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Le Front National : peut-on encore y croire ?

Enquête Homosexualité

Le Front National : peut-on encore y croire ?

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Michel Lhomme, politologue ♦

Comment un parti qui regroupe, en son sein, de plus en plus d’homosexuels, face à l’homophobie qu’ils estiment montante dans les quartiers, peut-il également contenir dans ses rangs des militants identitaires très opposés au Mariage pour tous? Comment un parti dont presque toute l’équipe dirigeante est gay peut-il représenter en France la droite extrême ? Comment à terme la ligne traditionaliste et disons néo-catholique de Marion Maréchal-Le Pen pourra-t-elle cohabiter avec la ligne socialo-libérale libertaire de Marine Le Pen qui a passé plus de temps dans les boîtes branchées des Sables d’Olonne ou de La Baule que dans les sacristies et les retraites spirituelles ?

De l’outing de Florian Philippot, le numéro 2 du Front national, à l’arrivée de Sébatien Chenu, ancien fondateur de Gay Lib, le mouvement qui défendait les droits des homosexuels au sein de l’UMP, de nombreux événements font effectivement de Marine Le Pen « la nouvelle Dalida » de l’extrême droite.

Mais au-delà des clichés, la question de l’homosexualité des proches de Marine Le Pen pose de véritables questions politiques.
Y a-t-il un «lobby gay» au sein du Front national permettant de placer ses amis à tous les postes d’importance comme le disent les proches de Jean-Marie Le Pen? Marine Le Pen serait-elle devenue dépendante de son entourage, expliquant sa position ambiguë sur le mariage pour tous? Comment un parti qui se présente comme le défenseur de la République face aux communautarismes peut-il accepter en privé ce qu’il déplore en public? Ce qui se joue au sein du Front national sur la question homosexuelle dessine également des lignes de clivage beaucoup plus profondes du Front national de demain.

Ce sont, en tout cas, autant d’incohérences que révèle une enquête intéressante qui pourrait pousser le parti à l’implosion et à une recomposition de l’extrême-droite. Et si le Front national avait bien été victime à la fin des années 90 d’un entrisme rose pour mieux le neutraliser ? Et si le Front national n’était plus qu’un énième leurre électoral de la société spectaculaire ?  Et s’il ne restait plus, pour nous amuser, que Vive le Roi ou Louis de Bourbon, le duc d’Anjou ?

Depuis les régionales, le Front s’affadit, incapable de s’opposer à l’immigration autrement que par des discours de façade. Et si le Front National dans l’effervescence mini révolutionnaire du pays appelait à un autre 1er mai, à un 1er mai de la révolte ? Et si le Front national avait en réalité abandonné tout combat pour paraître moderne et n’était en fait plus dirigé ?

Á lire :  Marie-Pierre Bourgeois, Enquête sur le FN et l’homosexualité, Éditions du Moment , 224 pages, 16,50€

  1. petitjean
    petitjean19 avril 2016

    un livre à charge contre le FN , évidemment !

    je m’étonne que Métamag en fasse la promotion

    • Jean-Pierre Toni
      Jean-Pierre Toni20 avril 2016

      La rédaction : MÉTAMAG aurait-il dû cacher cet ouvrage? Nous ne le pensons pas. Cet ouvrage développe une opinion qui existe au sein des militants, adhérents et sympathisants du parti . En le faisant, MÉTAMAG porte à la connaissance de ses lecteurs des opinions divergentes sans toutefois les approuver. Nous ne faisons pas la promotion de cet ouvrage. Il n’est d’ailleurs pas totalement à charge. L’esprit critique, c’est aussi cela.

  2. Roban
    Roban20 avril 2016

    Lire aussi :
    Le danger pour le FN a un nom : Florian Philippot
    http://metamag.fr/2016/02/22/le-danger-pour-le-fn-a-un-nom-florian-philippot/

  3. Kristian
    Kristian22 avril 2016

    Des spartiates aux SS, ne devriez-vous pas relire un peu d’histoire…? Ou peut-être demander son avis à l’ami-e trans de Jean-Marie Le Pen ?

  4. Robert41
    Robert4122 avril 2016

    Méfions-nous de ces ragots ! – Le Front national est une composante multiple et nécessaire. Sa diversité, fait causer les vrais identitaires de classe, à raison d’une amplitude, qui défie ceux qui ne partagent pas les vrais valeurs et les vrais interdits d’une République loyale. Ce rassemblement permet à des histoires personnelles déclassées de se retrouver dans un élan patriotique. L’idée étant de recouvrer un sens, un sens républicain responsable et cela passe par la souveraineté absolument nécessaire pour Être, sans omettre sa compagne de route, la liberté d’expression. Cette dualité nourrit le viatique sanguin à une chair sociale désœuvrée qui se décompose par une idéologique stupide.  » L’Albatros sera toujours ridicule aux mains des marins du pont ; son envol surprendra les enchaînés et aura le mérite de faire lever les têtes vers l’azur … Vole bel oiseau !

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