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Anastasia Colosimo : Les bûchers de la liberté

Buchers Liberte Anastasia Colosimo

Anastasia Colosimo : Les bûchers de la liberté

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Auran Derien, universitaire ♦

Il y a quelques années,  Jean-François Revel avait publié un livre pour montrer comment et pourquoi la connaissance était inutile lorsqu’il s’agissait de se protéger d’une tyrannie bigote. Cet essai suit les mêmes traces. Nous bénéficions d’une littérature abondante sur l’horreur des inquisitions qui accompagnent toujours un pouvoir inspiré par des relents monothéistes. Nous disposons de multiples études sur les pseudo-arguments, les mensonges grotesques, la propagande  des sectes, groupes, oligarchies, bénéficiaires de cet assassinat des humains qui pensent.  Pourtant, l’horreur est de retour. Anastasia Colosimo comprend cela, même si elle manque encore de cette culture anti-totalitaire qui lui permettrait de repérer le totalitarisme monothéiste dans l’inquisition en place en France et en Europe.

buchers_liberteEnfant de son temps, elle semble plus sensible aux fatwas alors que celles-ci n’apparaissent en Europe qu’en imitation des lois  imposées par les génocideurs de 1945. Le rôle de l’imitation est essentiel dans l’installation de l’obscurantisme insufflé dans les sociétés. Il est connu en France, depuis longtemps, que la haine monothéiste prend sa source dans l’ancien testament, collection de récits et de justifications des génocides commis au nom d’une divinité que le groupe  s’invente pour justifier ses horreurs. Dans l’Europe actuelle nous en sommes là : l’assassinat des humains qui pensent est justifié par la nouvelle caste  des chargés de mission du bien qui sont aussi, tout naturellement, des criminels en col blanc. L’inhumanité s’auto-proclame l’humanité, principe biblique d’inversion des valeurs, et s’appuie sur des magistrats  que Voltaire appelait fort justement, des cannibales, à cause de cette fonction de grignoteurs de cerveaux.

Il manque évidemment un peu de “bouteille” à cet essai cependant très lucide. Le cas français eut mérité quelques approfondissements. Il est étonnant de parler d’unanimité pour la loi Pleven de 1972, quand Mme Colosimo a la possibilité de vérifier comment trois élus, au petit matin, ont tourné les clefs dans l’hémicycle pour faire voter les absents, car l’amendement qui instaurait le délit d’hérésie  apparut à l’aube au détour d’une loi qui n’avait aucun rapport.

L’auteur ne se préoccupe pas assez de la « cuisine » par laquelle la tyrannie s’installe. Les crapuleries ont besoin d’une formulation pieuse, de conditions émotionnelles pour être imposées, puis d’être gérées pour durer. Les assassins au nom de la vérité  ont quelques siècles de pratique, de sorte qu’il faut regarder les détails, les méthodes, les personnes. L’inhumanité s’impose par son savoir faire. Le spectacle Carpentras par exemple est désormais bien décrypté. Il s’éclaire parfaitement en le comparant aux mêmes spectacles devenus permanents dans cet empire de l’inhumanité globalitaire. La pratique des attentats sous fausse bannière est aujourd’hui mieux analysée grâce à Internet. Justement, à Carpentras, on sait que Laurent Fabius a menti, et que Pierre Joxe, ministre de l’intérieur de l’époque, attendait  de recevoir la nouvelle pour venir déverser sa haine à la télé.

Le plus remarquable, après les trois parties développées par cet ouvrage, la crise planétaire, l’histoire fonctionnelle, une passion française, est la conclusion à laquelle nous adhérons pleinement. Le contrôle exercé par les tyrans sur la société française est ferme, bien structuré et monte lentement mais sûrement aux extrémités de l’horreur car il est de la nature du pouvoir obscurantiste monothéiste que de s’imposer et de durer par le mensonge, la haine, l’abêtissement  des impurs désignés à la vindicte des collabos médiatiques.

Donc, personne ne va défaire les structures de l’inhumanité qui se sont installées depuis 1972, et toute l’Europe termine son parcours civilisationnel en devenant une province sous-développée, peuplée de  primates tout juste bons à ânonner les vérités révélées qui satisfont leurs maîtres, pendant que le monde asiatique rit à gorge déployée de ces lumières qui risquent de s’éteindre  désormais.

Anastasia Colosimo, Les bûchers de la liberté, Éditions Stock, 2016, 142 pages, 18.50€

 

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