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Le Sénat : une nouvelle chambre de censure ?

Senat Un Paradis Fiscal Pour Parlementaires

Le Sénat : une nouvelle chambre de censure ?

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Jean Piérinot ♦

Démarche inédite dans l’histoire de la République française, ce jeudi 23 juin à 14 h 30, le président du Sénat, Gérard Larcher, a soumis aux votes des sénateurs une délibération visant à attaquer en diffamation l’auteur et l’éditeur du livre « Le Sénat, un paradis fiscal pour des parlementaires fantômes » (éditions du Rocher).

senat_ouvrageDans cet ouvrage, le journaliste Yvan Stefanovitch, au terme d’une longue enquête, dénonce la vraie-fausse transparence de cette institution, les privilèges fiscaux légaux mais extravagants des sénateurs et leur terrible absentéisme.

Les conditions du vote pour la poursuite en diffamation illustrent ce manque d’assiduité toléré des sénateurs.

Sur 348 d’entre eux, quelque cinquante sénateurs étaient présents lors de ce vote à main levée acquis à une majorité écrasante. Chacun d’entre eux n’a eu que 10 minutes pour se prononcer à la lecture d’un texte resté confidentiel (approuvé par la conférence des présidents et le bureau du Sénat) et aucune prise de parole ou débat n’ont été autorisés au moment du vote.

La lecture du livre montre qu’Yvan Stefanovitch n’est pas partisan de la suppression du Sénat comme la majorité des Français et nombre de hauts responsables politiques dans l’Hexagone. Même en étant ouvertement favorable au bicamérisme, l’auteur de l’ouvrage n’aurait donc pas le droit de critiquer le fonctionnement du Sénat. Ce procès, s’il y a procès, permettra aux Français de découvrir qu’un sénateur peut se rendre 4 à 5 jours par mois au Sénat, en commission et dans l’Hémicycle, sans risquer la moindre sanction financière ou réprobation. Ce rythme de sénateur est rétribué mensuellement par une indemnité totale de 11.350 euros, dont un peu plus de 4.000 euros seulement sont soumis à l’impôt sur le revenu.

Selon les paroles lapidaires du président du Sénat, Yvan Stéfanovitch a ainsi « dépassé les limites de l’acceptable ». En fait, Gérard Larcher ne veut-il pas s’attaquer à la liberté d’expression?

Yvan Stéfanovitch, « Le Sénat, un paradis fiscal pour des parlementaires fantômes », éditions du Rocher, 248 pages, 18.90€.

 

 

  1. Robert41
    Robert4126 juin 2016

    Nous sommes entrés dans le futur du monde de Ray, Bradbury, avec son livre Fahrenheit 451 (écrit en 1953). – L’enquêteur Yvan, Stefanovitch, n’invente rien. Il a constaté, qu’il y a des choses anormales dans le fonctionnement de cette Chambre républicaine. – Peut-on condamner ce constat de vérité ? – Oui, avec Monsieur Larcher, qui a certainement de bonnes raisons comme tant d’autres, de désavouer la réalité. Attendons la suite de cette plainte avec notre inimitable Justice, surtout lorsqu’il s’agit du pot de terre et du pot de fer … Sacré Larcher, on peut ne pas aimer l’injustice. D’ailleurs Larcher, plus il vieillit et plus il ressemble à ce cochon qui sommeille dans l’homme paraît-il …

  2. Guillaume
    Guillaume2 septembre 2016

    Oui à :
    – 330 ou 350 députés maximum
    – à la suppression du Sénat qui s’apparente de plus en plus à une maison de retraite de luxe pour politiciens en fin de carrière (ou recasés)
    – à la suppression du Conseil économique et social (rebaptisé environnemental). Là c’est encore pire : les membres sont nommés. C’est ainsi que Sarkozy y a nommé son ancien conseiller social, ce qui n’empêche pas ce dernier d’avoir des activités professionnelles extérieures. Il y a aussi une ancienne chanteuse (nommée par Mitterrand), des écrivains qui n’écrivent plus, etc. Ils écrivent deux à trois rapports par an que personne ne lit. La suppression entrainerait une belle économie. Mais l’institution dépend du Premier ministre … Et comme il va y avoir beaucoup de monde à recaser d’ici avril 2017 …

    Il faudra attendre une VIème République pour voir disparaître toutes ces institutions gaulliennes (encore que le général s’est finalement aperçu que le Sénat ne servait à rien, mais il a voulu confondre dans son référendum de 1969 cette oeuvre utile avec son destin politique personnel).
    Bien sûr, il faut supprimer l’ENA ou interdire par contrat aux énarques de partir vers le privé ou la politique. Mais comme ils en sont tous issus (Sarkozy et quelques autres faisant figures d’exception), on n’est pas prêt de le voir.

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