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La démocratie hollandienne : l’art des entourloupes florentines

Hollande Mitterrand

La démocratie hollandienne : l’art des entourloupes florentines

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Gustin Sintaud, universitaire ♦

Malgré tous ses lamentables échecs, ses vigoureuses promesses non tenues, malgré des taux records d’insatisfaction, et la forte perspective d’un rejet total, pourquoi douter de l’ambition de réélection en 2017 de François Hollande ?

Certains rappellent qu’il avait clamé sa décision de ne pas se représenter dès lors que tous ses artifices, pour améliorer la situation de l’emploi en France, se seraient avérés vains. N’avait-il pas fanfaronné aussi que la jeunesse du pays serait un objectif prioritaire de son quinquennat ?

Le chômage n’a jamais cessé de s’aggraver malgré ses contorsions, ses inventions et toutes ses espérances répétées inconsidérément. Il paraîtrait pourtant qu’à un an des élections présidentielles tout irait mieux et que, grâce à sa détermination obstinée, une embellie poindrait. La jeunesse, elle, était il y a peu dans la rue tant son avenir, malgré lui, s’assombrit…. Mais la grande chance de notre infaillible prince réside, avec toute sa propre mauvaise foi, dans le fait que nous sommes en démocratie nantie du suffrage universel ! Pourquoi s’inquiéter de sondages, ils ne sont pas résultats d’élection ? On sait fort bien que ce merveilleux système, à conseiller et imposer partout dans le monde, accorde grande place à la démagogie. Alors tout peu varier rapidement et même s’inverser si on sait y faire : la versatilité de l’électorat se cultive ; et voilà bien ce qui motive le zèbre à espérer encore ! N’est-ce point ainsi que « démocrasseuse » joue des changements de majorité pour sauvegarder son intérêt !

Voilà donc suggérées toutes les astuces permises ; de même, se dessinent toutes les actions à mener pour imaginer les tours de passe-passe les plus vicieux : il faut en user ; tout peut servir à métamorphoser un âne en crack de champ de course , voire en vainqueur de derby ! Et elle sait y faire, et comment agir à son avantage, la rosse ! Peu lui chaut son lourd handicap quand, de tous ses éventuels concurrents, aucun n’a révélé ni pedigree remarquable, ni suffisante stature, ni nature de gagnant. D’ailleurs, parmi tous ces démocrates acharnés , lui, avec le brio de sa petitesse, excelle au noble art du trompe couillon pour plaire plus que compères de droite ou de gauche.

En matière de rouerie, notre filou tout en rondeurs, ce madré replet, n’est pas le moins minable, ni le plus benêt ; pourtant tous sont aussi rodés pour promettre sans vergogne et paraître attrayants ; tous savent que plus le discours démocratique est véhément, plus les promesses sont grossières, et plus péremptoires sont assénées les invérifiables affirmations, plus tout ce commerce peut rapporter en voix d’indécis, abêtis, ignorants, naïfs, soumis à la plus insane désinformation, mais flattés par ce qu’ils sont abusivement appelés : « peuple souverain ». Alors cette populace indéterminée, conditionnée, écoute docilement, vote et élit ; ensuite advienne que pourra puisqu’elle est immédiatement dépossédée de ce prétendu pouvoir qu’elle a naïvement délégué !

Le plus contesté de tous les présidents de la cinquième république, le moins clair, le plus incompétent, fort incapable, si peu fiable, cet individu de peu d’allure, sans prestance ni classe, a bien conscience, qu’en utile démocratie, il conserve toute ses chances s’il sait manœuvrer. Il sait, par expérience, qu’en démocratie, médiocratie peut régner. Il lui faut donc urgemment maintenant s’imposer comme médiocratissime : le moins qualifié, le plus creux ; le moins fiable, le moins rayonnant, faux et veule en priorité. Ce mitterandien, très averti des entourloupes florentines, des postures travaillées, a déjà entamé l’exécution de sa tragico-comique partition d’illusionniste qui, de rien, peut le propulser de nouveau au sommet.

N’a t-il pas commencé de jouer de la chèvre et du chou en faisant cohabiter, près de lui, la chèvre Manuel Valls, dont il épile à loisir les sourcils, et Emmanuel Macron comme jeune chou à effeuiller à l’envi pour son profit tout personnel ! Il a su déjà bien caser le rutilant Fabius en s’en débarrassant de Affaires étrangères où il jouait un rôle un peu trop valorisant, lui faisant quelqu’ombre. Il l’a vite remplacé par un féal, le triste et flou Jean-Marc Ayrault dont-il avait testé la totale inefficience … Même sa « petite fiancée » est mise à contribution pour présenter ce chéri dans tout son charme d’amant de roman- photo : ainsi espère- t-il certainement faire rêver ce bon peuple souverain avec ses sujets préférés, futiles, bien éloignés de la sérieuse politique ; il cherche ainsi a réconcilier la gente menue avec la brûlante intimité du pouvoir et de sa toute puissance. D’une pierre deux coups car tout autant faire, par là oublier le brûlot allumé par la précédente conquête de l’étalon présidentiel, lui qui n’a jamais accordé au mariage hétéro classique la moindre considération.

La profonde conviction démocratique est patiemment et machiavéliquement fourbie, depuis un certain temps, avec le seul objectif d’être à nouveau candidat éligible. Le dernier remaniement ministériel qu’il a concocté préparait déjà sa future candidature : les ministres agréés sont cette fois, tous à sa botte, et aucun de ces affidés ne devra se permettre incartade ou starisation ! Finis les Batho, Montebourg, Filipetti, Hamon, Duflot, Taubira, Fabius, plus jamais de ces excentriques, de ces égocentriques, de tous ces trublions impudents qui peuvent gêner l’accession au trône de ce mal aimé !

Oui, à moins d’un an de l’échéance capitale, il n’est plus temps d’hésiter, il faut amadouer sans plus tarder, les râleurs, les mécontents ; alors achetons, sans vergogne, des voix comme dans toute démocratie bananière ! Donnons ici, faisons tel cadeau là : aux étudiants trop enclins à manifester, aux fonctionnaires pour compter sur leurs tendances socialisantes, avec une attention particulière aux enseignants, grande réserve d’un électorat de gauche, en ciblant surtout les instituteurs si délaissés afin qu’ils se sentent enfin totalement des professeurs, et puissent exprimer bientôt leur infinie gratitude ! Il faut aussi caresser dans le sens du poil les plus pauvres des Français ; on parle tellement d’eux sans plus ! Mais ils ont tellement besoin de se sentir concernés, que cette aumône supplémentaire servira peut-être à gommer le profond ressentiment de ces « sans dent … !

Le tout petit homme, si mauvais dans tous ses choix politiques pour résoudre les graves problèmes de la nation qu’il préside depuis quatre ans, voit clairement quand il s’agit de son propre devenir. S’il n’a jamais montré quelqu’aptitude à décider promptement et énergiquement , il s’astreint, depuis peu , pour maquiller sa désobligeante image de mollesse, à une intransigeance étonnante : il soutient fermement la loi « El Khomri » pourtant fort décriée. Aujourd’hui, il a un besoin urgent de ressusciter en divin sauveur, lui le crucifié ! Et il n’est pas pour rien un expert en démocratie de rang international jusqu’à éprouver un jouissif plaisir au titre d’homme politique de l’année, quant bien même ce titre pompeux lui est conféré par une très insignifiante agence américaine. Par sa fine connaissance d’un système permissif, il peut encore tendre ses filets trompeurs, et rester, malgré son insondable déficit national de popularité, dans la course à une réélection jusqu’à lors improbable.

France abîmée, France déconsidérée, France flouée mérites-tu tant de médiocratie ! Comment n’es-tu point lasse d’aller de président en président, de mal en pis ? Iras-tu veulement renouveler le mandat du pire dont tu souffres tant ?

Illustration : François Hollande dans les pas de son maître. Un manteau trop vaste pour lui ?

 

  1. Robert41
    Robert419 juin 2016

    Votre billet est plein de sagacité ; car effectivement le candidat Hollande sera bien dans le dernier binôme de la Présidentielle. Le personnage à la rondeur qui plaît et les facéties de pitre qui apprivoisent. Un peu comme c’est vieux matou ronronnant qui mine de rien, guette leur cible dans l’opportunité d’un coup de griffes. Il y a du Mitterrand dans Hollande, ce côté recto-verso manœuvré avec cynisme mieux avec immoralité et qui ondule à travers la provocation sociale ou économique, tout en usant d’un évitement par une nomadisation attalienne. Oui notre Flamby coûte cher dans ses promenades aériennes … Quand les choses vont mal, le voilà subito parti au bout de la planète … C’est le candidat idéal pour une France interne gavée par la gamelle de la fonction ou par l’assistanat discriminatoire partiale. Sur ce dernier point, le paradoxe c’est que ceux qui ont travaillé pendant 40 ans et plus se voient affublés d’une retraite pratiquement équivalente (à 100 euros près) à ceux qui n’ont voulu jamais contribué à l’exercice d’un travail avec ses contraintes. Ce n’est plus une charité équitable mais une Pax sociale achetée. Le candidat Hollande c’est la communication incessante aussi futile qu’elle soit et le mouvement continuel du coucou je suis là et coucou je maintenant là. La France a -t-elle besoin d’une telle représentation ? La France a-t-elle besoin d’un personnage ubuesque qui s’obère devant ses maîtres choisis ? En tant que Français sommes-nous capable de dire cela suffit ? Qu’il faut impérativement changer de cette politique hypnotique qui dénature le sens de nos valeurs ? Car le candidat Hollande n’est qu’une partie de l’iceberg … C’est tout un monde qu’il faut virer et cela passe par un vide sanitaire de ces vieilleries qui occupent les Chambres et succursales nationales et qui se repaissent à grands frais. (Sénat)

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