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Mayotte : l’état de droit est bafoué !

Mayotte Le Plus Jeune Département De France

Mayotte : l’état de droit est bafoué !

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Michel Lhomme, politologue ♦

Le renforcement des effectifs des forces de l’ordre à Mayotte est la seule mesure concrète annoncée par le gouvernement qui soit de nature à améliorer  la sécurité dans l’île.  Globalement, ce plan « Mayotte Sécurité pour Tous » reste largement inadapté à la situation.

Nonobstant, il confirme, sans le vouloir, tout ce que nous avons écrit sur la crise de l’île aux parfums. Nous remercions donc  les autorités de corroborer nos sources et nos dires. En consultant la version complète du plan , le lecteur apprendra  la confirmation qu’il n’y avait aucune vedette opérationnelle de la PAF dans les eaux mahoraises, qu’il y a bien une forte immigration malgache dans les kwassas et qu’existent des réseaux mafieux à Anjouan alimentés par les cambriolages de l’île française. De fait, le plan parle peu de la Justice et n’indique pas comment il rétablira l’état de droit à Mayotte et par exemple, fera appliquer l’assurance des scooters et des deux roues pourtant obligatoire dans les départements français. En matière de lutte contre l’immigration clandestine, aucune des actions envisagées n’est de nature à freiner sensiblement les flux migratoires parce que tout simplement l’État n’a toujours pas pris la mesure véritable des enjeux. Toutes les 24 heures, c’est l’équivalent d’une classe de primaire qui naît à Mayotte. Il y a plus et c’est un événement : pour la première fois dans un texte officiel, le plan entérine le nouveau code de l’immigration, le code de la fratrie du 7 mars 2016, code de la haute trahison  des élites françaises.

Cette loi  ouvre ce que nous avons appelé la logique des camps. C’est par exemple le nouveau visage « haïtien » de la place de la République à Mamoudzou. Le « parc » qui contient les expulsés a été désormais complètement bâché, afin de tenter de préserver l’intimité de ces personnes pour en quelque sorte le pérenniser. Or que ce soit à Mayotte ou ailleurs, ces mesures folles  ne pourront pas  être endiguées par un «accompagnement » fut-il dérisoire. La loi du 7 mars 2016 exigera un effort sans précédent et sans cesse croissant d’éducation, de santé publique et de sécurisation du territoire qu’en l’état actuel, la France comme aucun autre pays ne pourra jamais honorer.

Mayotte reste donc bien d’actualité

Un reportage d’Envoyé spécial vient même d’y être consacré avec un titre éloquent : « Mayotte, histoire d’une faillite ». Il a rappelé l’historique de Mayotte et  montré comment la départementalisation électoraliste voulue par Nicolas Sarkozy fut mal préparée et faite à l’arrache. Les magistrats de la Cour des Comptes avaient décrit en janvier avec anticipation la situation financière du département et des communes mahoraises comme étant « proche de l’impasse ».

Les mesures du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer ne sont donc pas suffisantes car c’est le Ministère des Affaires étrangères, le Quai d’Orsay qu’il faut mobiliser. C’est lui qui doit proposer des mesures concrètes et immédiates pour renforcer les relations diplomatiques avec les Comores et Madagascar. Il faut redéfinir au plus vite un socle commun de négociations et  la politique régionale de la francophonie dans l’Océan Indien. Ces mesures sont indispensables pour que la France et les Comores puissent construire une politique de contrôle des migrations, de coopération régionale et de développement durable commun.

Il faut en finir avec la balkanisation des Comores, supprimer le décret Balladur instauré en 1995, instaurant des visas de circulation entre les deux pays. Le problème dépend de la diplomatie de la France qui doit en prendre l’initiative mais également de l’Union des Comores qui vient de se doter – et c’est une chance pour la France – d’un nouveau président, ouvrant une fenêtre de tir très opportune pour remettre les compteurs à zéro. Il faut enfin réunir les États environnants qui font partie de la Commission de l’Océan Indien pour statuer définitivement et collectivement sur le canal du Mozambique.

Illustration : Mayotte, le plus jeune département de France !
  1. Robert41
    Robert418 juin 2016

    Mayotte, un furoncle républicain ?

  2. Candide
    Candide16 juin 2016

    Pauvres Mahorais, ils gobent tout… un recteur leur annonce que leur problème vient de l’utérus de leur mère, ils applaudissent…. Les autorités clament que ce sont les immigrés la véritable source de leur malheur, ils vont agresser leurs cousins voire leurs frères… Là ,c’est le pompon :sur Mayotte 1ere édition du 12/06/2016, vous êtes de mauvais parents car vous ne corrigez pas vos enfants et c’est un juge qui le dit relayé par une prof de Tsigoni seul bémol, il ne faut pas les tuer ou les envoyer à l’hôpital.
    En France on ne frappe pas les enfants et quand on en a 8 : Champagne!!! Médaille d’or de la famille avec une belle et grande réception. Une Mahoraise qui refuse la stérilisation après le 3e enfant se fait traiter de tous les noms.
    Mahorais pourquoi vous détestez vous tant?

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