’escalade de tension entre les deux Corées, Fabien Penone, le nouvel ambassadeur de la France, a peut-être trop parlé en soulignant le soutien de la France envers les initiatives de Séoul pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne : « Je confirme notre soutien aux autorités de la Corée du Sud dans les épreuves qu’elles peuvent rencontrer

Voici le texte exact de sa déclaration singulière : « Personnellement, je n’ai aucun désir de voir une escalade de la tension et la France appuie une solution pacifique pour les deux Corées, je ferait à mon tour tout mon possible pour atténuer les tensions comme je l’ai déjà fait en 2014 où le président Hollande voulait proposer un plan d’urgence aux États-Unis pour entrer en guerre contre la Russie, ce qui pouvait aboutir à une catastrophe mondiale ».

Quand un ambassadeur de France joue au messager de paix et confirme les positions va-t’en guerre et antirusses de Fabius en Syrie!

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