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Paris – Bruxelles : sectarisme et détournement politique

Nuit Debout

Paris – Bruxelles : sectarisme et détournement politique

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Raoul Fougax ♦

Finkielkraut face aux démocrates de la haine

La manifestation de Bruxelles mérite deux mots et encore. Il s’agit d’un détournement politique de la gauche immigrationiste qui n’a pas trompé grand monde.

Quelques milliers de personnes ont dénoncé la haine- entendez bien sûr le racisme- en faisant mine de s’opposer au terrorisme. Pas un mot sur la terreur islamiste mais énormément de musulmans devant des médias complaisants pour nous seriner la doctrine du « pas d’amalgame ». Propos consensuels et drapeaux de la population de la capitale d’origine immigrée. Tous belges, on a bien compris, aucun intérêt. Ne serons dupe que ceux qui veulent l’être.

En revanche le philosophe Alain Finkielkraut à la Bastille c’est autre chose.

Il y a dans cette intelligence indiscutable, une part incroyable de naïveté qui est très inquiétante. Mais que croyait-il ? Les dangers qui menacent la France et plus précisément sa communauté, qu’il décrit si bien, les manifestants de Nuit debout ne veulent pas les voir.

Ils sont comme les marcheurs de Bruxelles dans une démocratie du sectarisme. Certes ils ne cassent pas tous des vitrines, mais ils pensent tous que la liberté d’expression est faite uniquement pour ceux qui pensent comme eux. Ils ne débattent qu’avec leurs semblables. Les casseurs ne sont pas pour eux des étrangers, mais un autre visage de leur discours politique quoi qu’ils disent. En ce sens ils sont des compagnons de route de la gauche totalitaire et du militantisme gauchiste.

Les médias les adorent bien sûr, les valorisent et se lamentent des troubles qui portent torts à leur image. Comme à Bruxelles, ils pratiquent donc le discours politiquement correct du »pas d’amalgame ».  Car en fait la vérité est terrible pour eux, c’est le loup qui a raison «  si ce n’est toi c’est donc ton frère. » Alain Finkielkraut a appris à ses dépends, quels démocrates étaient ces jeunes de la place de la république.

On l’a déjà écrit ici dés le début, Nuit debout est un avatar bobo du grand soir. Même la presse… écrite… commence à s’en rendre compte. Dans Le Républicain lorrain, Pierre Fréhel juge ainsi que les « masques sont tombés » : « Ils ne veulent ni chef, ni leader, ni porte-parole. Ils sont pour la démocratie directe et participative et contre l’oligarchie régnante. Mais, de toute évidence, ils ont perdu en cours de route le sens du mot tolérance et oublié la place que celle-ci occupe naturellement dans une démocratie respectable. Nuit debout (…) a montré le visage détestable de la haine de l’autre. (…) Le sort réservé, samedi soir, au philosophe Alain Finkielkraut, pris à partie, insulté et chassé de la place pour délit d’opinion, témoigne gravement contre la prétendue innocence d’un mouvement bigarré, pacifiste et » ouvert à tous ». Les masques sont tombés. Ces débats sans fin proposés par les initiateurs de Nuit debout étaient destinés à cacher leur incapacité à se mettre d’accord sur un projet politique. Il est à craindre désormais que, fantasmé, leur objectif ait finalement une coloration totalitaire.

On l’a dit bien avant….. Sans grand mérite, comme pour les printemps arabes. Il faudrait arrêter de voir chaque fois ce que l’on souhaite et analyser ce qui est réellement.

Jean-Marc Chevauché estime dans Le Courrier picard que ce qui s’est passé à la République est « à vomir ». « La manifestation de Nuit debout est devenue riquiqui en quelques minutes, place de la République samedi soir, quand quelques bas de plafond ont insulté le philosophe et son épouse et leur ont craché dessus. (…) Ce qui s’est passé est plus grave qu’on ne le pense. En interdisant l’accès à la place publique, de tristes sires ont prétendu décider de qui est digne ou pas d’écouter les débats. On prétend donc que Finkielkraut et Madame ne sont pas des citoyens comme les autres. C’est à vomir. Et qu’on ne vienne pas dire que ce sont les élites et les têtes d’un système tout entier essoufflé qui ont été proscrites. On ne peut pas se cacher derrière cette argutie quand, l’après-midi même, Yanis Varoufakis était accueilli sous les applaudissements. »

Mais oui ce sont des gauchistes, les héritiers de « touche pas à mon pote » et qui font semblant de reprendre le flambeau du «  il est interdit d’interdire » alors que l’interdiction sectaire est dans leurs gènes.

Même Finkielkraut devrait finir par le comprendre.

  1. Robert41
    Robert4119 avril 2016

    Excellente analyse sur un furoncle social qu’il faudra bien percer.

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