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L’école que veulent les Français pour 2017

Sos Education

L’école que veulent les Français pour 2017

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Jean-Paul Mongin, Philosophe et délégué général de SOS Education 

Ces lundi 2 et mardi 3 mai, le gratin de l’Éducation nationale était convoqué à la grand-messe de la prétendue « Refondation de l’école », concélébrée par les trois ministres qui se sont affairés à justifier la grandiloquence de cet intitulé depuis 2012 : Vincent Peillon, l’architecte du programme éducatif présidentiel, dont la geste s’est perdue dans les sables de l’organisation d’activités périscolaires ; l’éphémère Benoît Hamon ; et enfin Najat Vallaud-Belkacem, qui a une nouvelle fois témoigné de son talent pour présenter un travail méthodique de sape de la transmission des savoirs en défense et illustration de la méritocratie, de l’excellence et de « l’ambition humaniste » (sic).

Derrière les portes du palais Brogniart, closes pour ignorer au mieux le battage des syndicats enseignants qui manifestaient leur réprobation de la réforme du collège, s’enchaînèrent les tables rondes sur la condition des professeurs (sans professeurs), les ateliers-pensée magique sur l’école inclusive par le numérique, et les vaticinations de pédagogues appointés : «Comment former les futurs citoyens dans la logique de désintermédiation des futures smartcities ?», demandait l’un d’eux.

Pendant ce temps-là, dans le monde réel, un sondage Elabe pour RMC est venu apporter un heureux éclairage sur les attentes concrètes des Français en matière d’éducation.

Face à la pénurie dramatique de professeurs qualifiés que connaissent certaines académies, la création d’une agence de remplacement, sur le modèle des agences d’intérim, est plébiscitée à 87%. Se pose évidemment en filigrane la question du statut des enseignants.

Le recrutement direct des professeurs par les chefs d’établissement, condition essentielle de la responsabilisation des équipes éducatives, est approuvé par 71% des Français, dont 77% des électeurs de droite. Les dirigeants du parti Les Républicains, qui ont tremblé à l’idée d’introduire cette proposition dans leur programme éducatif présenté le mois dernier, feraient bien d’en tirer enseignement.

Enfin, l’abrogation de la carte scolaire est demandée par 67% des sondés, recueillant même chez les sympathisants de gauche une majorité (52%). Il est intéressant de noter que cette proposition est davantage soutenue par les catégories socio-professionnelles les plus modestes, davantage affectées par la contrainte profondément inégalitaire qui pèse sur eux de devoir inscrire leurs enfants dans des établissements ghettoïsés, faute d’avoir les moyens de se loger dans des quartiers favorisés.

En 2017, les Français remettront en cause la nécessité d’un corps de fonctionnaires ayant pour mission de remplir un service éducatif dont rien ne justifie qu’il soit opéré par un monopole d’État. Ils exprimeront le désir de pouvoir simplement inscrire leurs enfants dans un établissement public de leur choix qui fonctionne, avec un projet éducatif porté par une équipe cohérente, et de voir ainsi émerger un certain pluralisme scolaire. Il attendent qu’on leur donne le choix de la proximité et de la subsidiarité, contre un modèle écrasant d’administration centralisée obsolète depuis 40 ans.

 

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