Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Valls – Macron : qui tuera l’autre ?

Macronvalls

Valls – Macron : qui tuera l’autre ?

Télécharger en PDF et imprimer

Raoul Fougax ♦

Hollande pourrait profiter du combat des jeunes coqs

Depuis la disparition du devant de la scène de Michel Rocard, tout le monde sait qu’il ne faut pas vendre la peau de « l’archaïque » avant de l’avoir tué. En laborieux élève de Mitterrand, François Hollande pourrait appliquer la méthode de son illustre prédécesseur aux nouveaux modernes Valls et Macron.

En plus le fait qu’il y ait deux Rocard ne peut que l’aider.

Pour eux, l’échéance apparaît comme trop rapide et ils donnent’l impression d’être trop pressés, surtout Macron, Manuel Valls cachant un peu mieux ses ambitions.

Pour Jean Luc Mélenchon qui a retrouvé le moral, le trio fait la paire.

« Macron est la énième coqueluche produite par le système pour faire exploser la gauche de l’intérieur …On les a tous eus ! Rétrospectivement, Rocard a l’air d’un communiste exalté. Ensuite, on a eu Strauss-Kahn. Ces gens-là font aujourd’hui figure de gauchistes parce que nous sommes passés à Valls. Mais à peine celui-ci est-il monté sur le cheval de bois du manège que le système a dégainé Macron. Rien de nouveau sous le soleil. Mais les pantins sont de plus en plus pitoyables »

Interrogé sur l’existence en France de deux gauches « irréconciliables », comme l’avait affirmé le Premier ministre, Jean-Luc Mélenchon estime qu’« il n’y en a qu’une ». Toutefois, il précise que Manuel Valls « n’est pas dedans. Il a repris deux points du programme de Madame Le Pen : les cotisations sociales transférées directement dans le salaire et la déchéance de nationalité. Expliquez-moi ce que cet homme-là fait au milieu de nous ? On peut dire que c’est un républicain de droite, mais il n’a rien à voir avec notre famille intellectuelle, dont il se prétend membre. »

Même son de cloche concernant le président de la République. « Nous sommes victimes du vol des mots. Quand le PS et son personnage clé, François Hollande, ont fait du mot « gauche » la pauvre chose mensongère aujourd’hui au pouvoir, comment nommer clairement ? » Interroge Jean-Luc Mélenchon.

Il pose souvent de bonnes questions. Ses réponses, elles, c’est autre chose.

Combien de temps ce feuilleton à trois va-t-il durer ? Voilà la vraie question sans doute au regard de l’échéance présidentielle.

Le dernier épisode en date a commencé dans l’avion qui emmenait Manuel Valls en Nouvelle Calédonie. Un long voyage, soit l’occasion de papoter de tout et de rien avec les journalistes. A la surprise générale, le Premier ministre a évoqué un sujet inédit : Emmanuel Macron et ses ambitions, avouées ou inavouées, réelles ou supposées, feintes ou dissimulées, et l’apparente mollesse déployée par le président face au problème Macron. Manuel Valls a donc validé l’existence du problème Macron, qu’il ne lui revient pas de traiter. Le Premier ministre a voulu signifier que Macron est devenu une question des plus embarrassantes pour François Hollande, mettant en cause en passant son autorité,

«Emmanuel Macron n’a pas de permis de critiquer, mais c’est aussi au président de la République de le traiter……Je n’ai aucun problème de fond avec Emmanuel. On partage tous les deux l’idée qu’il y a besoin d’une recomposition politique, mais elle doit se faire d’un camp, elle ne peut pas venir de nulle part. Moi je m’exprime de la gauche».

Le paradoxe Macron, c’est d’avoir ré-ancré Manuel Valls à gauche. Et ce dernier n’a pas laissé passer cette opportunité inespérée. La recomposition oui, mais en partant de la gauche. Et de nulle part ailleurs.

«On ne peut pas être ministre et préparer un autre agenda que celui du président de la République», estime d’autre part le vendredi 29 avril le premier ministre dans un interview fleuve au magazine Society, où il assure encore et toujours qu’il « rassemble à gauche ».

Interrogé en tant que chef de gouvernement sur « l’émancipation d’un ministre », Manuel Valls répond: «Qu’il y ait des talents, des expressions différentes, ce n’est pas un problème. En revanche, ce que je crois profondément, c’est qu’il y faut du jeu collectif».

Macron continue à jouer en individuel à la marge, mais la marge est proche du hors jeu.

A quoi lui servirait-il de marquer des buts s’ils n’étaient jamais validés et s’il était expulsé du terrain ?

Répondre