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Panama papers : être dans un fichier ne signifie rien

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Panama papers : être dans un fichier ne signifie rien

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Jean Guiart, anthropologue et ethnologue ♦

Nous avons demandé à Jean Guiart, qui nous a fait  l’honneur de nous envoyer de multiples articles de qualité, une réflexion sur les « Panama papers ». Nous ne sommes pas déçus. La position de Jean Guiart, sur ce problème, pourrait être classée comme iconoclaste. Elle a cependant le mérite d’ouvrir d’autres perspectives, confirmant la vocation critique de Métamag. La Rédaction.

N’importe qui peut fabriquer un fichier de toutes pièces, gonfler un fichier existant, ou manipuler un amas de fichiers jusque là restés dans l’ombre de manière à mélanger un tas de gens parfaitement innocents aux quelques personnes visées vraiment coupables de quelque chose, si culpabilité il y a dans des pays où échapper au fisc a toujours été considéré comme un art.

Quand il s’agissait de gêner la candidature du précédent président, on avait imaginé d’utiliser une institution parfaitement légale au Luxembourg, qui servait pour les transactions internationales dans tous les sens et brassait quotidiennement des milliards. Être sur ses fichiers était soi-disant la preuve d’une culpabilité.

Pour une petite ou grande entreprise européenne, passer par le biais d’une structure ni européenne et ni américaine était le moyen de disposer d’un capital non soumis aux aléas des évolutions économiques et politiques ailleurs qu’au point de départ, et de protéger ce capital des pirates économiques et financiers au pays cible de l’entreprise.

Pour une petite entreprise, virer du capital sur un compte dans certains pays pouvait être une aventure grosse de dangers. Une étape intermédiaire était imposée par la prudence.

Les pays européens sont parfaitement au courant

Leurs gouvernements font semblant d’être satisfaits. Mais ils vont vite faire bloc pour enterrer toute cette affaire qui les gêne énormément sur le plan économique et financier, tant les formes d’organisation, ici chargées d’une culpabilité morale, à l’exemple des campagnes aux États-Unis dont plusieurs États jouent exactement le même rôle (et par exemple l’Arizona), sont intégrés à toutes les formes d’actions d’exportations commerciales parfaitement normales.

Les autorités britanniques ont ainsi toujours considéré cette activité comme parfaitement normale et l’ont même organisée, comme un moyen d’assurer des rentrées budgétaires par exemple au Vanuatu, ou dans les archipels atlantiques ou autres relevant de la Couronne.

On sort ainsi des petits pays de la misère en mettant sur pied une faible ponction sur l’argent qui tourne dans l’économie mondiale. Que sur la marge des fraudeurs en tirent profit est autre chose, ce qui est une situation qui existe à toutes les étapes du fonctionnement de l’économie financière mondiale.

Que des journalistes parfaitement incompétents, et parfaitement hypocrites, s’en mêlent dans l’espoir d’attraper de gros poissons est choquant au possible. Ils vont mettre en difficulté des milliers de patrons de petites et moyennes entreprises, dans toute l’Europe, qui reçoivent ainsi un certificat public de culpabilité. Les banques vont leur couper les crédits pour ne pas
être entraînées dans de mauvais dossiers à partir du moment où leur nom est cité. Ils ne pourront pas se défendre. Et tout cela va aboutir à des licenciement et à plus de familles condamnées à la misère du fait des problèmes créées tout à fait artificiellement à leurs entreprises. Ce n’est dans l’intérêt d’aucun État occidental.

Car tout le monde va fouiller dans l’affaire avec des intentions pas toujours très pures, pour démolir le voisin que l’on n’aime pas. Çà me rappelle les journaux de la collaboration sous l’occupation et leurs dénonciations des Juifs et la maladie de tant de gens écrivant des lettres de dénonciations à la Gestapo.

Ces journalistes qui se rengorgent devraient être licenciés pour avoir mis des dizaines d’économies, déjà en état de faiblesse,
en danger du fait d’accusations en très grande majorité ridicules.On ne devait pas s’en tirer facilement après avoir mis à mal ce qui est en réalité un rouage économique de première importance, où le secret soi-disant coupable n’est jamais que la confidentialité constante dans toute tractation financière, à quelque niveau que ce soit. Aucun État n’avait besoin de ces limiers amateurs pour régler les problèmes du fisc parfaitement connus et parfaitement maîtrisés. Vont-ils venir réclamer ce qu’ils supposent être les primes qui leur sont dus ?

Il est évident, bien sûr, qu’il existe quelque intérêt politique derrière cette mise en scène si spectaculaire. Étant donné les dommages potentiels provoqués, la manipulation ne peut venir que d’ignorants. Aucun Américain n’est cité, ce qui signifie que la cible n’est pas américaine. Cherchez à qui profite le crime. Pas à ceux qui en sont les victimes officielles ou que l’on cherche à transformer en victimes. Cherchez aussi qui a montré depuis bien des années une extraordinaire capacité d’accumuler les conneries. . .

La vérité derrière ce gros tas de mensonges malhabiles sortira dans quelques semaine, ou quelques mois, ou jamais. A surveiller dans le futur les licenciements de journalistes qui pourraient venir silencieusement éclairer un dossier malodorant au possible, mais de la part de ceux qui l’ont fabriqué.

  1. kralgral
    kralgral13 avril 2016

    Des listings aux mains de journalistes, qui en distillent, contrôlent, et filtrent certainement la diffusion. Listings constitués et délivrés par qui , à qui, et pourquoi ? N’y a-t-il pas des tribunaux qui auraient dû être saisis ?
    Certains médias auto-proclamés comme auxiliaires de justice ?

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