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Les gaffes de Manuel Valls en Israël

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Les gaffes de Manuel Valls en Israël

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Michel Lhomme, philosophe ♦

Manuel Valls serait-il devenu aussi maladroit à Tel Aviv qu’à Paris ? En tout cas, il vient de recevoir son camouflet juif : le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté vivement le projet français de conférence internationale pour relancer l’effort de paix avec les Palestiniens, proposant à Paris d’accueillir plutôt des négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens. Les négociations bilatérales sont « le seul moyen de progresser vers la paix », a déclaré Benjamin Netanyahu, proposant donc à Valls une « initiative française différente » sous la forme de discussions bilatérales à Paris.

Le Premier ministre a rencontré hier Benjamin Netanyahu avec l’intention de défendre le projet français de réunir à l’automne une conférence de paix internationale, la France adorant ces grandes messes parisiennes capables comme la COP 21 de lui redorer son blason. Manuel Valls  envisageait la réunion d’une vingtaine de pays, au niveau des chefs de la diplomatie et des organisations internationales. Une réunion censée jeter les bases de cette conférence a déjà été programmée pour le 3 juin à Paris, sans la participation israélienne ni palestinienne. Or, Benjamin Netanyahu s’est constamment opposé à l’idée d’une conférence internationale qui l’engagerait sérieusement dans la reconnaissance d’un État palestinien.

De fait, selon la presse israélienne et à propos du conflit israélo-palestinien, Manuel Valls a fait pire en appelant à la division de Jérusalem. Dans un entretien télévisé diffusé sur la principale chaîne israélienne, il a osé relativiser le caractère juif de l’État d’Israël en défendant la création d’un État palestinien avec Jérusalem comme capitale : « La communauté internationale s’efforce de trouver les voies d’une paix basée sur deux États et avec Jérusalem comme capitale de ces deux États », a déclaré le chef de l’exécutif français reprenant en toute logique la position diplomatique de la France depuis des lustres. Puis,
Manuel Valls a réitéré les réserves françaises : « Nous savons qu’Israël est un grand État démocratique, et que c’est un pays pour les Juifs, mais pas seulement », a-t-il dit.

Pourtant, le premier ministre français n’a pas intérêt du tout à se brouiller avec les Juifs qu’il apprécie tant. De plus, Manuel Valls ne trouve-t-il pas en Israël le modèle politique de la République à venir, sa sixième République, la République du morcellement ethnique ?

La situation en Israël et en Palestine n’a cessé en effet de se dégrader ces derniers mois. On assiste maintenant à ce qu’on appelle là-bas l’« intifida des couteaux ». Le processus d’Oslo est au point mort et si Benyamin Netanyahu ne veut pas de réunion État Palestinien. Toute idée d’État palestinien est officiellement rejetée par le gouvernement israélien.

Israël s’ingénie à diviser les populations. De plus en plus de menaces pèsent ainsi sur les écoles chrétiennes. On planifie et anticipe le morcellement organisé des communautés. Ainsi, l’État hébreu a crée au début de l’année une « nationalité » pour les Araméens. Ils sont environ vingt mille. Leur porte-parole est un maronite mais aussi un lieutenant de Tsahal !  Toutes ces dispositions, ces petites attentions communautaristes s’inscrivent dans la politique générale du gouvernement Israélien. En morcelant les communautés, on rend inepte et sans fondement l’idée d’un État palestinien. Les Palestiniens ne sont appelés qu’à devenir des minoritaires, des Araméens ou des Druzes aux ordres. Les Druzes font ainsi l’objet d’une attention particulière des Juifs. Ils sont en Israël au nombre de cent vingt à cent trente mille. Une partie d’entre eux servent dans l’armée israélienne et souvent même en première ligne. La brigade d’élite Golani des forces spéciales israéliennes se trouvaient lors des dernières opérations à Gaza sous le commandement d’un colonel druze. Sur dix soldats tués, deux étaient druzes, ce qui proportionnellement représente un tribut important. A la Knesset, les Druzes sont représentés par trois ou quatre députés, lesquels votent avec le Likoud ou plus à droite. Plusieurs ambassadeurs d’Israël sont choisis parmi eux même si cela n’empêche pas que dans la rue on leur interdise l’accès au café ou au restaurant parce qu’on les considère comme des « arabes », des « non juifs », des « goy ».

On pourrait aussi évoquer dans ce morcellement ethnique le cas des Bédouins du Néguev, officiellement citoyens israéliens. Pourtant avec constance, l’État les chasse de leurs terres pour y bâtir des villages de colons. De fait, la Cour suprême continue d’autoriser la destruction de villages qui a conduit à l’expulsion de 80 % des Bédouins depuis 1950.

  1. Medion serge
    Medion serge25 mai 2016

    Où est le camouflet ? Il savait très bien avant de partir que Netanyahu refuserait. Mais il fallait le faire, le dire et le faire savoir pour montrer l’extrêmisme stupide des dirigeants actuels d’Isaraël.
    Comme quoi on peut se dire philosophe et écrire des conneries ! Heureusement et tant mieux !

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