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Trump : dérapages gagnants vers la victoire

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Trump : dérapages gagnants vers la victoire

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Jean Bonnevey, journaliste ♦

Un candidat plus à droite que Le Pen… Jean-Marie !

Les médias français devront s’y faire. Le candidat du parti républicain à la présidentielle américaine de Novembre sera à la droite de Le Pen, pas de Marine, c’est facile, mais de Jean-Marie, ce qui est tout de même plus surprenant.

Les commentateurs chez nous sont tétanisés. Après s’être moqués de Trump, ils l’ont diabolisé, puis ils ont expliqué que, même s’ il gagnait, le parti choisirait quelqu’un d’autre. Bref il n’y arriverait jamais. Et bien il y arrive.

Tout c’est joué dans l’Indiana.

Trump_indiana_C’était loin d’être gagné d’avance pour Donald Trump. Il y a moins d’un mois, Ted Cruz avait, selon les sondages, autour de 20 points d’avance sur lui dans l’Indiana. C’était son ultime ligne de défense pour empêcher celui qui fait la course en tête chez les républicains depuis février : d’arriver à la convention avec en poche les 1 237 délégués qui en feraient le champion du parti à l’élection présidentielle. C’est totalement raté. Donald Trump écrase son adversaire, termine avec un avantage de plus de 16 points, remporte 52 des 57 délégués de cet État que, sur le papier, il n’aurait jamais dû gagner.

Et puis la combine du « front républicain » Cruz/Kasich a tourné court et même indigné de nombreux électeurs.

Le président du parti républicain a appelé à soutenir Trump coupant court à ceux qui misaient notamment dans nos médias sur une belle magouille anti démocratique pour bien sûr sauver la démocratie.

Le succès de Trump devrait tout de même faire réfléchir nos brillants analystes. C’est le candidat le plus incorrect qui l’emporte dans son camp certes, mais tout de même, au pays du politiquement correct. Après 10 ans d Obama, Trump est l’anti Obama, le candidat de l’autre Amérique.

Il n’est pas féministe, il pratique même la provocation proche de la misogynie, il est à l’ opposé de la flagornerie vis à vis des minorités ethniques, il est même soutenu par ce qui reste du Ku Klux Klan, il dérape sur tout selon les vigilants de nos médias, il est sexiste, raciste et pire encore selon eux et pourtant il gagne et en parti grâce aux dérapages.

Il est la preuve américaine que la dédiabolisation est inutile quand le peuple ne veut plus du système.

Alors pour gagner il va recentrer son discours, car pour le moment Hilary Clinton reste la favorite de l’élection de Novembre.

Mais une favorite fragilisée qui a perdu dans l Indiana et qui n’arrive pas à se débarrasser du vieux candidat des jeunes de la gauche du parti. «C’est le 18ème État que nous remportons et nous tablons sur davantage de victoires dans les semaines à venir», a réagi Bernie Sanders à l’annonce de sa victoire dans l’Indiana.

« L’équipe de Clinton pense que cette campagne est terminée. Ils se trompent« , a-t-il ajouté.

Mardi soir, lors d’un discours prononcé depuis sa « Trump Tower » de Manhattan, le républicain lui a célébré une « victoire extraordinaire » et rendu hommage à Cruz, un « adversaire coriace » qui, a-t-il dit, « a un grand avenir » devant lui.

Il a également lancé un appel à l’unité du parti en vue du scrutin de novembre. «Nous allons chasser Hillary Clinton», a-t-il dit. «Elle ne sera pas une grande présidente, elle ne sera pas une bonne présidente, elle sera une mauvaise présidente. Elle ne comprend pas le commerce

Le président du Comité national républicain, Reince Priebus, a pareillement estimé que Donald Trump devait désormais être considéré comme le candidat présumé du parti pour la présidentielle. «Nous devons tous nous unir et nous focaliser pour battre Hillary Clinton», a-t-il ajouté sur Twitter.

Donald Trump est loin d’avoir gagné. Il ne sera pas le favori, mais l’a-t-il jamais été ?

 

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