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27 avril 1937, la destruction de Guernica : une supercherie toujours enseignée

Guernica Picasso

27 avril 1937, la destruction de Guernica : une supercherie toujours enseignée

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Dr Bernard Plouvier,  auteur, essayiste ♦

Contrairement à ce que de nombreux historiens veulent nous faire croire, Adolf Hitler hésite beaucoup avant d’intervenir dans la guerre civile espagnole. Il n’aime guère les conservateurs espagnols (« Un parti de curés ») et n’aimera jamais le régime franquiste (« Un régime de profiteurs capitalistes, manœuvrés par la prêtraille »). C’est la même raison qui pousse Mussolini à refuser son aide le 21 juillet 1936, quatre jours après le début de l’insurrection des « nationalistes » menés par les généraux José Sanjurjo y Sacanell et Federico Franco y Bahamonde.

Pour s’opposer au risque d’implantation d’un régime marxiste en Europe occidentale, le Führer cède le 25 juillet, son entrée en lice entraînant celle du Duce (et non l’inverse comme l’écrivent encore certains historiens). Quarante avions allemands de transport (des Junkers 52) font passer les Espagnols de la Bandera (des fantassins de la Légion étrangère) du Maroc espagnol à Séville.

25 000 volontaires allemands, en congé de la Wehrmacht, serviront dans les rangs franquistes (mais il n’y aura jamais plus de 7000 Allemands à la fois sur le sol ibérique). Ils combattront aux côtés de 44 000 troupiers (dont un tiers de Maures) et phalangistes espagnols, 25 000 policiers « nationalistes », 20 000 volontaires portugais, enfin 80 000 volontaires italiens (jamais plus de 40 000 à la fois) et quelques centaines de volontaires internationaux.

Ces forces antimarxistes sont opposées à 46 000 soldats, 42 000 policiers « rouges », qui sont bien plus composés de radicaux anticatholiques et d’anarchistes que de marxistes espagnols, renforcés de 60 000 « combattants de la liberté », tous marxistes (25 000 d’entre eux proviennent d’URSS, le reste est issu des Partis communistes d’Europe et des Amériques et des célèbres « compagnons de route » des marxistes).

Adolf Hitler n’a expédié qu’un seul bataillon de chars légers (des Panzer I et II, très peu performants ; les Allemands utiliseront beaucoup de chars soviétiques capturés), quelques excellents canons à commande électrique (du type 88 – Flak) utilisés comme canons de DCA et comme antichars, ainsi qu’une centaine d’avions de combat.

Les Français expédient illégalement aux forces rouges plus d’une cinquantaine d’avions de combat (le ministre de l’Air Pierre Cot couvrant son chef de cabinet Jean Moulin) et Staline envoie un millier de chars et autant d’avions de combat… se faisant payer l’équivalent de 450 millions de $ en or, tandis que les nazis ne présenteront jamais de facture aux nationalistes.

Le 27 avril 1937, neuf Heinkel 111 jettent, de 2000 mètres d’altitude, 7,9 tonnes de bombes sur la cité basque de Guernica y Luno, vouée à l’industrie métallurgique, qui compte environ 5500 habitants. La charge totale de bombes des 9 appareils est inférieure à celle d’un seul bombardier britannique Lancaster (11 tonnes de bombes) ; elle équivaut à celle d’un B17 de l’Air Force Corps des USA (8 tonnes) de la Seconde Guerre mondiale.

S’il fallait en croire la presse communiste et sympathisante, ce raid aurait tué 1500 civils et en aurait blessé un millier, alors que les statistiques des bombardements durant les années 1939-1945 feront état, très logiquement, de deux à trois fois plus de blessés que de morts… soit un ratio tués / tonne de bombes 1000 fois supérieur à celui des bombardements de terreur des aviations britannique, canadienne et US au-dessus de l’Europe continentale quelques années plus tard, avec des avions nettement plus performants, touchant, on le reconnaît volontiers, des populations plus avisées et mieux protégées.

Ces curieuses statistiques ne pourraient que faire sourire, si l’on ne respectait la mémoire des victimes. En revanche, il est proprement scandaleux que de soi-disant universitaires utilisent encore, dans leur version politiquement correcte des faits, de telles inepties. Toute guerre est, pour paraphraser Shakespeare, « une histoire pleine de bruit et de fureur, racontée par un idiot », mais la guerre civile espagnole fut et demeure le triomphe de la désinformation de la part de ceux dont le métier est théoriquement d’approcher la vérité.

En réalité, le bombardement des Heinkel a tué 262 êtres humains, pour la majorité d’entre eux concentrés dans le même bâtiment, et n’a occasionné que de faibles dégâts, en revanche l’armée des « rouges », en retraite sur le front basque, a dynamité la cité quelques heures plus tard, permettant aux nombreux correspondants de presse de sensibilité marxiste de tirer des clichés dramatiques et de composer des articles emplis de lyrisme. Loin d’être une « ville ouverte », Guernica était une cité travaillant pour l’industrie de guerre du gouvernement « rouge » : on y recensait quatre fabriques de munitions.

La cible visée par les aviateurs allemands n’était pas la ville, même pas ses usines que les nationalistes espéraient prendre les jours suivants, mais un pont enjambant le Rio Oca, de façon à freiner la retraite des « rouges » vers Bilbao, pour en capturer un maximum. La notion de « bombardement de précision » sera introduite par la propagande de guerre US, en 1943, pour calmer l’émotivité des chrétiens aux USA, et ce sera, bien sûr, un ignoble mensonge.

À l’époque du bombardement de la ville basque, dans son atelier parisien, Pablo Picasso finissait de peindre, à sa façon géniale ou grotesque au gré du lecteur, une scène tauromachique. Il lui suffit de changer le titre de son œuvre pour que celle-ci devienne un symbole politique majeur du XXe siècle, puis les critiques d’art trouveront quantité d’interprétations symboliques, politiques et même psychanalytiques, à la présence d’un taureau dans cette composition.

Mystification et désinformation furent de tout temps les méthodes de travail des propagandistes, mais les marxistes du XXe siècle furent des maîtres… déjà surpassés par nos glorieux fumistes globalo-mondialistes.

Illustration : « Guernica » 1937. Trois exemplaires de cette tapisserie de 7 mètres de long et de 3,30 mètres de large sont tissés, dans l’atelier Cavalaire de Jacqueline et René DÜRRBACH de saint Rémy de Provence. Le premier (1955) se trouve dans la salle d’entrée du Conseil de Sécurité de l’ONU à New York, le second (1976) est conservé en France, au Musée Unterlinden de Colmar. Le dernier exemplaire, tissé en 1985, a été acquis par le Musée d’Art Moderne de Gunma au Japon en 1995.
  1. Denise P.
    Denise P.11 mai 2016

    Épatant l’article du Dr Bernard PLouvier sur la supercherie de Guernica. Je savais que
    Picasso avait peint une scène de tauromachie juste avant le bombardement des Heinkel,
    mais lorsque les faits sont si bien décrits, avec tant de précisions techniques, l’on ne
    peut que féliciter l’auteur et toute l’équipe de Metamag pour l’avoir publié.

    On y frôle la vérité, ce qui est rare… en vérité !!

    Bien cordialement. Je me régale (presque chaque matin) à lire vos articles dont certains
    sont écrits par « d’anciens » collègues de l’EHESS.

  2. France
    France17 mai 2016

    Une scène tauromachique qu’un simple changement de titre aurait permis d’en faire une représentation de la guerre? Sérieusement? Une scène tauromachique, ce cheval au centre et cette femme hurlant de douleur son enfant mort???

    • Plouvier Bernard
      Plouvier Bernard17 mai 2016

      Les faits sont têtus. Depuis le début de 1937, PIcasso travaillait à un énorme tableau, dont il a changé le titre après le bombardement de la cité basque.
      Sa déclaration alambiquée est très nette : « Dans le panneau sur lequel je travaille et que je vais appeler Guernica, j’exprime mon abhorration pour la caste militaire qui a plongé l’Espagne dans un océan de souffrance et de mort ».
      L’antériorité du travail est une chose bien connue, rapportée par Paul Éluard.
      Vous pouvez trouver facilement une citation (partielle et tronquée) de la déclaration du peintre in Arianna Stassinopoulos Huffington : Picasso, créateur et destructeur, Stock, 1989, ou vous reporter aux écrits d’ Eluard.

  3. zozolala
    zozolala21 mai 2016

    C’était surtout un « hommage à Goya ». La lanterne fait référence à la fusillade nocturne.

  4. Stytch
    Stytch23 mai 2016

    La rigueur du raisonnement impose d’apporter les sources des informations que vous citez sinon il est à la portée du premier crétin de refaire l’histoire à sa guise, ou plus simplement du révisionnisme.
    Les faits, rien que les faits en mettant de côté ses sentiments.

  5. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard23 mai 2016

    Pour répondre à Stytch, le « premier crétin » et révisionniste que je suis précise ses sources et dénonce une petite supercherie de ma part (j’avais espéré que qq’un connaisse le sujet)
    A – Le bombardement allemand est de l’après-midi du 26 avril 37 … mais la destruction de la ville est du 27, par l’action des dynamiteros rouges (et emporté par mon enthousiasme révisionniste, j’ai indiqué la date du 27 pour le bombardement, ce qui est une erreur)
    B – pour le bombardement de la Légion Condor : David Irving Goering, vol. 1 Albin-Michel, 1991 (se trompe sur le type d’appareils) ; John Killen : La Luftwaffe, Laffont, 1968 (d’après les archives allemandes qui n’ont pas « disparu » comme certains l’écrivent)
    Pour l’intervention allemande en général : Wilhelm Keitel : Souvenirs, Fayard, 1963 ; Heinz Höhne : Canaris, , Balland, 1981 ; André Brissaud : Mussolini, vol. 2, Perrin, 1983 ; Témine : 1936, la guerre d’Espagne commence, Complexe, Bruxelles, 1986
    Pour l’affaire de Guernica, Banassar a bien présenté le problème dans sa biographie de Franco puis son livre sur la guerre d’Espagne
    … pour la désinformation marxiste sont toujours consultables le « classique » d’Hugh Thomas et celui de Ranzato de 1995
    Le révisionnisme historique (qui n’a strictement rien à voir avec le négationnisme) est une saine réaction analogue à une démarche scientifique, tout en sachant que la « vérité historique » est un idéal inaccessible aux humains)

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