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Nuit debout : gouvernement couché

Unef

Nuit debout : gouvernement couché

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Raoul Fougax ♦

La presse idéologique, notamment l’audiovisuelle, est atteinte d’une nouvelle crise de jeunisme

Cela consiste, on le sait, à perdre tout esprit critique vis-à-vis de revendications de mouvements jeunes, considérés comme admirables par définition. On a connu de vastes pandémies dévastatrices du temps des hippies puis de mai 68.

Sous les fleurs il y avait les goulags marxistes d’Indochine et sous les pavés l’affairisme de gauche.

On peut cependant prédire à William Martinet, leader de l’Unef, un bel avenir. Il aura sans doute négocié un plan de carrière pour entériner le plan Valls. Quand au premier ministre, il se sera couché, écornant encore un peu plus son image d’autorité de gauche.

Nuit debout certes mais gouvernement couché.

On sait que les organisations d’étudiants et de lycéens ne représentent qu’une infime minorité politisée à gauche. Mais cette minorité est médiatiquement assimilée à la jeunesse française par des journalistes engagés qui rêvent en fait d’un nouveau mai 68.

Valls démine donc un peu le milieu étudiant, mais pour la loi travail rien n’est encore réglé. Il faudra encore reculer sous le regard ironique d’un Macron.

Les titulaires d’un CAP, d’un baccalauréat professionnel, d’un BTS, d’un DUT, d’une licence, d’un master ou d’un diplôme d’ingénieur, boursiers pendant leurs études, pourront demander la prolongation de leur bourse, après avoir décroché leur diplôme et en attendant de trouver un emploi. Mais cette prolongation ne pourra durer plus de quatre mois. Cette nouvelle aide à la recherche d’un premier emploi (ARPE) démarrera dès la rentrée 2016 et sera donc versée de septembre à décembre. Matignon estime à 130.000 jeunes le nombre de bénéficiaires potentiels, pour un coût de 130 millions d’euros par an. Est également prévue une amélioration de la rémunération et des droits des apprentis, dans le cadre d’une concertation avec les partenaires sociaux. Sans attendre, l’État prendra à sa charge une augmentation des minima salariaux légaux des jeunes de 16 à 20 ans au 1er janvier 2017. Le coût supplémentaire pour les employeurs sera «entièrement compensé par l’Etat», qui consacre à cette mesure une enveloppe de 80 millions d’euros.

Manuel Valls a également promis qu’un quota de places en Institut universitaire de technologie, dont l’accès est sélectif, sera réservé aux bacheliers des filières technologiques. Le nombre de places en BTS va être augmenté, possiblement de 2000 places par an pendant cinq ans. La garantie locative, qui permet aux jeunes d’accéder au logement plus facilement, pourrait être étendue voire généralisée.

L’ensemble de ces mesures, qui auront un impact concret pour les jeunes, selon Manuel Valls, coûteront entre 400 et 500 millions d’euros par an. Voilà qui va coûter cher et surtout envoyer un signal de faiblesse qui sera reçu 5 sur 5 par d’autres catégories de vrais faux jeunes.

Avoir une bourse étudiante en ayant terminé ses études il fallait y penser… pourquoi pas une allocation chômage ensuite calqué sur la dernière bourse dans un système à faire fantasmer les intermittents du spectacle. On ne devrait pas tarder d’ailleurs a les voir se repointer.

L’allocation chômage jusqu’au premier emploi, même Aubry n’y avait pas pensé, nous si !

Illustration : l’Unef, un plan de carrière se dessine pour William Martinet

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