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Europe : le temps des castrats

Ad Garda

Europe : le temps des castrats

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Auran Derien, universitaire ♦

Knut Hamsun décrivit à la perfection l’inhumanité imposée par l’oligarchie anglo-saxonne lorsqu’il affirma, dans son roman Femmes à la Fontaine : ils “châtrent” les peuples. De l’étouffement – évoqué il y a peu – à la castration, l’Europe a des ennuis.

La castration des hommes politiques

Il nous faut revenir sur le traité transatlantique, mettant l’accent cette fois sur la castration des hommes politiques par l’intermédiarie de ces couperets juridiques. Le groupe Corporate Europe Observatory (CEO) a obtenu que le journal britannique The independant publie quelques informations sur le  diktat transatlantique, soulignant notamment qu’une commission  se réunira régulièrement pour écarter les États Européens et le Parlement. Les voyous globalitaires veulent ainsi couper toute possibilité de critique de la part de quelques parlementaires . C’est la castration chimique, la vie de gorets pour des politiciens repus.

La situation des entreprises américaines est loin d’être florissante. La dette des 2000 principales entreprises de cet État tournerait autour de 6,5 trillions de dollars . On comprend mieux leur obsession de piller ce qui reste en Europe avant d’en offrir les miettes aux nouveaux venus du vaste monde qu’ils déportent le plus rapidement possible.

De leur côté, les gangs financiers vident les politiciens de toute utilité mais ces derniers ne veulent même plus voir ce qu’ils ont perdu. Il se pourrait qu’il y ait eu un accord entre ce monde de la finance mondialisée durant la réunion du G 20 fin février à Shanghai car le concept de marché financier a été vidé de sa substance.

Il n’y a plus de marchés, seulement des coordinations entre banksters pour manipuler les titres et indices. C’est le principe même d’une oligarchie mafieuse. Les institutions libérales ont servi, depuis l’époque Reagan, à la constitution d’une oligarchie qui, désormais, veut gérer le monde comme son capital propre, son héritage, sa propriété. Elle a besoin de décapiter les marchés tout en castrant le personnel politique qui pourrait préférer que ceux-ci jouent leur rôle de sanction des criminels en col blanc.

Selon le petit groupe des économistes attérrés, ce sont les présidents des banques centrales, tous prisonniers de Goldman Sachs, qui remplacent les marchés en ce moment. Dans la même veine, Jean-François Gayraud nous a clairement expliqué et convaincu que les désastres ont à l’origine des personnes bien précises qui mentent, trompent, pillent, émettent volontairement de la monnaie pour leurs copains coquins. Les ententes pour modifier les prix et les taux, ne sont pas le résultat du marché, mais de personnes ou groupes bien définis. Le pouvoir de la mafia essaie de se cacher en accusant des institutions qui n’existent plus.

L’économiste libéral Charles Gave a expliqué le processus : les taux d’intérêt nuls ou négatifs n’incitent pas à produire. Ils poussent à s’endetter pour acheter les concurrents puis supprimer la concurrence. On s’endette aussi pour racheter les actions de son entreprise, avec finalement un capitalisme sans capital social. Enfin, les organisations les plus médiocres continuent à fonctionner, ce qui leste le système économique dans son ensemble et étend la pauvreté et la stagnation. Seuls en profitent ceux qui reçoivent le flux de monnaie gratuitement.

Les têtes plates du Pentagone renforcent leur main-mise sur l’Europe

Les dirigeants du Pentagone ont présenté pour 2017 un projet au Congrès américain prévoyant de quadrupler le budget de leurs forces  en Europe. Le  Secrétaire de la Défense, Ash Carter a expliqué qu’il fallait renforcer la coopération avec les alliés , en fait, serrer un peu plus le nœud coulant autour des  Européens.  Non seulement les pays de l’Est vont servir de bases à partir desquelles provoquer  la Russie, mais surtout il s’agit par la force et la violence d’imposer les diktats commerciaux du Tafta ainsi que l’invasion des nouveaux venus du vaste monde. Les assassins de Washington continuent en Europe leur projet de génocide et de pillage qui a démarré avec la première guerre mondiale.

Les tueurs à gages se généralisent

De nombreuses multinationales occidentales sont des entreprises  chargées d’assiéger tout ce qui existe pour le transformer en désert, car il ne reste plus que le désert après le passage de ces entités monstrueuses. Nous connaissons Monsanto, centre d’expansion du cancer, qui répand la mort au nom du bien ; Blackwater (Academie) a aussi un beau palmarés en tant qu’organisation spécialisée dans la sécurité privée, activité que  l’oligarchie utilise régulièrement puisque l’armée privée de mercenaires obéit à la paye, un jeu enfantin pour les escrocs en col blanc qui émettent la monnaie dont ils ont besoin.

Pourtant, Blackwater n’est pas la plus sordide. Elle se classe après GARDA, principale organisation  de sécurité privée officiellement installée au Canada. Le Président de cette firme, Stephan Crétier, exhale des paroles sublimes chaque fois qu’il parle. Une grève dans un pays ? C’est bon pour notre business plan fondé sur l’éradication. Des perturbations lors d’élections ? Excellent! On en piaffe d’impatience et même le groupe se charge d’organiser le chaos pour venir ensuite effacer ceux qui déplaisent aux commanditaires. Garda tue partout dans le monde, en Irak, Afghanistan, Colombie, Pakistan, Nigeria, Algérie, Yémen, Somalie, Libye, sans compter les lieux où ils ne doivent pas être signalés quoi qu’ils soient présents. En 2015, Garda employait à peu près 85.000 personnes. On sait que le groupe a contribué à la destruction de Kadhafi, en totale opposition aux résolutions de l’ONU qui demandaient la non-intervention de mercenaires. L’OTAN n’a pas hésité à passer des contrats avec ces entreprises pour former une armée hostile au Colonel.

L’oligarchie globalitaire ne veut pas que le monde connaisse d’autres règles que celles qui conviennent à ses trafics. Elle développe partout les groupes de ceux qui créent la monnaie,  qui contrôlent les prix et taux,  qui tuent sur ordres et les éructeurs de nigologie révélée dont les médias français sont désormais un beau spécimen.

Dans la poubelle occidentale, il n’y a pas de place pour des conducteurs de peuples, pour des hommes politiques au service du bien commun. Ces derniers sont invités à s’agiter sur la scène pour maintenir la fiction d’un système démocratique. Sinon, d’une élection à l’autre, ils disparaissent, remplacés par d’autres, outres encore plus creuses qu’eux-mêmes. Ils ne doivent jamais toucher à l’essentiel : le grisbi, le commerce, les médias.

Le pouvoir infâme aime les castrats. Ils sont donc là pour très longtemps.

Illustration : Garda, l’autre monstre de l’ordre futur mondial

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