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La chienlit peut-elle profiter à Sarkozy ? La convergence des confusions lui redonne de l’espoir

Sondage Valls Degringole Sarkozy Remonte Fortement

La chienlit peut-elle profiter à Sarkozy ? La convergence des confusions lui redonne de l’espoir

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Raoul Fougax ♦

Une nouvelle semaine de désordres liés à la loi travail s’ouvre en France. Incertitudes sur la route, perturbations sur le rail et week-end noir dans le ciel, le pays sature.

L’attitude soviétoïde de la CGT face à un Manuel Valls de plus en plus juppéisé dans ses bottes devient insupportable au plus grande nombre.

En fait l’opinion publique est contre la loi travail mais aussi contre la CGT et les casseurs gauchistes. Elle est pour pouvoir travailler et être protégée par la police. Elle veut la fin de la crise et le retour à l’ordre.

Cela peut profiter à Nicolas Sarkozy. Face à un Macron aussi ambitieux que fragile, une Marine Le Pen en panne, un Juppé qui a reculé comme personne, voilà que l’ancien président reprend des couleurs et revient du bout du bout.

Cela frémit et même plus dans les sondages. Pour le pouvoir c’est terrible.

Selon un sondage BVA-Orange-iTélé, la cote du président reste désespérément basse. Elle se stabilise à son plus bas niveau. À la question, « quelle opinion avez-vous de François Hollande en tant que président de la République», seuls 19 % de sondés affirment en avoir une bonne opinion. Si la cote de popularité du chef de l’État résiste auprès des sympathisants PS (57 % ; + 1) elle recule chez les sympathisants de la gauche non socialiste (16 % ; – 6).

Manuel Valls, quant à lui, chute lourdement. Seuls 24 % des Français ont une bonne opinion de lui comme Premier ministre, soit 6 points de moins qu’en avril et 15 points de moins qu’en janvier. C’est son plus mauvais score depuis son arrivée à Matignon. Comme le locataire de l’Élysée, il perd surtout des points auprès des sympathisants de la gauche non socialiste (8 % ; – 13). Il reste majoritaire chez les sympathisants PS (59 %), mais perd 3 points depuis avril et 5 points depuis mars. Ces mauvais chiffres ne sont pas près de s’inverser, car la politique gouvernementale n’a jamais paru aussi peu juste (17 % ; – 4) et efficace (9 % ; – 1) auprès des Français.

Mais la vraie surprise c’est le retour de Sarkozy. Nicolas Sarkozy réalise les plus importantes progressions en augmentant sa cote de 8 points auprès des sympathisants de la droite et du centre (44 %), et même de 10 points chez les sympathisants des Républicains (63 %). Il talonne désormais Alain Juppé qui recule de 2 et 7 points sur ces deux échantillons où il obtient 69 % d’opinion favorable. Toujours en ne considérant que l’électorat de la droite et du centre, Alain Juppé devance Emmanuel Macron (62 % ; – 5), Bruno Le Maire (57 % ; – 7) et François Fillon qui progresse de deux points, à 52 %, mais seulement de 1 point chez les sympathisants Républicains, à 58 %. À six mois de la primaire organisée par Les Républicains (20 et 27 novembre) voilà une enquête qui rebat les cartes.

A la gauche de la gauche Mélenchon consolide sa base.

Mais à la droite de la droite et cela c’est bon aussi pour Sarkozy, il y a contestation du rôle dominant  du Fn et étalage des divisions. Marion Maréchal-Le Pen, pressentie comme une sorte de Macron de droite a refusé les sirènes de Robert Ménard.

Le maire de la ville héraultaise, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles et site internet Boulevard Voltaire espéraient faire du « Rendez-vous de Béziers » un moment-clé de recomposition politique. L’affiche offrait quelques promesses: l’entrepreneur libéral Arnaud Dassier, deux figures idéologiques majeures de l’extrême droite, Renaud Camus et surtout Alain de Benoist, mais aussi l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol, le candidat à la primaire des Républicains Jean-Frédéric Poisson, la députée du FN Marion Maréchal-Le Pen, etc.

Pour les médias le week-end a été surtout marqué par un coup d’éclat : le départ théâtral samedi midi de la nièce de Marine Le Pen, mandatée par le FN pour ce « Rendez-vous de Béziers » mais fâchée d’entendre Robert Ménard affirmer que son « mouvement citoyen » appelé « Oz ta droite! » ne servirait « de marchepied à personne ».

Mais un programme s’est esquissé à qui il manque l’essentiel : un candidat.

Cette mouvance positionnée sur un créneau identitaire, qui juge le FN trop étatiste et Les Républicains trop « européistes », a adopté dimanche 51 « marqueurs de droite »,  particulièrement sur le domaine régalien (droit du sang, préférence nationale, suppression ou conditionnalisation des « pompes aspirantes » que seraient les allocations, rétablissement de la double peine, fin du regroupement familial), mais plus libérales en économie (retraite à 65 ans, fin des 35 heures, réduction de l’État-providence). En revanche, pas de sortie de l’Union Européenne en tant que telle, ni de l’euro, clé de voûte du projet de Marine Le Pen.

Cette droite qui s’éloigne du Fn ne va sans doute pas se rapprocher de Sarkozy, mais pour lui ces divisions sont, comme la crise sociale actuelle, une bonne nouvelle.

Il y avait longtemps que l’ancien président n’avait pu sortir la tête de l’eau. Reste à sortir maintenant, avec les risques que cela comporte, de la tranchée. Gare au feu !

Illustration : Valls dégringole, Sarkozy remonte fortement

 

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