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Populisme : Les hyènes se lâchent

Hyenes

Populisme : Les hyènes se lâchent

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Gustave Sintaud, universitaire ♦

Populisme, voilà le dernier anathème que beaux penseurs, très médiatiques, jettent à ceux qui osent ne plus sacrifier à ce politiquement correct, érigé en unique comportement moral tolérable. Allez savoir pourquoi n’est plus à la mode de leur lancer les habituels blâmes accusateurs de fascisme, d’extrême droite, voire de les associer facilement à la peste brune de sinistre mémoire ; et toute cette hargne pour les discréditer ! Populisme signifie, aujourd’hui la même chose honteuse, pour ces thuriféraires de la bonne conscience.

Ici ou là, un peu partout, il est vrai, semble être rejetée la bien-pensance si conventionnelle : des chefs libérés, comme le satanique Trump, aux US., l’insupportable Hofer, en Autriche, les le Pen, en France… , recueillent un incroyable écho favorable parmi des millions d’électeurs, outrés d’avoir à se taire et devoir se terrer sous l ‘impérieuse morale dominante. Le sacro-saint réflexe républicano-démocratiste, s’acharne donc à présenter ces responsables politiques et leurs inacceptables succès comme l’infâme résurgence de la bête immonde.

Pourtant, populisme si terrifiant évoque : populaire, et renvoie directement au mot : peuple, mais cela n’est pas pour plaire aux chantres officiels de la démocratie sans frontière qui veulent omettre que « demos » , en grec, d’où est née : démocratie , pour gouvernement du peuple , comme « populus » , en latin, désignent identiquement la somme des citoyens qui sont la nation : toutes leurs libres aspirations font les états. Mais peut-être faut-il comprendre que démocratie, comme panacée politique, n’aurait plus rien de commun avec les envies, les besoins, les goûts et les rêves des peuples souverains !

Il n’est qu’à se rappeler, pour y réfléchir, les balbutiements de cette glorieuse tendance manifestée ouvertement, par exemple lors des élections Algériennes où le FIS remporta légalement des municipales ; la France grande donneuse de leçons de démocratie soutint le déni de la République algérienne pourtant défaillante et fort critiquable, en ce qui concernait les fameux Droits de l’homme . De même, le coup d’état militaire du très libéral général Al Sissi, en Egypte, contre la gouvernance des Frères musulmans, pourtant choisie par saine élection, après l’éviction du raïs Moubarak, fut mondialement encensé par les gouvernements occidentaux, fer de lance du démocratisme prosélyte international. Et que l’on ne compte pas alléguer, pour se trouver de fausses excuses, le choix d’un moindre mal, ou de tenter d’évoquer, en recherche de dédouanement, bien à- posteriori, un avisé pressentiment contre ce qui devait advenir d’un islamisme intégriste radical en ignoble terrorisme !!!

D’une part, on tendait déjà à officialiser que le bon peuple, malgré sa souveraineté, pouvant se révéler dramatiquement inconscient, et indécrottablement inconsistant, n ‘avait plus aucune légitimité à décider de son avenir, ni à choisir librement ses guides : d’autres part, on affirmait que la sanction du moralisme, comme vérité absolue imposée, devenait souveraine contre les peuples.

Mais que faudrait-il pour ne plus être traité abjectement de populisme, pour ne plus subir cette haineuse vindicte, pour ne plus être voué aux gémonies ? Cela exige certainement de ne plus être soi-même, de refuser sa liberté d’exprimer sereinement ce que l’on peut ressentir et ce que l’on veut pour son propre intérêt. Mais encore peut-être de passer joyeusement sous les fourches caudines de ces impitoyables censeurs, dévots démocratistes, pour avoir osé affirmer d’inaliénables spécificités comme urgentes et vitales nécessités, et revendiquer haut et fort sa volonté de se soustraire à un système cohercitif, assez contraignant et bien délétère, avec des règles iniques et des diktats inadaptés et indignes. C’est bien pour tous ces abus que tant de citoyens, dans leurs droits, regimbent, secouent l’insupportable joug et veulent se soustraire au règne infâme d’un moralisme spécieux. Et qu’importe ce que des âmes partisanes veulent imposer contre la force du réel et toutes ses incontournables vérités ! Celles-ci se manifestent inéluctablement et déterminent populairement ce qui est le vrai et le meilleur pour chacun.

On peut rêver de véritable démocratie mais elle serait directe, participative, plutôt que de subir cette pseudo-démocratie aliénante, jouant astucieusement de représentation, privant le peuple souverain de ses fondamentales prérogatives.
Alors oui ! Il est possible de s’honorer d’être traité de populisme et de ne plus se taire et se cacher par crainte d’une atroce dénonciation, somme toute bien oiseuse.

Il faut laisser glapir les hyènes, et attendre paisiblement de ricaner bientôt à leurs dépens.

 

  1. kralgral
    kralgral14 juin 2016

    Cette même dénonciation resurgis avec les exactions de Hooligans , qualifiés de « nationalistes » ou de « bêtes alcoolisées ».. ! (interview de Cambadélis), en refusant de voir leur vrai nature,comme d’habitude. . On a la culture que l’on peut…..!

  2. Viaene, Dominique
    Viaene, Dominique15 juin 2016

    Je conseille à tous ceux qui sont intéressés par cette publication et voudrait trouver un excellent essai sur cette question: « La revanche du nationalisme. » (2015) et « Le nouveau national-populisme. », (2012) P.A. TAGUIEFF. Mon analyse est que TAGUIEFF a changé légèrement de cap dans son dernier ouvrage clair et pertinent. Le populisme n’est plus cette force qui cherche « à corrompre de l’intérieur les democraties représentatives » (dixit P.-A. T.). Il y a en tout cas une évolution indéniable dans sa pensée. A vous de juger! (Dominique Viaene, Belgique)

  3. Robert41
    Robert4115 juin 2016

    On traite facilement de populiste, ceux dont la liberté d’expression est contraire aux idéaux politiques d’une classe dominante. A l’origine, ce terme populisme est un mouvement politique, naît en Russie, dans les années 1870 et qui préconisait une voie, vers le socialisme. En faites, il s’agit d’une idéologie politique de libération nationale, visant à libérer le Peuple d’exactions partiales et injustes, sans recourir à la lutte des classes. Finalement, le populisme est une expression démocratique. On a le droit de ne pas être d’accord avec une légitimité usée par le Pouvoir et qui ne sait pas se remettre en cause démocratiquement. Le Pouvoir politique a crée une société de citoyens-otages. On ne peut gouverner par le déni et l’indifférence. Ce qui explique en partie que le sens démocratique a été dévoyé de sa légitimité consultative, par l’exercice d’un particularisme politique devenu sécuritaire. En quelque sorte en ne contrôlant pas les risques migratoires au nom d’une compassion contaminante et non plus étatique, on active le n’importe quoi et l’insécurité terroriste dans l’espace européen. Une raison politique de cause à effets permettant d’être un pompier pyromane en quelque sorte. Alors devenir populiste face à une fumisterie politique désastreuse, c’est appliquée une normalitude que la cariatide attendait comme Anne …

  4. Olivier MONTULET
    Olivier MONTULET15 juin 2016

    Pouvez vous donner une définition satisfaisante et définitive du mot « populisme » et du concept de « beau penseur »…?

  5. Olivier MONTULET
    Olivier MONTULET15 juin 2016

    Il vaut mieux utiliser le terme « démagogue » (qui cherche à flatter le peuple par des paroles ou des actes, afin d’obtenir ses suffrages et de le dominer) que le terme « populiste » (qui défend les intérêts des couches populaires).

  6. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard15 juin 2016

    Si Mr Montulet avait quelques notions historiques, il saurait que Mussolini, Hitler, Peron ont plus fait pour les populations laborieuses et l’abolition de la société de caste, dans leurs pays respectifs, que les véritables démagogues, soit les « démocrates », c’est-à-dire, toujours et partout, les hommes-liges du grand capital…
    évidemment quand l’on est fossilisé dans le délire marxiste (100 à 120 millions de cadavres au XXe siècle en estimation basse ; il y a vraiment de quoi pavoiser !), on en reste aux « fasccchistes », cri facile surtout quand on veut ignorer la remise au travail des Italiens à partir de 1924, la lutte active contre la mafia, contre l’analphabétisme, le paludisme et la tuberculose. Pour Hitler, les réalisations sont encore plus rapides et plus grandioses, de 1933 à 1938
    Le livre « éloge du populisme » de Vincent Coussedière répond à la plupart des interrogations sur la signification réelle du mot..

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