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Tunisie : la fin de l’islamisme politique. Peut-on y croire ?

Leaders Et Fondateurs Ennahdha

Tunisie : la fin de l’islamisme politique. Peut-on y croire ?

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Jean Bonnevey, journaliste ♦

On est ici suffisamment critique avec l’islam pour être intéressé par ce qui pourrait dans cette religion, dont les dérives pourrissent le monde, aller dans le bon sens. Il faut le faire sans angélisme et comme diraient les benêts de la démocratie médiatique sans amalgame.

La modernisation du monde arabe passe par un respect de la tradition dans la séparation du politique et du religieux. Si cela peut se faire sans contrainte ce sera mieux comme le prouvent les exemples de séparation au forceps de la Turquie kémaliste ou de l’ Égypte nassérienne. On peut soutenir ces régimes et constater, en le regrettant, que cette laïcisation fascisante se soit soldée dans la durée par un échec.

Nous sommes dans un autre temps où l’islamisme, fruit des frustrations politiques et militaires du monde arabe notamment vis à vis du sionisme, a remis sur le devant de la scène la religion. Cela se fait avec de tels excès cependant qu’il peut y avoir au sein même de l’islamisme une réaction. Un Calvin ou un Luther est demandé de toute urgence en islam sunnite.

Mais sans aller jusque là, il faut suivre avec attention ce qui se passe en Tunisie notamment du coté de l’islam politique.
Ennahda, dont le groupe parlementaire est le plus important de l’Assemblée, se définit désormais comme « un parti politique, démocratique et civil et qui a un référentiel de valeurs civilisationnelles musulmanes et modernes ».

Il estime que l’islam politique a perdu de sa « justification » en Tunisie après la révolution de 2011 et la mise en place de la Constitution de 2014. Le pays vit actuellement en démocratie, fait-il valoir, soulignant que « l’extrémisme laïc tout comme l’extrémisme religieux » sont désormais limités. Dans un tel contexte, il lui semble essentiel de distinguer le politique du culturel : « Nous voulons qu’un imam ne soit ni dirigeant, ni même membre à terme, d’aucun parti. »

« Par ailleurs, insiste-t-il, le concept d’islam politique a été défiguré par l’extrémisme véhiculé par Al-Qaïda et l’État islamique». Et d’insister, dès lors, sur la nécessité de montrer la différence entre la « démocratie musulmane » dont se réclame Ennahda et « l’islam djihadiste extrémiste ». Rached Ghannouchi souhaite que sa formation se concentre sur les « problèmes quotidiens, de la vie des familles et des personnes », et «ne soit pas un parti qui parle du Jugement Dernier à ses concitoyens». Abordant notamment la question des droits des femmes dans son pays, il estime que la Constitution de 2014 « a mis fin à ce débat ». Il déplore néanmoins que la participation des femmes à la vie publique reste encore limitée. « A notre congrès, il y aura un appel à élever [celles-ci] au sein du mouvement », promet-il.

Cette ligne courageuse aura cependant du mal à s’imposer et pourrait de plus rejeter nombre d’islamistes de cette formation dans les bras de plus salafistes.

Cela ne changera rien de plus à la lutte mortelle engagé contre Daech et ses séides.

Mais c’est quelque chose à ne pas ignorer et sans doute qui pourrait faire école dans d’autres pays qui craignent, eux, l’amalgame entre islamisme politique et djihadisme.

  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard20 mai 2016

    Excellent, mais c’est exactement ce qu’avait fait dans les années 60 Habib Bourguiba avant de sombrer dans la corruption, puis le gâtisme.
    L’exemple de Mustafa Kemal  »Atatürk » reste insurpassé… hélas, rejeté par les musulmans et pour d’excellentes raisons religieuses !
    La où règne le Dâr al-Islam, doit régner la Charî’a… n’importe quel lecteur du coran le sait.
    Ayant le vent en poupe, les jeunes islamistes veulent passer au suprême degré, celui du Djihâd dans le Dâr al-Harb (chez les infidèles, mais aussi – et c’est nouveau – chez les muslims trop tièdes).
    Il est quand même moins difficile – quand on croit à une vie surnaturelle, automatiquement obtenue même des pitres canailles et crapules si elles tombent au service d’Allah – de faire joujou avec une  »Kala », des lance-roquettes et des explosifs que d’apprendre un métier et de vivre 40 à 50 ans en bon père de famille avec tous les emm… que cela suppose !
    Il ne faut plus tolérer l’islam en Europe, car l’islam est indissociable du Djihâd.
    Quant aux promesses de politiciens musulmans, elles sont aussi fiables que les grotesques contorsions verbales du Monsieur tout va bien.

    • dalaï inniche
      dalaï inniche21 mai 2016

      Je crois monsieur que vous faites une mauvaise lecture et interprétation (Coranique) l’Islam !!! la Charïa est une expression humaine, et 99% de se qu’elle contient est en contradiction des préceptes Coranique !!!

  2. Lilou35
    Lilou3521 mai 2016

    Oui l’Islam n’a pas sa place en Europe, depuis des siècles l’Islam a été rejeté il y a bien une raison, c’est une religion qui ne peut se réformer elle doit être mise au banc de la société et tenue à l’écart ce sont les collaborateurs qu’il faut traquer, ces pauvres aires sans instruction

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