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Liban : en attendant la France

Beyrouth

Liban : en attendant la France

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Michel Lhomme, politologue ♦

Le groupe parlementaire d’amitié franco-libanais a effectué une mission d’information au Liban, avec une dizaine de députés dont le député-maire de Maisons-Laffitte, Jacques Myard qui en a fait un bref compte-rendu dans un communiqué.

On note que dans tout le Liban, les mesures de sécurité sont générales, permanentes et appliquées avec rigueur. Tous les chef de partis vivent dans des quasi-bunkers gardés par des hommes lourdement armés où toute visite doit être annoncée longtemps à l’avance et où pour y accéder il faut souvent franchir plusieurs barrages, en particulier dans la montagne des zones chrétiennes. Le Parlement libanais est entouré d’un périmètre fermé, gardé et contrôlé. Ainsi la menace de l’Etat islamique est prise très au sérieux au pays du Cèdre et des cellules dormantes sont démantelées tous les jours par les forces armées.

Le Liban n’a plus de Président depuis deux ans en raison de l’absence de quorum au Parlement des 2/3 des députés pour élire celui-ci. Le général Aoun appuyé par le Hezbollah et Sleiman Frangié soutenu par les Sunnites de Hariri sont en lice. Beaucoup estiment que la question sera résolue lorsqu’un accord sera trouvé en Syrie, c’est-à-dire lorsque l’Iran et l’Arabie Saoudite auront levé leur veto. Reste à savoir si le Hezbollah a ou non une complète autonomie et s’il souhaite faire prévaloir son propre agenda libanais. Certains accusent le Hezbollah de vouloir faire pourrir la situation afin d’obtenir une modification de la constitution en sa faveur puisqu’il s’estime sous-représenté au Parlement.

Qu’en est-il en réalité du Hezbollah sur place ?

Ce mouvement intrigue et suscite toujours de nombreuses interrogations. On ignore par exemple quelles sont ses pertes réelles en Syrie ? Pour le Hezbollah, les combats en Syrie se justifient pour protéger le Liban, convaincu que sans Bachar El Assad le terrorisme s’installera à Damas et qu’alors, le Liban serait en grand danger. On estime néanmoins que les pertes du Hezbollah en Syrie s’élèveraient à plus de 2000 morts. Il ressort de la délégation parlementaire française que les nombreux Libanais rencontrés soutiennent le régime de Damas, prédisant le chaos régional en cas de renversement d’Assad, ce que personnellement nous avons toujours soutenu. Nombreux semblent aussi les Libanais qui reconnaissent au Hezbollah une totale discipline ainsi que la qualité d’agir avec rationalité, tout en s’interrogeant sur sa force militaire réelle estimée à au moins 10 000 hommes, fortement armés et surtout moralement motivés.

beyrouth-1976-des-francais-aux-cotes-des-phalangistesA l’opposé et cela ne nous surprendra pas, au Liban, la France déçoit, des critiques s’expriment avec force chez les Chrétiens mais pas seulement. Les Libanais s’estiment abandonnés par Paris et tous réclament un retour de la France, y compris dans l’Education (AEFE et Mission laïque ) et la Francophonie en général, afin de peser sur les nécessaires solutions à trouver rapidement dans la région, dans ce Proche Orient si fragile et au bord de l’explosion !

En savoir plus : lire sur le Liban, le témoignage  d’Emmanuel Albach, l’un des deux premiers volontaires français  parti au Liban où il combattit de janvier à juillet 1976 : Beyrouth 1976. Des Français aux côtés des Phalangistes, Emmanuel Albach, Les Bouquins de Synthèse Nationale.
Illustration : Beyrouth, le monument aux martyrs

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